mercredi 4 mai 2011

communique du collectif des 39 sur la manifestation du 10 mai devant le sénat contre la reforme sur les soins sans consentement

pour signer la pétition :

Réforme de la Psychiatrie : Une déraison d’Etat

cliquez sur le lien

http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=8


LA MANIFESTATION DU

10 MAI DE 16H A 19H

DEVANT LE SENAT

SERA UNITAIRE ET MASSIVE

AVEC « LES 39 »

TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES ET POLITIQUES OPPOSEES A CE PROJET DE LOIS INACCEPTABLE SERONT PRÉSENTES.

INCROYABLE !

Nous apprenons ce jour que LE PROJET DE LOIS A ETE REJETE PAR LA COMMISSION DES LOIS DU SENAT PRESIDEE PAR MME MUGUETTE DINI.

TOUS LES ARTICLES CONCERNANT LES « SOINS » SANS CONSENTEMENT EN AMBULATOIRE ONT ETE REJETES : le « NON » a été voté par les sénateurs centristes, les partis de gauche et plusieurs sénateurs UMP.

L’avis de la CNCDH (Commisssion Nationale consultative des Droits de l’Homme) et du Contrôleur Général des Lieux de privation de libertés sont donc suivi d’effet. Le projet de loi est inacceptable et doit se limiter à ce qu’impose le Conseil Constitutionnel (intervention du juge après 15 jours).

Aucune réforme ne peut se faire avant une grande concertation de l’ensemble des acteurs de la psychiatrie.

UNE INTENSE BATAILLE JURIDIQUE A DEBUTE : QUEL TEXTE SERA PRESENTE AU SENAT LE MARDI 10 PAR LE RAPPORTEUR ?

COMMENT LE GOUVERNEMENT VA T IL REAGIR A L’ENORME CAMOUFLET QU’IL VIENT DE SUBIR ?

C’EST UNE PREMIERE ET INCONTESTABLE VICTOIRE

LES SENATEURS RELEVENT LA TÊTE

LA REPUBLIQUE SE REDRESSE

UN PROJET DE LOI INDIGNE DE NOS PRINCIPES DEMOCRATIQUES ESSENTIELS ET DES LIBERTES FONDAMENTALES MET A JUSTE TITRE.

LE SENAT EN EMOI ET EN EBULLITION

MAIS RIEN N’EST GAGNE

LA MANIFESTATION DE MARDI PREND DE CE FAIT UNE IMPORTANCE QUE VOUS COMPRENDREZ TOUS

AINSI LES SIGNATURES DES APPELS, LES MEETINGS, LES MANIFESTATIONS ET RASSEMBLEMENT DU 15 MARS ET 9 AVRIL NE SONT PAS DES ACTIONS VAINES

NOUS VOUS L’AVONS ANNONCÉ DEPUIS LE DEBUT : IL EST POSSIBLE DE GAGNER

IL EST POSSIBLE QUE CET INFAME PROJET DE LOIS NE SOIT PAS ADOPTÉ

NOS ACTIONS, VOS ACTIONS, VOS LETTRES AUX SENATEURS ET AUX DEPUTES, NOTRE ACHARNEMENT A FAIRE COMPRENDRE L’ESSENCE MALIGNE DE CE PROJET, NOS NOMBREUSES INTERVENTIONS DANS LES MEDIAS, AUPRÈS DE DÉCIDEURS, NE SONT PAS VAINS

IL EST POSSIBLE DE CONVAINCRE DES SENATEURS

C’EST DÉJÀ UN BEAU DEBUT

TOUS MARDI A LA MANIFESTATION

TOUT SIMPLEMENT POUR CONTINUER

D’OUBLIER DE SE TAIRE


  • TEXTE DE L'APPEL DU COLLECTIF DES 39 CONTRE LA NUIT SÉCURITAIRE
  • Réforme de la Psychiatrie :

  • Une déraison d’Etat

  • Trente mille personnes ont signé avec nous l’Appel contre La Nuit Sécuritaire, lancé en réaction au discours du président de la République le 2 décembre 2008 qui assimilait la maladie mentale à une supposée dangerosité. À nouveau, le Collectif des 39* en appelle à l’ensemble des citoyens.

    Ce discours promettait un traitement sécuritaire des malades mentaux.

    Il a depuis largement pris corps dans la pratique quotidienne : les lieux de soins psychiatriques sont désormais truffés de caméras de surveillance et de chambres d’isolement, des grillages ont été disposés, des protocoles de neutralisation physique des patients ont vu le jour, les préfets empêchent les levées d’internements caducs.

    Un projet de loi propose aujourd’hui un cadre juridique à cette dérive sécuritaire.
    Adopté le 26 janvier 2011 en Conseil des Ministres, il sera discuté au Parlement le 15 mars après un simulacre de concertation.

  • Dans un vocabulaire relevant du code pénal, il cautionne la défiance à l’égard de citoyens souffrants.

  • Dans ce dispositif, seul le trouble à l’ordre public est pris en compte.

  • Il instaure un changement paradigmatique sans précédent : l’institution des « soins » sans consentement en ambulatoire. En effet, le projet de loi n’identifie plus seulement l'hospitalisation comme contraignante, mais les soins eux-mêmes, à l’hôpital comme à l’extérieur, avec le risque majeur de la mise en place d’une surveillance sociale planifiée.

    Ainsi, pour répondre à l’inquiétude légitime des patients et de leurs familles, ce projet de loi, sous couvert de déstigmatisation, va instituer une logique de dérive sécuritaire induisant un contrôle inédit de la population. Il s’appuie sur un principe de précaution inapproprié.
    La mystification est totale :
    Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique.
    Prétendant améliorer « l’accès aux soins » et leur « continuité », ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée.
    Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance.
    Il impose aux patients d’accepter des « soins » stéréotypés, protocolisés, identiques pour tous. Ils seront sous surveillance, associée à un contrôle de leur dignité : ainsi se met en place une police de l’intime. Il instaure un fichier national, « un casier psychiatrique ? », de toute personne ayant été soumise ne serait-ce qu’une seule fois aux soins sans consentement.
    Il institue un mensonge en laissant penser que seuls les médicaments psychotropes administrés sous contrainte suffisent à soigner les patients gravement atteints : enfermés chez eux, malgré eux.

    Une partie des citoyens a été désignée à la vindicte médiatique. Le mot schizophrène, jeté à tort et à travers, en bafouant le secret médical, n’est plus un diagnostic mais une menace, qui accable les malades et leurs familles, effraie jusqu’à leur voisinage.

    Penser que ce projet de loi va améliorer cette situation est une déraison d’Etat.
    Bien plus, il risque de s’opposer frontalement à toute réforme sanitaire digne de ce nom, qui aurait pour principes élémentaires de reposer sur une fonction d’accueil, une logique ouverte et déségrégative, des thérapeutiques diversifiées centrées sur le lien relationnel et la confiance, dans la durée.

    Ce projet va à l’encontre d’une politique de soins psychiatriques respectueux des libertés, offrant une hospitalité pour la folie au cœur du lien social, qui allierait sécurité publique et soins à la personne.

    Il institue la défiance envers les professionnels dans une démarche politique analogue à celle appliquée récemment aux magistrats et à la Justice, comme à d’autres professions.

  • Nous voulons que les budgets subventionnent des soins et non des aménagements carcéraux, la formation des personnels, des effectifs conséquents, pour une conception humaine de l’accueil de la souffrance.

  • Nous rejetons les réponses démagogiques qui amplifient délibérément l’émotion suscitée par des faits-divers dramatiques. Ces réponses ne font qu’accroître et entretenir la peur de l’autre.

  • Nous voulons résister, nous opposer, avec une élaboration citoyenne de propositions pour une politique de soins psychiatriques au plus proche des réalités de terrain. La psychiatrie est l’affaire de tous.


    Nous soignants, patients, familles, citoyens appelons
    au retrait immédiat de ce projet de loi.

    http://www.collectifpsychiatrie.fr



  • 1 commentaire:

    Alain a dit…

    Je me permets de réagir à cette information, en tant que néophyte. Je vous avoue n'avoir pas eu vent de ce projet de loi contre lequel vous vous insurgez. Même si je devine les dérives sécuritaires qu'il représente, je me demande si l'objectif sous-jacent n'est pas d'inciter les psychiatres à se mettre quelque peu en question à propos de l'efficacité des soins concrètement dispensés en C.H.S ou H.P. C.M.P qu'ils soient ou non consentis. La prise en charge, les protocoles sont d'ores et déjà stéréotypés si je me réfère à ce que j'ai vécu en tant que patient de sexe masculin. Combien de psychiatres préfèrent être sollicités par la Justice pour des expertises qui, à l'instar de leurs consultations, se résument bien souvent au bout d'une vingtaine de minutes à un diagnostic "sentence" qui n'aide pas vraiment le patient. À défaut d'une meilleure prise en charge, ce dernier se contente d'une prescription plus ou moins lourde de psychotropes assortie dans mon cas personnel d'un déni du statut de victime (de violences conjugale familiale et sexuelle) et en cas de dénégation, le qualificatif de psycho-rigide. Je ne tiens pas particulièrement à ce que ce petit "hors sujet" soit publié sur votre blog. Faites à votre guise. Je vais quant à moi relire vos deux derniers billets.