lundi 26 novembre 2018

Article actualisé Dre Muriel Salmona : Quels sont les impacts traumatiques sur le cerveau des punitions corporelles et psychologiques et quelles en sont les conséquences psychotraumatiques sur le comportement de l'enfant



Quels sont les impacts traumatiques sur le cerveau des punitions corporelles et psychologiques et quelles en sont les conséquences psychotraumatiques sur le comportement de l'enfant



Dre Muriel Salmona
présidente de l’Association Mémoire Traumatique
et Victimologie
https://www.memoiretraumatique.org
le 26  novembre 2018


Avec les punitions corporelles et psychologiques, ce qui est recherché en provoquant une douleur, une peur et un stress, c’est avant tout de sidérer l’enfant pour qu’il obéisse immédiatement, et de créer ensuite une aversion par un conditionnement pour qu’il ne recommence pas à avoir le même comportement.

Sidération et conditionnement sont des mécanismes neuro-biologiques traumatiques. Les enfants, du fait de leur immaturité neurologique, ont un cerveau très sensible à la douleur et au stress, bien plus que les adultes, et sont beaucoup plus exposés à des atteintes neurologiques et à des conséquences psychotraumatiques lors de violences  même "minimes". Et contrairement à des idées reçues, le fait qu’ils soient trop petits pour s’en souvenir ne signifie pas qu’il n’en seront pas traumatisés, c’est même l’inverse.

La sidération bloque l’enfant

La sidération est provoquée par une paralysie momentanée du cortex cérébral (la matière grise qui permet de comprendre, d’analyser, de prendre des décisions et d’agir) et de l’hippocampe (le système d’exploitation de la mémoire, des apprentissages et des repères temporo-spatiaux), elle est liée au choc créé par la peur, la douleur et la surprise (1).

La sidération bloque l’enfant, ce qui est recherché par les punitions, mais lui fait perdre ses moyens. L’enfant sidéré ne va pas pouvoir parler, bouger, mobiliser sa mémoire, ni ses apprentissages.

Il ne ressent plus rien

De plus la paralysie corticale ne permet plus de moduler le stress provoqué par la réponse émotionnelle. L’amygdale cérébrale (petite structure sous-corticale) est à l’origine de cette réponse émotionnelle déclenchée automatiquement en cas de danger. Une fois allumée, elle fait produire par l’organisme des hormones de stress (adrénaline et cortisol) mais elle ne s’éteint pas toute seule, c’est le cortex et l’hippocampe avec leur pouvoir d’analyse de la situation qui peuvent la moduler et l’éteindre.

En cas de sidération, la modulation ne se fait pas, le stress monte et comme il représente un risque vital cardio-vasculaire et d’atteintes neurologiques, un mécanisme de sauvegarde se met alors en place pour éteindre de force la réponse émotionnelle en faisant disjoncter le circuit à l’aide de drogues puissantes sécrétées par le cerveau (2).

Brutalement l’enfant se retrouve alors en anesthésie émotionnelle, il se calme en effet, non parce qu’il l’a décidé mais parce qu’il ne ressent plus rien, ni émotion, ni douleur : il est déconnecté, comme absent et envahi par un sentiment d’irréalité, il peut se sentir spectateur de la situation, c’est ce qu’on appelle la dissociation traumatique.

La paralysie de l'enfant peut énerver le parent

La méconnaissance de ces mécanismes sont souvent à l’origine de recrudescences de violences de la part du parent.

Le parent, satisfait d’abord que l’enfant s’arrête immédiatement, est parfois encore plus énervé par la sidération de l’enfant qui, paralysé, ne répond pas aux questions, ne s’excuse pas, n’obéis pas aux ordres.

L’état de dissociation donne l’impression que l’enfant est indifférent à tout ce qu’il peut lui dire et lui faire, qu’il résiste à la douleur, et qu’il ne veut rien comprendre. Le parent interprète la sidération et la dissociation comme un défi. Le risque est important qu’il redouble de violence pour que l’enfant obtempère et présente ses excuses, ce dont il est incapable en raison de son état.

De plus, face à l’état de dissociation de l’enfant, le parent n’a plus de repères émotionnels, ni d’empathie, lui permettant d’évaluer la souffrance et la douleur qu’il provoque chez l’enfant (ses neurones miroirs ne peuvent pas lui renvoyer d’informations) et de contrôler sa violence en regard.

La mémoire traumatique poursuit l'enfant

Au-delà de la sidération, les violences éducatives ont également pour but de créer chez l’enfant "un conditionnement aversif" (un dressage) par la mise en place d’un autre mécanisme psychotraumatique qui fait suite à la disjonction : une mémoire traumatique. L’interruption des circuits de la mémoire lors de la disjonction empêche la mémoire émotionnelle d’être traitée par l’hippocampe et transformée en mémoire autobiographique et en apprentissage.

La mémoire émotionnelle reste bloquée et non-intégrée dans l’amygdale cérébrale, elle devient une machine à remonter le temps infernale qui fera revivre à l’enfant l’événement traumatisant à l’identique, comme s’il se reproduisait à nouveau, lorsqu’une situation les lui rappellera. Cette reviviscence entrainera les mêmes effets stressants, la même douleur et les mêmes sentiments de peur et d’humiliation que ceux ressentis lors des violences, l’enfant ré-entendra les mêmes phrases, et il sera à nouveau sidéré et dissocié.

Un monde imaginaire pour échapper au traumatisme

Pour échapper à cette mémoire traumatique l’enfant mettra en place des conduites d’évitement et de contrôle, celles-là mêmes qui sont recherchées par la violence éducative (aversion), mais qui pourront par la suite devenir invasives avec des phobies, des blocages, des troubles obsessionnels compulsifs, les enfants s’échappant dans un monde imaginaire, ce qui aura des répercussions sur leur sociabilité et leurs apprentissages.

Cette mémoire traumatique sera également à l’origine d’angoisses, d’une souffrance et d’une culpabilité durable, d’un manque d’estime de soi et de confiance en soi, d’un sentiment d’insécurité permanent, et d’un état de stress qui aura des répercussions sur la santé, l’appétit et le sommeil de l’enfant, ainsi que sur ses capacités de concentration, de mémorisation et son développement psycho-moteur.

Et ces enfants traumatisés en difficulté scolaire, dormant et mangeant mal seront considérés comme difficiles et encore plus à risque de subir des violences par des parents d’autant plus excédés, avec l’installation d’un cercle infernal.

La voix intérieure de la culpabilité

L’enfant, du fait de sa mémoire traumatique, ré-entendra continuellement les phrases culpabilisantes, humiliantes que son parent lui aura dites au moment des corrections : qu’il est nul, qu'il ne fera rien de sa vie, un méchant qui finira mal, quelqu’un de haïssable, etc.

Il ré-entendra les mêmes menaces : que ses parents ne vont plus l’aimer et que personne ne voudra de lui, menaces d’abandon, parfois même menaces de mort. Et l’enfant restera colonisé par ces "phrases assassines" qu’il finira par penser provenir de lui. Il aura une voix intérieure qui sans cesse l’invectivera, et il développera une piètre image de lui-même.

Et cette mémoire traumatique, si rien n’est fait pour la traiter et la désamorcer, s’installe dans la durée, elle perdure à l’âge adulte et devient rapidement de plus en plus difficile à éviter et à contrôler, une autre stratégie plus efficace pour y échapper se met alors en place pour l’éteindre et anesthésier : ce sont les conduites dissociantes.

L'enfant va devenir incontrôlable

Ces conduites dissociantes auront alors l’effet inverse de ce qui était escompté au départ. Il s’agissait de rendre l’enfant plus calme, soumis et obéissant, il va devenir agité, incontrôlable, se mettre en danger et pourra avoir des comportements violents à son tour vis-à-vis de lui-même ou d’autrui.

L’enfant pour s’anesthésier va rechercher compulsivement, sans comprendre pourquoi il le fait, un état de stress le plus élevé possible, que ce soit un stress psychologique ou physiologique, avec une agitation psycho-motrice, des conduites à risque et des mises en danger (jeux dangereux, sports extrêmes, etc.), des comportements violents contre soi ou contre autrui.

Cette production de stress provoque une disjonction qui éteint la mémoire traumatique et tout son cortège de peur, d’angoisse, de détresse et de souffrance.

La prise d’alcool et de drogue aura le même effet anesthésiant. Ces conduites dissociantes sont préjudiciables pour la sécurité et la santé des enfants et des adultes qu’ils seront, elles sont – avec la mémoire traumatique – à l’origine de troubles du comportement et de la personnalité, et également de troubles cognitifs, avec des retentissements sur les études, la vie sociale et professionnelle. Vouloir traiter des troubles du comportements ou des difficultés d’apprentissage des enfants par de la violence ne fait que les aggraver (3).

Enfant violent, futur parent violent

Ces conduites dissociantes expliquent également la reproduction de violences.

Un enfant qui aura subi des violences peut, dans une situation qui les lui rappelle, être envahi par celles-ci, par des cris, des paroles blessantes, des images de coups qu’il sera tenté de reproduire soit sur lui-même, soit sur autrui pour "se calmer", en se dissociant pour échapper à cette flambée de mémoire traumatique.

Il en est de même pour un adulte lorsqu’il se retrouvera confronté avec ses propres enfants à des situations qui allumeront sa mémoire traumatique comme, un refus de manger, des cris, une mauvaise note, etc.

Il sera alors envahi par ce qui se passait dans son enfance : à la fois par sa détresse, les coups, les phrases humiliantes, la colère, voir par la haine de son parent. Cet ensemble peut provoquer chez lui la sensation d’exploser, et déclencher une compulsion à être violent. S’il ne s’oblige pas à se contrôler, il pourra alors reproduire cette scène de son passé en rejouant le rôle du parent violent ce qui lui permettra de se dissocier et d’éteindre son état de stress.

Il pourra alors considérer que c’est l’enfant qui le persécute et le met hors de lui (même si ce n’est qu’un nourrisson), et qu’il mérite donc d’être corrigé (4). Il sera sans pitié comme on l’a été avec lui. Il considérera à tort que l’enfant est intentionnellement méchant et destructeur. Il interprétera en toute incohérence des réactions normales de son enfant dues à l’âge, la fatigue, des douleurs, ou de la fièvre, comme des attaques et des défis à son égard.

Il est toujours temps de renoncer à une éducation violente

Pour les parents la violence est non seulement un outil  pour soumettre leur-s enfant-s, mais également une drogue anesthésiante qui les «calme». Connaître les mécanismes psychotraumatiques leur est essentiel pour renoncer aux violences éducatives et pour ne pas les reproduire sans fin.

Mais, quand les parents renoncent à une éducation violente, ils été démontré par des études randomisées prospectives comme celles de Forgatch et de Beauchaine que cela entrainait rapidement une réduction significative des comportements agressifs des enfants et que cela améliorait la relation parents enfants (5). 

Et, une étude récente a montré que dans les pays qui interdisaient toute forme de châtiments corporels y compris dans le cadre familial cela diminuait la violence des adolescents avec 69% de bagarres en moins chez les garçons et 42% en moins chez les filles (6).

En conclusion 

La lutte contre les punitions corporelles et toutes les autres violences éducatives est une priorité à la fois humaine, sociale et de santé publique. Ces violences éducatives représentent une atteinte aux droits, à la dignité ainsi qu’à l’intégrité psychique et physique des enfants, elles sont contaminantes et se reproduisent de proche en proche et de génération en génération.


En France une loi les interdisant explicitement est indispensable, elle permettra enfin d’appliquer les recommandations des conventions internationales et de rejoindre les 54 pays qui ont déjà légiféré (dont 21 en Europe). Cette loi sera un signal fort pour dire que ces violences ne sont plus tolérées, et elle représentera une occasion de lancer des campagnes d’information sur l’interdiction d’exercer toute forme de violences à l’encontre des enfants dans le cadre familial, et de communiquer sur les conséquences de ces violences sur le développement de l’enfant et sa santé même à l’âge adulte, ainsi que sur les méthodes d’éducation non-violente. Cette loi et ces campagnes d’information sont d’autant plus indispensables que - comme l’a montré une grande enquête canadienne sur les enfants et les jeunes - l’abandon par les parents des pratiques éducatives violentes permet aux enfants de ne plus en subir les conséquences.

Il serait souhaitable qu’un site gouvernemental soit mis en ligne pour informer et donner des ressources aux parents, que des centres de guidance parentale et de ressources soient crées, et que des enquêtes nationales sur les attitudes et les pratiques parentales et les violences éducatives soient régulièrement faites comme en Suède et au Canada. Cette loi devra également s’accompagner d’une politique familiale permettant aux parents de pouvoir concilier vie familiale et professionnelle, d’avoir accès à des modes de garde sur tout le territoire et les DOM-COM, et de lutter contre les facteurs de stress majeurs comme les situations de grande pauvreté, de non-accès à des logements décents, et de régulariser les situations de parents étrangers.

Le corps médical a un rôle essentiel à jouer dans la transmission des recherches scientifiques sur les conséquences sur la santé des punitions corporelles, dans la lutte contre ces violences et dans la prise en charge et les soins pour traiter les conséquences psychotraumatiques. Il doit se positionner très clairement, informer, aider et soutenir les parents pour qu’ils puissent abandonner toute forme de violence éducative et les guider en leur donnant de nombreuses informations sur le développement psycho-moteur et affectif des enfants, sur leurs besoins, et en leur proposant des outils de bien-traitance et de discipline positive. 

 

Dre Muriel Salmona

présidente de l’Association Mémoire Traumatique

et Victimologie

https://www.memoiretraumatique.org
le 26 novembre 2018


1) On peut visualiser la sidération sur des IRM fonctionnelles
2) Ces drogues endogènes sont comme un cocktail morphine-kétamine
3) Joan Durrant PhD, "Physical punishment of children : lessons from 20 years of research", CMAJ, September 4, 2012, 184 (12)
4) Le petit Loan, bébé de 4 mois est mort, giflé par son père pour avoir refusé le biberon
5)Forgatch MS. The clinical science vortex: a developing theory of antisocial behaviour. In: Pepler DJ, Rubin KH, editors. The development and treatment of childhood aggression. Hillsdale (NJ): Erlbaum. p. 291-315.
et
Beauchaine TP, Webster-Stratton C, Reid MJ. Mediators, moderators, and predictors of 1- year outcomes among children treated for early-onset conduct problems: a latent growth curve analysis. J Consult Clin Psychol 2005;73:371-88. 
6) Elgar FJ, Donnelly PD, Michaelson V, et al. Corporal punishment bans and physical ghting in adolescents:an ecological study of

88 countries. BMJ Open 2018;8:e021616. doi:10.1136/ bmjopen-2018-021616 



dimanche 25 novembre 2018

À voir clip pédagogique 2018 - MIPROF - Paroles d'experts - Muriel Salmona conséquences psychotraumatiques des violences :sidération, dissociation et mémoire traumatique









Clip pédagogique avec le Dre Muriel Salmona
Les conséquences psychotraumatiques des violences :
sidération, dissociation, mémoire traumatique


La MIPROF a réalisé 4 clips pédagogiques 
"PAROLES D’EXPERT.E.S" 
dans lesquels des expertes et experts expliquent certaines notions complexes et/ou scientifiques liées aux violences faites aux femmes. Il est nécessaire que les professionnel.le en lien avec des femmes victimes comprennent ces notions clés pour pouvoir adapter leurs pratiques professionnelles.

Pourvoir les 4 clips sur le site de la MIPROF stop-violences-femmes.gouv.fr avec Ernestine Ronai, Responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes du Conseil départemental de la Seine-Saint-DenisCarole Azuar, Neurologue et chercheure en neurosciences, CHU de la Salpêtrière et Institut de la mémoire, Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie :

https://stop-violences-femmes.gouv.fr/clips-pedagogiques-paroles-d.html 

Article sur la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes : VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES PAS DE PROTECTION, PAS DE SOINS, PAS DE JUSTICE PAS D’ÉTAT DE DROIT, PAS DE PAIX


VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES
PAS DE PROTECTION, PAS DE SOINS, PAS DE JUSTICE 

PAS D’ÉTAT DE DROIT, PAS DE PAIX



Dre Muriel Salmona

présidente de l’Association Mémoire Traumatique
et Victimologie
https://www.memoiretraumatique.org
le 25  novembre 2018

En cette journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes du 25 novembre 2018, un an après le lancement du mouvement internationale MeToo, et au lendemain de la belle et grande mobilisation #NousToutes contre les violences sexistes et sexuelles dans toute la France et en outre mer où nous avons vu défiler tant de femmes, dont beaucoup de très jeunes,  revendiquant leurs droits à ne plus subir ces violences, et clamant avec les hommes présents leur solidarité avec toutes les victimes, nous pourrions nous réjouir, y croire, nous dire que c’est fini, fini la tolérance à ces violences, fini le déni et l’indifférence, fini l’impunité ! Nous pourrions croire à une réelle solidarité, à la fin d’une culture d’une culture du viol et de toutes les violences sexistes qui renverse les responsabilités et qui culpabilise les victimes, les considère comme des menteuses ou comme étant à l’origine des violences qu’elles subissent, et qui disculpe les agresseurs.  

Pourtant en cette fin 2018, les constats sont accablants, les chiffres sont toujours aussi effarants et ils ne diminuent pas, bien au contraire, le déni et l’impunité règnent toujours autant. 



Les filles et les femmes continuent d’être maltraitées, harcelées, agressées, torturées, violées, tuées, en grand nombre, partout, toute temps. Les femmes sont toujours aussi nombreuses à être tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Les filles et les femmes sont chaque année encore plus nombreuses à subir des viols et des tentatives de viols. 

La loi contre les violences sexiste et sexuelles votées en août, comme nous l’avions prévu, avec l’absence de seuil d’âge du consentement ne change rien ou très peu pour les mineur.es, de même la grande cause nationale déclarée par le gouvernement, les procédures judiciaires iniques se multiplient, avec toujours autant de classement sans suite (plus de 70% pour les plaintes pour viols), de déqualifications (plus de la moitié des viols instruits), de verdicts nous laissant sous le choc, sans voix… (infostat justice 2018).

Pourtant, il n’est plus à prouver que les violences spécifiques que les filles et les femmes subissent parce qu’elles sont femmes sont systémiques et représentent un problème majeur de société, de droits et de santé publique. L’urgence humaine et sanitaire absolue qu’elles représentent n’en restent pas moins ignorée des pouvoirs publics malgré tous les plans déjà mis en place, et jamais réellement traitées à la hauteur qu’il faudrait, la volonté et les moyens politiques nécessaires ne sont pas au rendez-vous.  

C’est une  situation scandaleuse et indigne d’un État de droit.

Et plus désespérant encore, nous avons appris en septembre 2018 par le bulletin infostat justice du ministère de la Justice l’information sidérante que les condamnations pour viols avaient diminué de 40% depuis 10 ans alors que le nombre de viols avait dans le même temps augmenté de 40%, sans que cela ne crée un raz de marée d’indignation, dans la plus grande indifférence du gouvernement et de toutes les instances politiques (infostat justice, septembre 2018)..

Comment montrer plus de mépris et de cruauté vis-à-vis de toutes ces victimes de viols qui sont avant tout des filles et des femmes, et vis-à-vis de toutes les femmes qui sont 20% à subir des viols et des tentatives de viols, dont la moitié avant 18 ans (BAROMÈTRE SANTÉ 2016 GENRE ET SEXUALITÉ Santé Publique France) ! Que cette inconcevable impunité mettent en danger toutes les femmes, les filles et les enfants de subir ces crimes ne semblent déranger personne ou presque ! Que tous ces criminels ne soient jamais condamnés (seuls 1% se retrouvent jugés en cour d’assise pour les viols commis sur les adultes, et encore bien moins pour les mineur.es, 0,3%, et quand il s’agit de viols conjugaux 0,01%) et qu’ils puissent continuer à commettre des crimes ne semble pas inquiéter grand monde ( CSF, 2008, ONDRP, 2015-2017, infostat justice, 2018, Virage, 2017). 

Les enquêtes de victimation montrent qu’en 2017 au moins 94000 femmes et 20000 hommes ont subi des viols et des tentatives de viols, et par recoupement des enquêtes, ce serait au moins 130000 filles et 35000 garçons (CSF, 2008, 2016, ONDRP, 2015-2017, infostat justice, 2016, Virage, 2017). 

Les chiffres internationaux et européens font état d’1 fille sur 5 et d’1 garçon 13 qui subissent des violences sexuelles avec des conséquences psychotraumatiques à court et à long terme catastrophiques sur leur santé mentale et physique reconnues par un nombre impressionnants d’études scientifiques depuis plus  20 ans (1ère cause de mortalité précoce, de suicides, de dépressions à répétition, de conduites addictives, d’obésté, de subir à nouveau des violences, d’avoir des maladies cardio-vasculaires, immunitares, digestives, pulmonaires, gynéo-obstétricales, des douleurs chroniques, etc. ((Brown, 2009 ; Felitti et Anda, 2010, Hillis, 2016, Fulu, 2017, cf Manifeste stop aux violences envers les enfants), IVSEA, 2015, ; OMS, 2010, 2014 ; 2016).

Les victimes le savent bien que les violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent ont des conséquences graves sur leur santé, dans les enquête de victimation. Elles désignent les médecins (généralistes et psychiatres) comme leur premier recours (ONDRP 2017. Or les médecins, de façon totalement incompréhensible et scandaleuse, ne sont, de façon toujours pas (ou exceptionnelement) formés pendant leurs études et en continu. Ils se retrouvent donc, le plus souvent, dans l’incapacité de dépister les violences, de protéger leurs patient.es, de diagnostiquer et de prendre en charge pour les traiter les conséquences psychotraumatiques de ces violences qui sont les à l’origine de l’impact grave sur la santé mentale et physique des violences sur les victimes). Cette absence de dépistage, de protection et de prise en charge adaptée représente une perte de chance énorme et intolérable pour les victimes. Pour toutes les victimes de ces violences trouver un professionnel de santé ou un psychologue formé et compétent s’avère un parcours du combattant qui parfois peut prendre plusieurs années (cf enquête IVSEA, 2015). Les 10 centres pluridisciplinaires du psychotraumatisme  qui vont être mis en place en 2019, dont notre plaidoyer et le cahier des charge élaboré par notre groupe de travail avec la Délégation à l’offre de soins sont à l’origine, sont un premier pas mais c’est très loin d’être suffisant par rapport aux besoins sanitaires du pays, il en faudrait au moins cent en France et en outre mer, et il faudrait comme cela existe dans de nombreux pays des centres de crise spécialisés pour les victimes de viols qui couvrent tout le territoire.

Ces violences sexistes et sexuelles, ne l’oublions pas, sont commises dans un contexte d’inégalité et de domination par des hommes qui se revendiquent comme étant supérieurs aux femmes, comme leur maîtres, et comme ayant le droit de les soumettre, de les instrumentaliser, de les exploiter, de les maltraiter, de les torturer, de les violer, de les tuer, d’être leurs bourreaux d’un jour ou de toute une vie. Ces violences sexistes et sexuelles subies par les filles et les femmes et leurs enfants se produisent massivement dans l’indifférence, avec la tolérance, voire même la complicité active, d’une société et de ses institutions imprégnés des stéréotypes les plus injustes et dégradants pour les filles et femmes qui en sont  victimes.

Être une fille ou une femme quel que soit son âge, son histoire, son milieu, ses origines, sa situation, signifie encore 2018, être en danger de subir des violences machistes partout à tout moment, aucun endroit n’est indemne de ces violences et du risque de les subir. Les endroits censés être les plus protecteurs comme la famille et le couple sont ceux qui sont les plus infectés par cette terreur machiste, où les filles et les femmes courent les risques les plus importants d’être maltraitées, torturées, violées ou tuées. 

La famille le couple sont de véritables zone de non-droit où les filles, les femmes et leurs enfants dans la plus grande indifférence puisque les chiffres de ces violences et de ces féminicides restent constants voire augmentent, et que les victimes restent aussi peu protégées, soutenues, soignées et reconnues et réparées par la justice, et que leurs bourreaux bénéficient toujours d’une inconcevable impunité pour les délits et les crimes qu’ils commettent.

Nous sommes des une société particulièrement cruelle et inhumaine qui tolère que chaque année soient commis un nombre effarant de crimes sur des filles et des femmes parce qu’elles sont femmes, des féminicides donc, avec, comme nous l’avons vu, au moins 130 000 filles et 94 000 femmes qui subissent des viols et des tentatives de viols principalement dans leur famille pour les fille et par un partenaire pour les femmes, et 120 à 140 femmes qui meurent tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou leur partenaire ou ex-partenaire (sur les réseaux sociaux 133 ont été recensées en 2017 et aujourd'hui 108 l'ont été depuis le début d'année par Féminicides par (ex) compagnons, nous n'avons toujours pas les chiffres de la délégation aux victimes), sans compter toutes celles bien plus nombreuses et non comptabilisées qui ont failli être tuées, qui ont été blessées et gravement traumatisées par ces tentatives de meurtres et qui ont vécu dans la terreur la plus totale souvent avec des enfants (autour de 220000 femmes et de 140000 enfants sont exposés à des violences conjugales). 

Une société qui tolère que les personnes les plus vulnérables, celles qu’il faut le plus protéger, soient justement celles qui subissent le plus de violences sexistes et sexuelles, comme les enfants, les personnes handicapées (4 fois plus, et nous savons que 90% des femmes autistes ont subi des violences sexuelles), les personnes marginalisées comme les SDF, les migrantes, les personnes racisées, et toutes les autres personnes qui subissent des discriminations. Une société qui tolère que 83% des personnes victimes de violences sexuelles rapportent n’avoir jamais été ni protégées, ni reconnues (enquête IVSEA, 2015).

Une société et des institutions qui abandonnent la très grande majorité des ces filles et ces femmes sans protection, sans soutien, sans soins spécifiques alors que les conséquences sur leur santé mentales et physiques sont catastrophiques et reconnus par toutes les études internationales, sans solidarité, sans droits, sans justice, sans réparation. Alors que l’on sait que ne pas protéger les filles et les femmes victimes de violences et ne pas traiter leurs troubles psychotraumatiques est un facteur de risque majeur de subir à nouveau des violences tout au long de sa vie, et un facteur important de précarité et de renforcement des inégalités et des discriminations.

Et, pour les rares qui arrivent à porter plainte (pour les viols seules 10% des femmes victimes adultes et 4% des enfants victimes portent plainte), malgré les menaces, l’emprise, l’isolement, les dénis, la loi du silence, la culture du viol qui les culpabilise et les graves traumatismes qu’elles subissent, la justice va échouer à les protéger, à les reconnaître comme victimes, et à condamner leurs bourreaux (CSF, 2008, 2016, ONDRP, 2015-2017, infostat justice, 2016, Virage, 2017). Voire même, dans une inversion digne d’Orwell, la justice va s’en prendre aux personnes (particulièrement les mères) qui essaient de protéger les victimes, allant même jusqu’à en condamner certaines et remettre les enfants victimes leur bourreau. Avec un parcours particulièrement maltraitant qui les met en cause et leur renvoie comme éléments mettant en doute leurs paroles et les faits qu’elles ont subis les conséquences psychotraumatiques des violences qui sont universelles et qui en sont des preuves : sidération, dissociation et mémoire traumatiques, conduites d’évitement et dissociantes de survie  qui les empêchent de se défendre, de fuir, de prendre parfois pendant des années la mesure de la gravité de ce qu’elles vivent ou de s’en souvenir, et qui les font passer pour incohérentes, folles, incapables, etc.

Comment, en France, en 2018, en est-on là, comment est-il possible qu’un État dit de droit tolère cette situation et ne fasse pas ce qu’il faut pour lutter efficacement contre ces violences et protéger ces victimes. Efficacement voulant dire avec une obligation de moyens et de résultats, avec des chiffres qui régressent enfin, avec une justice digne de ce nom, avec impunité qui devient l’exception et non plus la règle. 

Le chantier pour améliorer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et mieux protéger, prendre en charge, et rendre justice aux victimes est énorme et nécessite une vraie volonté politique avec des mesures urgentes, il est question de crimes, de vies de filles de femmes, d’enfants qui sont en grand danger. Chaque jour, chaque heure, chaque minute compte !

Ne pas agir avec tous les moyens et la diligence nécessaire, c’est mettre sciemment en danger un très grand nombre de filles, de femmes et d’enfants, ce n’st pas possible et vous, les responsables politiques vous aurez à rendre des compte pour ces injustices, ces mises en danger ces pertes de chance effroyables. 

Nous voulons des mesures urgentes pour mieux protéger les victimes, pour améliorer leurs prises en charge et leurs soins, et pour lutter contre l’impunité (cf les 8 mesures de notre Manifeste contre l’impunité des crimes sexuels). Nous voulons l’imprescriptibilité des crimes sexuels. Nous voulons une loi cadre respectant la convention d’Istanbul et les préconisations de la cour européenne des droits humains (en celui concerne la prise en compte du consentement qui doit êtrelir, éclairé, volontaire analysé en fonction du contexte, elle partagedela charge de la preuve entre plaignant.esetaccusé.es, ainsi que le respect de la convention internationale des droits de l’enfant et celle de Lanzarote, et des moyens à la hauteur de l’enjeu, et un système de contrôle citoyen pour évaluer le respect de l’obligation de moyen et de résultats, et reprendre tous les dossiers qui ont abouti à des décisions préjudiciables pour les victimes.

Dre Muriel Salmona 
psychiatre, présidente de l’association
Mémoire Traumatique et Victimologie
drmsalmona@gmail.com
le 25 novembre 2018



Pétition à signer et à diffuser STOP À L’IMPUNITÉ DES CRIMES SEXUELS qui est co-signée par 29 asso et qui a recueilli 64 900 signatures ICI 


Pour consulter l’intégralité du Manifeste contre l’impunité des crimes sexuels :
https://manifestecontrelimpunite.blogspot.fr
Pour lire le Manifeste pour une imprescriptibilité des crimes sexuels
http://www.mesopinions.com/petition/justice/imprescriptibilite-crimes-sexuels/25896
Pour lire le Manifeste stop aux violences faites aux enfants :

Pour voir l’Etat des  lieux des violences sexuelles faites aux mineurs (M. Salmona): 
https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2018_Etat_des_lieux_des_mineurs_victimes_de_violences_sexuelles.pdf
et pour comprendre pourquoi la majorité des victimes ne portent pas plaintes (M. Salmona)
À lire et consulter sur la culture du viol et les violences sexuelles l’excellent blog féministe : Sexisme et Sciences humaines http://antisexisme.net et son livre et ses articles très documentés sur les : Mythes sur les viols.et son ouvrage Pour en finir avec la culture du viol Noémie Renard, 2018 ed Les petits matins.
À lire POUR EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA CULTURE DU VIOL en 12 points article de Muriel Salmona de 2016 réactualisé en 2017 sur le blog stopauxviolences.blogstop.fr : https://stopauxviolences.blogspot.fr/2017/03/ pour-en-finir-avec-le-deni-et-la.html

   
 BIBLIOGRAPHIE:

Enquêtes « Cadre de vie et sécurité » CVS Insee-ONDRP, de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales ONDRP– Rapport annuel sur la criminalité en France – 2017 : http://www.inhesj.fr/fr/ondrp/les- publications/rapports-annuels

Enquête CSF Contexte de la sexualité en France de 2006, Bajos N., Bozon M. et l’équipe CSF., Les violences sexuelles en France : quand la parole se libère, Population & Sociétés (Bulletin mensuel d’information de l’Institut national d’études démographiques), 445, mai 2008. http://www.ined.fr/fichier/ t_publication/1359/publi_pdf1_pop_soc445.pdf

Enquête IVSEA Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte, 2015, conduite auprès de plus de 1200 victimes de violences sexuelles par Association Mémoire Traumatique et Victimologie avec le soutien de l’UNICEF France: Salmona Laure auteure, Salmona Muriel coordinatrice, Rapport et synthèse téléchargeables sur les sites : http://stopaudeni.com et http://www.memoiretraumatique.org

Enquête de l’association Mémoire Traumatique Victimologie réalisée par IPSOS sur les représentations des français.es sur les violences sexuelles en 2016 :
https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/campagne2016/2016-Rapport-enquete-Ipsos.pdf
Enquête de l’association Mémoire Traumatique Victimologie réalisée par IPSOS
sur les français.es et le projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexiste 2017 :
https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/campagne2018/2018Enquete_Ipsos_Les_Francais_et_le_projet_de_loi_renforcant_la_lutte_contre_les_violences_sexuelles.pdf


Enquête VIRAGE INED et premiers résultats sur les violences sexuelles : Alice Debauche, Amandine Lebugle, Elizabeth Brown, et al. Documents de travail n° 229, 2017, 67 pages https://www.ined.fr/fr/publications/document- travail/enquete-virage-premiers-resultats-violences-sexuelles/

INFOSTATS JUSTICE, Violences sexuelles et atteintes aux mœurs : les décisions du parquet et de l’instruction, mars 2018, Bulletin d’information sta du ministère de la Justice numéro 160 : http://www.justice.gouv.fr/art_pix/ stat_infostat_160.pdf

INFOSTATS JUSTICE, Les condamnations pour violences sexuelles, septembre 2018, Bulletin d’information sta du ministère de la Justice numéro 164 http://www.justice.gouv.fr/art_pix/ stat_infostat_164.pdf

BAROMÈTRE SANTÉ 2016 GENRE ET SEXUALITÉ D’une décennie à l’autre Bajos N, Rahib D, Lydié N. Saint‑Maurice : Santé publique France, 2018. 6 p.



Les publications et rapport de Véronique Le Goaziou : rapport final de la recherche "Les viols dans la chaîne pénale" 2016 consultable sur le site de l’ORDCS
Les viols en justice : une (in)justice de classe ? in Nouvelles Questions Féministes 2013/1 (vol.32)

World Health Organization, Global Status Report on Violence Prevention, Genève, WHO, 2014, 2016.
  
 Articles de références

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Enquête Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte, Salmona L., As- sociation Mémoire Traumatique, 2015, téléchargeable sur le site stopaudeni.com et memoiretraumatique.org
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Salmona M. Dissociation traumatique et troubles de la personnalité post- traumatiques. In Coutanceau R, Smith J (eds.). Les troubles de la personnalité en criminologie et en victimologie. Paris : Dunod, 2013, téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org.
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Salmona M. Impact des violences sexuelles sur la santé des victimes in Pratique de la psychothérapie EMDR, sous la direction de Cyril Tarquinio et Al., Dunod, 2017 ; 19, pp 207-218.
Salmona M., La mémoire traumatique, violences sexuelles et psychotraumas in Dossier « Maltraitances infantiles » des Cahiers de la justice, éditions Dalloz numéro 2018/1,2018.
Salmona M. L’amnésie traumatique : un mécanisme dissociatif pour survivre, Dunod, 2018 ; in Victimologie, évaluation, traitement, résilience, sous la direction de Roland Coutanceau et Claire Damiani, Dunod, 2018: pp 71-85 
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Widom C. S., Accuracy of Adult Recollections of Childhood Victimization : Part 1 ; Childhood Abuse, NCJRS Psychological Assessment Volume:8 Issue: 4 Dated:(1996) Pages:412-421.
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Pour en savoir plus sur les violences sexuelles la culture du viol et les mythes sur le viol :
Salmona M. La mémoire traumatique. In Kédia M, Sabouraud-Seguin A (eds.). L’aide-mémoire en psychotraumatologie. Paris : Dunod, 2008.
Salmona M. Mémoire traumatique et conduites dissociantes. In Coutanceau R, Smith J (eds.). Traumas et résilience. Paris : Dunod, 2012, téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org.
Salmona M. Dissociation traumatique et troubles de la personnalité post- traumatiques. In Coutanceau R, Smith J (eds.). Les troubles de la personnalité en criminologie et en victimologie. Paris : Dunod, 2013, téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org.
Salmona M. « Le viol, crime absolu » in doss. « Le traumatisme du viol », Santé Mentale, Mars 2013, n°176. téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org.
Salmona M. Impact des violences sexuelles sur la santé des victimes in Pratique de la psychothérapie EMDR, sous la direction de Cyril Tarquinio et Al., Dunod, 2017 ; 19, pp 207-218.
Salmona M., La mémoire traumatique, violences sexuelles et psychotraumas in Dossier « Maltraitantes infantiles » des Cahiers de la justice, éditions Dalloz numéro 2018/1,2018.
Salmona M. L’amnésie traumatique : un mécanisme dissociatif pour survivre, Dunod, 2018 ; in Victimologie, évaluation, traitement, résilience, sous la direction de Roland Coutanceau et Claire Damiani, Dunod, 2018: pp 71-85
À lire et consulter sur la culture du viol et les violences sexuelles l’excellent blog féministe : Sexisme et Sciences humaines http://antisexisme.net et son livre et ses articles très documentés sur les : Mythes sur les viols.
À lire POUR EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA CULTURE DU VIOL en 12 points article de Muriel Salmona de 2016 réactualisé en 2017 sur le blog stopauxviolences.blogstop.fr : https://stopauxviolences.blogspot.fr/2017/03/ pour-en-finir-avec-le-deni-et-la.html
  
 À lire également Le livre noir des violences sexuelles de Muriel SALMONA Paris, Dunod, 2013.et Violences sexuelles. Les 40 questions-réponses incontournables, de Muriel SALMONA Paris, Dunod, 2015.
En quoi connaître l’impact psychotraumatique des viols et des violences sexuelles est-il nécessaire pour mieux lutter contre le déni, la loi du silence et la culture du viol, pour mieux protéger les victimes et pour que leurs droits soient mieux respectés ? de Muriel Salmona 2016 téléchargeable sur le site : http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/2016-Necessaire- connaissance-de-limpact-psychotraumatique-chez-les-victimes-de-viols.pdf
Ces viols que les Français ne sauraient voir : ce déni alimente la honte des victimes de Laure Salmona mars 2016 : http://leplus.nouvelobs.com/ contribution/1490893-ces-viols-que-les-francais-ne-sauraient-voir-ce-deni- alimente-la-honte-des-victimes.html
JUSTICE, VOUS AVEZ DIT JUSTICE ? de Muriel Salmona, 2017 téléchargeable sur le site : http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/ v1/Articles-Dr-MSalmona/20170321-lettre_ouverte_viol_en_re%CC %81union.pdf
La victime c’est la coupable de Muriel Salmona, 2011 téléchargeable sur le site : http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Documents-pdf/ La_victime_c_est_la_coupable_4_septembre_2011_Muriel_Salmona.pdf
Pour en savoir plus sur les violences
• Les sites de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie avec de nombreuses informations disponibles et des fiches pratiques sur les violences, leurs conséquences sur la santé, leur prise en charge, et des information sur les campagnes et les actions de l’association :
• http://www.memoiretraumatique.org • http://stopaudeni.com
• Les blogs de la Dre Muriel Salmona :
• http://stopauxviolences.blogspot.fr
• http://lelivrenoirdesviolencessexuelles.wordpress.com avec une
bibliographie générale
• Le Livre noir des violences sexuelles, de Muriel SALMONA Paris, Dunod,
2013.
• Violences sexuelles. Les 40 questions-réponses incontournables, de Muriel
SALMONA Paris, Dunod, 2015.
• Le rapport d’enquête IVSEA Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte, 2015 SALMONA Laure auteure, SALMONA Muriel coordinatrice Enquête de l’association Mémoire Traumatique et victimologie avec le soutien de l’UNICEF France dans le cadre de sa campagne #ENDViolence (téléchargeable sur les sites http://stopaudeni.com/ et http:// www.memoiretraumatique.org
• L’enquête Les français-e-s et les représentations du viol et des violences sexuelles, 2016 conduite par IPSOS pour l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie, SALMONA Muriel, directrice et SALMONA Laure coordinatrice et auteure du rapport d’enquête et du dossier de presse téléchargeable sur les sites http://stopaudeni.com/ et http:// www.memoiretraumatique.org (3)
• De nombreux articles de la Dre Muriel Salmona, ainsi que des vidéos de formation sont consultables et téléchargeables sur le site http:// www.memoiretraumatique.org à la page http://www.memoiretraumatique.org/ publications-et-outils/articles-de-la-dre-muriel-salmona.html
• Des brochures d’information éditées par l’association, sur les conséquences des violences sur la santé à destination des adultes et des jeunes à télécharger sur le site http://www.memoiretraumatique.org et stopaudeni.com

• Des films témoignages Stop au déni-les sans voix de Catherine Zavlav, 2015 sur http://stopaudeni.com