lundi 19 octobre 2020

Notre module de formation 2 : Protection des personnes en situation de handicap contre les violences sexuelles

 



vous présentent le module 2

Protection des personnes 
en situation de handicap 
contre les violences sexuelles

pour télécharger le module 
cliquer

ICI 

ou sur ce lien ci-dessous


Module de formation de 25mn en ligne accessible en ligne gratuitement réalisé par l'équipe de digital Learning Skillbar avec l'expertise de la Dre Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie et de Mme Marie Rabatel, présidente de l'Association Francophone des Femmes Autistes (AFFA).

Ce module bénéficie d’un agrément du secrétariat d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles.


Dossier de presse 

Violences sexuelles et handicap : 

mettre fin à l’omerta






















 


 


 


 



 


 


 


 





 


samedi 17 octobre 2020

PRÉSENTATION DU MODULE 2 Protection des personnes en situation de handicap contre les violences sexuelles. Conférence de presse mardi 20 octobre 2020 en visioconférence

 

PRÉSENTATION DU MODULE 2
Protection des personnes en situation de handicap contre les violences sexuelles 



CONFÉRENCE DE PRESSE :
VOLENCES SEXUELLES ET HANDICAP 
METTRE FIN À L'OMERTA


Le mardi 20 octobre à 9h, en visioconférence



Brisons l’omerta !  

L’Association Mémoire Traumatique et Victimologie, présidée par la Dr Muriel Salmona, psychiatre psychotraumatologue, l’Association Francophone de Femmes Autistes, présidée par Marie Rabatel, et SkillBar, réseau de professionnels du Digital Learning, organisent une Conférence de presse : “Violences sexuelles et handicap, mettre fin à l’omerta”, le mardi 20 octobre 2020, à 9 heures, en visioconférence. Conférence de presse réservée aux journalistes (places limitées). Contact : memoiretraumatique@gmail.com










jeudi 10 septembre 2020

Première grande victoire pour notre pétition et notre mobilisation : l'ONU a redéployé une brigade de la Monusco pour protéger le Dr Denis Mukwege ! Le combat contre l'impunité et pour un TPI pour la RDC continue !

 Actualisation de notre pétition : 


MENACES DE MORT CONTRE LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2018 : L’ONU SE DOIT DE PROTÉGER EN URGENCE LE DR DENIS MUKWEGE AVEC LA MONUSCO

https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/menaces-mort-contre-prix-nobel-paix/103596



Première grande victoire : l’ONU protège enfin le Dr Denis Mukwege avec la Monusco !


J’ai la joie et l’immense soulagement de vous annoncer que sous la pression de notre pétition associée à une mobilisation devenue internationale  l’ONU à répondu favorablement à nos demandes et a enfin redéployé, le 9 septembre, la brigade de la Monusco pour protéger le Dr Denis Mukwege, sa famille ainsi que les survivantes et le personnel de l’hôpital Panzi contre les graves menaces de mort qui pesaient sur eux.

Merci infiniment pour votre soutien et votre mobilisation ! Le Dr Denis Mukwege, dans un message qu’il m’a adressé le jour même, nous a écrit  : « Nous apprécions beaucoup cet élan de solidarité internationale et spécialement votre capacité de mobilisation impressionnante. Encore une fois merci pour votre soutien en ce moment difficile ! ».

Mais, avec lui, notre combat doit plus que jamais continuer, dans un deuxième message qu’il m’a envoyé ce matin (10 septembre 2020), il ajoute : "C’est une victoire d’étape. Il faut absolument maintenir la pétition car seule la justice peut conduire à une paix durable et prévenir la répétition ».

Alors que le Dr Denis Mukwege au péril de sa vie continue à dénoncer les atrocités commises en RDC depuis plus de 20 ans : les innombrables massacres de civils et viols utilisés comme armes de guerre dont les femmes et les filles sont les principales victimes nous soutenons, comme nous l’avons écrit dans la pétition, son courageux et indispensable combat contre l’injustice et l’impunité, et son engagement exceptionnel pour les victimes de viols et de mutilations : nous demandons avec lui à l’ONU que les préconisations du rapport Mapping de l’ONU (sur les 617 massacres commis en RDC entre 1993 et 2003) soient enfin prises en compte et appliquées, avec notamment la création d’un Tribunal Pénal International pour la RDC et/ou la création de chambres mixtes composées de juges internationaux et congolais.

Et nous restons très vigilant.e.s pour que sa protection internationale soit assurée de façon pérenne.

Merci beaucoup de continuer à partager et diffuser la pétition !

Dre Muriel Salmona


À lire les 2 articles de Causette Magazine sur notre pétition :


https://www.causette.fr/societe/a-l-etranger/petition-des-milliers-de-personnes-demandent-a-lonu-de-proteger-le-docteur-denis-mukwege-menace-de-mort


https://www.causette.fr/en-acces-libre/lonu-deploie-a-nouveau-sa-brigade-aupres-du-docteur-mukwege-menace-de-mort

lundi 7 septembre 2020

Lettre à Madame la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme pour obtenir la protection du Dr Denis Mukwege et la lutte contre l’impunité des violations très graves des droits humains en République Démocratique du Congo (RDC).

 



Paris, le 7 septembre 2020


Objet : la protection du Dr Denis Mukwege et la lutte contre l’impunité des violations très graves des droits humains en République Démocratique du Congo (RDC).


Madame la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme,

Je suis psychiatre française, psychotraumatoloque, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie et membre du comité scientifique de la Chaire Mukwege à Liège. À ces titres j’œuvre depuis plusieurs années avec le Dr Denis Mukwege pour améliorer la prise en charge médicale et psychologique des femmes et des filles victimes de viols, défendre les droits des victimes et lutter contre l’impunité des crimes qu’elles subissent, en développant des travaux pour que les troubles psychotraumatiques consécutifs à ces viols soient pris en compte au niveau médico-légal comme des preuves dans les procédures judiciaires, et soient mieux reconnus afin d’évaluer de façon plus juste les préjudices consécutifs et les réparations auxquelles elles devraient avoir droit.

Dans ce cadre je suis fréquemment en contact avec le Dr Denis Mukwege, c’est ainsi qu’il m’a fait part début août des messages de haine et des menaces de mort qu’il recevait quotidiennement, ainsi que sa famille. Ces très graves menaces continuent à ce jour et mettent sa vie en grand danger, alors que cet homme exceptionnel et dun courage inouï continue au péril de sa vie son combat pour la justice et la paix en RDC. Comme vous le savez, il dénonce sans relâche les massacres et les viols qui y sont commis, ainsi que leur impunité, et se bat pour que les femmes et les filles victimes de viols (utilisés comme armes de guerre) aient accès à des soins, à une protection, ainsi qu’à la justice et à des réparations. 

Or sa sécurité n’est toujours pas assurée, et je suis extrêmement préoccupée et inquiète pour lui. Et nous sommes persuadés que seule une protection internationale serait efficace. Une protection par la police nationale congolaise représente un risque pour lui et pour les survivantes de l’hôpital Panzi, puisqu’il a été bien documenté (et c’est développé dans le rapport Mapping) que des ex-miliciens soupçonnés d’avoir participé à des massacres y sont intégrés. Ce risque ne peut être pris. 

Aussi, je plaide auprès de vous pour le déploiement en urgence d’une brigade de la Monusco pour le protéger ainsi que le personnel et les patientes de l'hôpital de Panzi (comme cela avait été le cas après la tentative d’assassinat à laquelle il avait survécu en 2012, mais qui avait coûté la vie à son gardien qui avait tenté de s’interposer). J‘ai alerté les autorités française, et j’ai mis en ligne le 3 septembre 2020 une pétition de soutien au Dr Mukwege, co-signée par de nombreuses personnalités françaises, réclamant une protection internationale par la Monusco. Cette pétition a recueilli à ce jour plus de 35000 signatures : https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/menaces-mort-contre-prix-nobel-paix/103596

Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, par son engagement pour la Justice et la paix en RDC, par sa lutte contre les massacres et les viols utilisés comme armes de guerre, par son combat contre l’impunité de ces graves violations des droits humains perpétrées depuis 25 ans dans son pays, par sa demande de prise en compte des préconisations du rapport Mapping sur les massacres commis de 1993 à 2003 (en particulier demande de mise en place d’une justice internationale avec un Tribunal Pénal International ou des Chambres spécialisées mixtes), est une cible pour tous les auteurs de ces exactions, qui n’ont jamais été poursuivis ni condamnés. C’est cette impunité qui met le Dr Denis Mukwege en grand danger, et également toutes les survivantes et survivants de ces crimes internationaux de masse, perpétrés depuis près de 25 ans. Pour les victimes, le grand danger de subir à nouveaux des crimes, la peur pour leurs proches, la peur de se retrouver en contact avec leurs tortionnaires, créent de très grands sentiments d’insécurité et de souffrance, d’autant plus que les troubles psychotraumatiques extrêmement sévères qu‘elles présentent à la suite de ces actes inhumains sont sans cesse réactivés par le risque de croiser des criminels et par la multiplication sans fin de nouveaux massacres et de viols. Cette situation entraîne de très graves conséquences sur leur santé mentale et physique, aggrave leur situation économique, crée des inégalités, et est génératrice de précarité et de vulnérabilité. C’est une importante perte de chance pour toutes ces victimes et leurs proches, et une atteinte à leurs droits fondamentaux et à leur dignité.

L’impunité, nous le savons, perpétue les violences dans un cycle sans fin. 25 ans d’impunité, 6 millions de morts, et un grand nombre de victimes survivantes traumatisées, et de proches de victimes également traumatisés, font que la population de la RDC vit dans une souffrance et une insécurité intolérables. Seules la justice, la condamnation des auteurs de crimes, la reconnaissance des victimes, leur réparation, avec des soins adaptés au long cours et des aides socio-économiques, pourront permettre un retour à la paix.

Dans une lettre ouverte que nous vous avons adressée le 16 août 2020, signée par des institutions judiciaires françaises et européennes, par des ONG internationales et par mon association, nous vous réclamions de toute urgence une protection rapprochée et effective du Dr Denis Mukwege et de sa famille, ainsi que le soutien de ses actions et de son combat pour plus de justice et de vérité, en demandant la mise en place des préconisations du rapport Mapping : https://stopauxviolences.blogspot.com/2020/09/petition-menaces-de-mort-contre-le-prix.html


Je réitère cet appel urgent :


- pour la mise en sécurité en urgence du Dr Denis Mukwege, de sa famille et de l’hôpital Panzi par le déploiement d’une brigade de la Monusco ; dans ce contexte de crimes internationaux il est de la responsabilité de l’ONU de le protéger.

- pour la création d’une juridiction internationale pour poursuivre les responsables de ces crimes de masse, comme le préconise le rapport Mapping de 2010 : Tribunal Pénal International ou chambres mixtes spécialisées composées de juges internationaux et congolais.

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités avant que le pire arrive. Vous avez condamné fermement ces menaces de mort et les massacres en RDC et je suis confiante dans les décisions que vous ferez prendre pour assurer la protection du Dr Denis Mukwege et l’avenir de son pays, pour que la vérité, la justice et la paix règnent enfin. 

Veuillez croire, Madame la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, à l’expression de ma respectueuse considération.



Dre Muriel Salmona, psychiatre, psychotraumatologue

Présidente et fondatrice de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

Membre du Comité scientifique de la Chaire Internationale Mukwege

Tel : 06 32 39 99 34 ; mail : drmsalmona@gmail.com

Auteure du Livre noir des violences sexuelles paru chez Dunod, 2ème édition 2018

Conférence introductive de 1er congrès de la Chaire Mukwege sur le psychotraumatisme du viol : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2020-psychotraumatisme-du-viol-chaire-Mukwege.pdf




jeudi 3 septembre 2020

Pétition : MENACES DE MORT CONTRE LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2018 : L’ONU SE DOIT DE PROTÉGER EN URGENCE LE DR DENIS MUKWEGE AVEC LA MONUSCO



Menaces de mort contre le prix Nobel de la paix 2018 : l’ONU se doit de protéger en urgence le Dr Denis Mukwege.

Pétition à signer et à partager ICI

https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/menaces-mort-contre-prix-nobel-paix/103596

Plus de 25 100 signataires

Mobilisons nous pour que l'ONU protége le  Dr Denis Mukwege en déployante brigade de la Monusco #ProtectdrMukwege

auteure : Dre Muriel SALMONA, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie et membre du comité scientifique de la chaire Mukwege  (lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles e situation de conflit)

Adressée à M. Antonio GUTERRES, Secrétaire Général des Nations Unies ; Mme Michelle BACHELET Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme ; M. Jean Pierre Lacroix, Secrétaire Général Adjoint aux Opérations de Maintien de la Paix, Mme Pramilla Patten, Représentante Spéciale chargée de la question des violences sexuelles en temps de conflit ; M David Sassoli, Président du Parlement Européen et Mme Ursula Von Der Leyen, Présidente de la Commission Européenne

Dans le contexte de la République Démocratique du Congo (RDC), seule une protection internationale telle que la Monusco (Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo) peut protéger efficacement le Dr Denis Mukwege des graves menaces qui pèsent sur lui. 


Il serait inconcevable et particulièrement choquant que ce grand défenseur des droits humains, prix Nobel de la paix, qui continue au péril de sa vie de dénoncer les massacres et les viols utilisés comme armes de guerre en RDCongo, de réclamer justice pour ces crimes, et d’offrir aux victimes de ces exactions, principalement des femmes et des filles un lieu de soin sécurisé dans son hôpital Panzi; ne bénéficie pas de la protection internationale de l’ONU. 


Nous exhortons donc expressément lONU de re-déployer en urgence une brigade de la Monusco pour protéger le Dr Denis Mukwege, sa famille ainsi que l’hôpital Panzi et son personnel. L'absence de mesures prises pour mettre rapidement en œuvre la protection de la Monusco signifierait que l’ONU renonce à sa mission fondatrice.


La vie du Dr Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, est en grave danger. Depuis plusieurs semaines il reçoit quotidiennement des messages de haine et des menaces de mort chaque jour plus pressants. Ce chirurgien-gynécologue, fondateur et médecin-directeur de l'hôpital Panzi, qui soigne et aide les femmes et les filles victimes de violences sexuelles est menacé en raison de son engagement auprès des femmes et filles victimes de viols et des victimes des massacres de civils qui sont perpétrés en RDC en toute impunité depuis des décennies par des groupes armés ; ces menaces sont également des représailles à la suite de sa dénonciation de nouveaux massacres. Ces menaces qui pèsent sur le Dr Denis Mukwege comme sur sa famille sont inacceptables et doivent cesser.   


Nous avons dautant plus peur que Denis Mukwege a déjà été victime en 2012 d’une tentative dassassinat qui a coûté la vie à son gardien qui avait tenté de sinterposer pour le protéger. En réaction, lONU avait alors mis en place jusqu’à il y a quelques mois une brigade de la Monusco en charge de sa sécurité. 


Or à ce jour le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas proposé de redéployer cette brigade de la Monusco; à la place l’ONU demande au gouvernent congolais l’ouverture d’une enquête impartiale et le déploiement d’une brigade de la police nationale congolaise. Cette proposition n’a aucun sens puisqu’il est bien documenté que des ex-membres de ces groupes armés, soupçonnés d’être des auteurs de viols et de massacres, ont intégré cette institution. Une telle « protection » risquerait donc au contraire d’aggraver en danger non seulement du  Dr Denis Mukwege et du personnel de son hôpital mais aussi celle des survivantes de viols soignées dans son hôpital, risque qu’il est impensable de prendre.


Nous soutenons le courageux combat du Dr Denis Mukwege contre l’impunité, et demandons avec lui que les préconisations du rapport Mapping de l’ONU (2010) sur les centaines de massacres (plus de 600) commis en RDCongo de 1993 à 2003 soient enfin prises en compte et appliquées, avec notamment la création d’un Tribunal Pénal International pour la RDCongo et/ou la création de chambres mixtes composées de juges internationaux et congolais.


co-signataires :


  • Dominique Attias, avocate, vice Bâtonnière et future présidente de la fédération des Barreaux d'Europe
  • Céline Bardet  Juriste - Marraine pour la création d’un TPI Congo, Fondatrice de l’ONG We Are NOT Weapons Of War
  • Anne Baudeneau, membre du bureau de Le Monde à travers un regard et de Mémoire Traumatique et Victimologie 
  • Andréa Bescond, actrice réalisatrice
  • Adélaïde Bon, autrice
  • Sébastien Boueilh, fondateur-directeur  de Colosse aux pieds d'argile 
  • Vanessa Aiffe-Ceccaldi, comédienne
  • Laurence Cohen, sénatrice
  • François Croquette, Ambassadeur des droits de l'Homme au ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères
  • Emilie Cviklinski, militante féministe
  • Christian David, ONU
  • Véronique De Keiser députée européenne honoraire, Professeur Extraordinaire émérite à l'Université de Liège, Présidente du Comité scientifique de la Chaire Internationale Mukwege.
  • Edouard Durand, co-président de la commission violences du Haut coneil à l'égalité entre les femmes et les hommes"
  • Fatima-Ezzahra Benomar Cofondatrice des effronté-es
  • Sokhna Fall, anthropologue, victimologie, thérapeute familiale, vice-présidente de Mémoire Traumatique et Victimologie
  • Aude Fievet, vice-présidente de Le Monde à travers un regard
  • Laurence Fisher, Ambassadrice pour le sport au ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères
  • Arnaud Gallais, directeur d’Enfant présent et co-fondateur du collectif Prévenir et Protéger
  • Geneviève Garrigos, conseillère de Paris
  • Isabelle Gillet-Faye, directrice de la fédération GAMS
  • Ingrid Guulbraa, membre de Le Monde à travers un regard
  • Olivia Hicks, médecin du travail
  • Mie Kohiyama, présidente de MoiAussiAmnésie
  • Sonia Laffargue, vice-présidente de Le Monde à travers un regard 
  • Anne-Marie Lemoigne, vice-présidente de Le Monde à travers un regard 
  • Dr Gilles Lazimi, Medecin Géneraliste, Pr associe medecine generale Sorbonne Universite, Membre de SOS FEMMES 93
  • Lyes Louffok, membre du conseil de la protection de l’enfance
  • Eric Metayer, auteur réalisateur
  • Sylvie Meyer, réalisatrice
  • Martine Nativi, militante féministe
  • Diariata N’Diaye, fondatrice de Resonantes
  • Marie Rabatel, présidente de l’association francophone des femmes autistes AFFA
  • Michèle-Anne Rannou, co-présidente de Le Monde à travers un regard
  • Sury Rojtman, porte parole du collectif national pour le droit des femmes
  • Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-saint-Denis
  • Jean-Pierre Salmona, cardiologue,  webmaster de Mémoire Traumatique et Victimologie
  • Laure Salmona, co-fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement
  • Homayra Sellier, présidente d’Innocence en danger
  • Anne Sillinger, artiste féministe
  • Bérangère Taxil, professeure de droit international, membre de la chaire Mukwege
  • Judith Trinquart, médecin légiste-addictologue-de santé publique, Secrétaire Générale de Mémoire Trauma, Membre du CA de l'Amicale du Nid, Expert près du Tribunal de Versailles, Responsable de la consultation Demande d'Asile Hôpital de Montreuil





mercredi 19 août 2020

Lettre ouverte de soutien au Dr Denis Mukwege au Secrétaire général des Nations Unies et à la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme



Le Dr Denis Mukwege, fondateur & médecin chirurgien directeur de Hôpital Panzi (RDC), prix Nobel de la Paix 2018 avec qui je collabore dans le cadre de la Chaire Internationale Mukwege et qui lutte inlassablement contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles en RDC et ailleurs, et s'est engagé dans un courageux combat pour toutes les victimes d'atrocités commises en RDC, contre l'impunité et pour la vérité, la justice, et une meilleure reconnaissance, prise en charge et réparation des victimes, m'a fait par lors d'un échange téléphonique le 06/08/2020 des menaces de mort qui pesaient à nouveau sur lui et sa famille en raison de sa dénonciation des massacres qui continuent à être perpétrés en RDC, et de ses demandes réitérées que soient enfin mises en œuvre les recommandations issues du rapport du projet Mapping de 2010 du Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations-Unies concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003 (massacres, viols, mutilations), et que soient crées un Tribunal Pénal International pour la RDC et/ou des chambres spécialisées mixtes

J'ai alerté plusieurs personnalités et journalistes dont l'avocate Dominique Attias, vice-présidente de la Fédération des Barreaux  d'Europe et ancienne vice-présidente de l'Ordre des Avocats à la Cour de Paris, et à son initiative et à celle du bâtonnier de Côte d'Ivoire, et avec l'accord du Dr Denis Mukwege, une lettre ouverte a été envoyée à M. António Guterres Secrétaire Général des Nations-Unis et à Mme Michelle Bachelet Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations-Unies, co-signée par de plusieurs organisations de Barreaux, par la Fondation qChirac, par l'ONG We are not Weapons of War et sa fondatrice Céline Bardet, et par moi-même en tant que présidente de l'Association Mémoire Traumatique et Victimologie :

  • Pour réclamer de toute urgence une protection rapprochée et effective du Dr Denis Mukwege et de sa famille ;
  • Pour soutenir ses actions et son combat pour plus de justice et de vérité et demander la mise en place des préconisation du rapport Mapping.


Vous pouvez lire cette ouverte et la liste des signataires sur les docs suivant :






Pour dénoncer l'impunité des massacres commis en RDC et soutenir la mise en place des recommandations du rapport Mapping vous pouvez signer et partager la pétition soutenue par le Dr Denis Mukwege : Non à l'impunité en RDC :

dimanche 26 juillet 2020

Afin de mieux lutter contre l’impunité de la pédocriminalité sexuelle et de mieux protéger les enfants, changeons la loi ! Dre Muriel Salmona 16 juillet 2020


Afin de mieux lutter contre l’impunité de la pédocriminalité sexuelle et de mieux protéger les enfants, changeons la loi !



Dre Muriel Salmona, psychiatre  
Présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie
Le 26 juillet 2020

À quelques semaines de la remise du rapport en septembre 2020 de la mission d’évaluation de la loi Shiappa du 3 aout 2018 renforçant la lutte conttre les violences sexuelles et sexistes et renforçant la protection des  mineur.e.s  contre les violences sexuelles (mission qui a été confiée à Madame la députée Alexandra Louis et pour laquelle nous avons été nombreux.ses à être auditionné.e.s ) :

nous rappelons qu’il est impératif et urgent pour mieux protéger les enfants des violences sexuelles et pour lutter contre la pédocriminalité d’instaurer dans la loi :

  • un seuil d’âge du non-consentement au minimum de 15 ans ; 

  • un seuil d’âge du non-consentement de 18 ans en cas d’inceste par adulte ayant autorité ou sur un mineur en situation de handicap et de grande vulnérabilité ; 

  • un crime de viol et un délit d’agression sexuelle spécifique et autonome pour les mineurs de 15 ans ne nécessitant pas de qualifier la violence, la menace, la contrainte ou la surprise ;

  • une interdiction de déqualifier les viols et les agressions sexuelles.

ainsi qu’une suppression des délais de prescription (qui sont actuellement pour les mineurs : de 30 ans après la majorité pour les viols, de 20 ans après la majorité pour les délits sexuels aggravés, et de 10 ans après la majorité pour les délits sexuels non aggravés ; et pour les majeurs de 20 ans pour les viols et de 6 ans pour les délits sexuels) avec :


  • Une levée de prescription pour amnésie traumatique (comme obstacle insurmontable) et pour les crimes et délits en série (quand il y a plusieurs victimes d’un même agresseur sexuel dont certaines ont été victimes de faits prescrits et d’autres non)

C’est ce que nous demandons dans notre Manifeste contre l’impunité des crimes sexuels soutenu par 29 asso : https://manifestecontrelimpunite.blogspot.com et une pétition signée par 103 600 signataires : https://www.mesopinions.com/petition/justice/stop-impunite-crimes-sexuels/35266 avec bien d’autre mesures pour lutter contre l’impunité et pour mieux prévenir et mieux dépister les enfants victimes de violences sexuelles, les protéger, les accompagner et les prendre en charge, les soigner, mieux prendre en compte leurs paroles et tous leurs traumas pour mieux qualifier les faits qu’ils ont subis, mieux leur rendre justice sans les maltraiter et mieux réparer leurs graves préjudices

Pour rappel, il est d’autant plus urgent d’agir pour protéger les enfants victimes de violences sexuelles et de lutter contre l’impunité de ces violences  que : 

Les violences sexuelles subies par les enfants sont d'une ampleur considérable dans le monde entier, elles représentent de très graves atteintes aux droits, à la sécurité, à la dignité et à l’intégrité mentale et physique des enfants qui en sont victimes

  • Très traumatisantes, elles ont de graves conséquences à long terme sur leur vie et leur santé, ce qui en fait un problème majeur de droits humains, de société et de santé publique qu’il est urgent de traiter. Les violences sexuelles font partie avec les tortures des pires traumas, le cerveau des enfants est particulièrement vulnérable aux violences et la quasi-totalité des enfants victimes de viols, de 80 à 100%, vont développer de graves troubles psychotraumatiques à court moyen et long termes quelle que soit leur âge, leur sexe, leur personnalité, leur histoire, leurs antécédents (Rodriguez, 1997). Elles sont le premier facteur de risque de morts précoces, de suicide, de dépressions à répétition, de troubles anxieux, de conduites addictives, de conduites à risque et de mises en danger, de risque de subir à nouveau des violences tout au long de leur vie et/ou d’en commettre, d’obésité, elles sont également un facteur de risque majeur pour de nombreuses pathologies somatiques d’avoir des périodes de précarité et de marginalisation (pour 50% d’entre elles : risques d’être placé à l’Aide Sociale à l’En- fance, de fugues, d’échecs scolaire, d’absence de diplôme, de chomâge, d’invalidité, d’être interné en hôpital psychiatrique, en institution, risques de grande pauvreté, d’être à la rue (SDF), en hébergement d’accueil, en situation prostitutionnelle, en détention,...) et de voir s’aggraver dans un processus sans fin les situations d’inégalités, de discrimination et de handicap déjà présentes au moment des viols (Campbell, 2008 ; Hillis, 2016 ; IVSEA, 2015 ; MTV/Ipsos, 2019).. La communauté scientifique internationale et l’OMS les re- connaissent comme un problème de santé publique majeur (OMS, 2016 ; Hillis, 2016). Selon les enquêtes récentes de 70 à 96% des enfants victimes déclarent à l’âge adulte un impact important sur leur santé mentale, et de 50 à 70% sur leur santé physique, 50% font des tentatives de suicides, 50% des dépressions à répétition, 30 à 50% présentent des conduites addictives (IVSEA, 2015 ; MTV/IPSOS 2019). Pour en savoir plus lire  la conference introductive au congrès 2019 de la chaire internationale Mukwege sur le psychotraumatisme du viol, des conséquences majeures à long terme sur la vie et la santé des enfants victimes.

  • Les chiffres sont effarants : les enfants sont les principales victimes de violences sexuelles ; selon l’OMS (2014) dans le Monde 1 fille sur cinq et un garçon sur 13 ont subit des vio- lences sexuelles dans leur enfance, en France 81% des violences sexuelles ont débuté avant 18 ans, 51% avant 11 ans, 21% avant 6 ans, et plus de 60% des viols sont commis sur des mineur.e.s (IVSEA, 2015, CSF, 2008). On estime que chaque année près de 130 000 filles et 35 000 garçons subissent des viols et des tentatives de viols, bien plus que les 94000 femmes et les 16 000 hommes ( CSF, 2008 ; ONDRP 2012-2017 ; VIRAGE 2017). L’âge moyen des victimes est de 10 ans (MTV/IPSOS, 2019). Les agresseurs sont des hommes dans 9 cas sur 10, qui sont mineurs dans 25 à 30% des cas. Dans la très grande majorité des cas ils sont connus de la victime et dans la moitié des cas ils sont membres de la famille (IVSEA, 2015 ; VIRAGE, 2017 ; MTV/IPSOS, 2019).

  • Les viols n’ont rien à voir avec la sexualité, ce sont des armes massives de domination, de destruction, de soumission et de contrôle social. Ce sont avant tout des violences masculines, sexistes, haineuses et discriminatoires qui s’exercent dans un contexte de rapport de force, d’inégalités et de vulnérabilité. 

  • Les enfants en sont les premières victimes et parmi eux les filles sont les plus touchées (83% de filles pour 17% de garçons) ainsi que les enfants les plus vulnérables et plus discriminés : enfants handicapés (4 à 6 fois plus victimes de violences sexuelles), enfants en grande précarité, orphelins, placés en institutions, enfants racisés (VIRAGE, 2017 ; ONDRP, 2017 ; MTV/Ipsos, 2019, Danmeyer, 2016).

  • Ce sont les crimes et délits qui bénéficient de la plus grande impunité, dont les victimes sont les moins reconnues, protégées et prises en charge, et sont les plus maltraitées lors des procédures judiciaires (REDRESS, 2013). Cette impunité est alimentée par le déni sociétal, la tolérance face à ces violences masculines et la loi du silence imposée aux victimes. Les stéréotypes sexistes, la culpabilisation et le rejet des victimes (culture du viol), l’absence de dépistage et de protection des victimes ainsi que la méconnaissance des conséquences psychotraumatiques (sidération, dissociation, mémoire traumatique et stratégie de survie) jouent un très grand rôle dans ce déni. 

  • La justice échoue à traiter le très faible nombre de plaintes : alors qu’en France seuls 4% des viols et des tentatives de viols sur mineurs font l’objet de plainte, 74% de ces plaintes vont être classées sans suite, la moitié de celles instruites vont être déqualifiées et au total seules 10% des plaintes vont être jugées en cour d’assises. Les statistiques de la justice montrent que depuis 10 ans il y a 40% de condamnations pour viols en moins (infostat justice, 2018), ce qui est également observé dans de nombreux autres pays (Royaume Uni, Suède, Finlande...).

Nous ne pouvons plus tolérer qu’en 2020, en France :

  • Que les droits fondamentaux de la grande majorité des enfants victimes de violences sexuelles soient aussi gravement bafoués, l’État français échouant à leur assurer :

    • une protection efficace des enfants victimes à toutes les étapes de la prise en charge, 
    • une prise en charge médicale et psychologique spécialisée pour traiter leurs traumatismes, et une prise en charge médicale, juridique et socio-éducative urgente 24h/24 pour les enfants victimes de viols, les deux devant être accessibles, sans frais, adaptées et dispensée par des professionnels formés ;
    • un accompagnement socio-éducatif adapté des enfants victimes et de leur entourage ;
    • une reconnaissance par la justice des délits et des crimes subis avec une condamnation des pédocriminels qui les ont commis, et une réparation à hauteur de l’importance des préjudices subis ;

  • Et qu’à la place ces enfants soient abandonnés, sans protection, ni soins, exposés souvent pendant de nombreuses années à des atteintes répétées très graves à leur dignité et à leur intégrité physique et mentale ;

  • Que les violences sexuelles qu’ils ont subis restent impunies pour leur quasi totalité, alors qu’elles sont considérées comme des délits et des crimes particulièrement graves par notre droit, comme des traitements cruels, dégradants et inhumains par le droit européen et de plus en plus comme des tortures par le droit international que les États ont la responsabilité et l’obligation de prévenir et de punir, quel qu’en soit l’auteur.


  • et que dans une cruauté inconcevable les enfants puissent être considérés par la justice comme consentants à des actes sexuels commis sur eux, quel que soit leur âge, leur vulnérabilité et quel que soit l’auteur fut-il un membre de la famille, un adulte ayant autorité, 

    • du fait d’une loi inique totalement inadaptée pour les mineurs nécessitant de prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise, pour qualifier les actes sexuels de viols ou d’agressions sexuelles, dans un déni effroyable de leur immaturité, de leur dépendance, de leur vulnérabilité et des rapports de force en jeu ainsi que des graves atteintes à leur dignité et à leur intégrité physique et mentale et des très lourdes conséquences à long terme sur leur santé et leur développement et leur vie.

la loi dite Shiappa du 3 aout 2018 en n’instaurant pas de seuil d’âge du non consentement a échoué à mieux protéger les enfants victimes de violences sexuelles 

En effet avec cette nouvelle loi, c’est toujours l’usage de violence, contrainte, menace ou surprise par l’auteur des actes sexuels qui permet de caractériser le viol ou l’agression sexuelle et donc de caractériser l’absence de consentement de la victime, et non son jeune âge comme l’aurait permis un seuil d’âge du consentement. Nous avions dénoncé dans un article le fiasco de cette loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes du 3 août 2018 qui, après avis du Conseil d’État, n’a pas fixé de seuil d’âge du non- consentement. La loi dite Schiappa a juste précisé que « pour un mineur de 15 ans la contrainte morale ou la surprise étaient caractérisables par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes sexuels ».

Les magistrats, sont donc restés souverains pour évaluer pour les mineurs de moins de 15 ans les notions de vulnérabilité et de discernement de l’article 2. Et ils continuent, pour qualifier les viols et les agressions sexuelles sur un mineur de moins de 15 ans à rechercher le défaut de consentement de la victime pour prouver l’usage de la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Or ces critères caractérisant le viol et les agressions sexuelles font une large place à l’appréciation subjective du magistrat et conduisent immanquablement dans notre société où les stéréotypes et les fausses représentations sur le viol prédominent avec ce qu’on nomme la culture du viol, à juger le comportement de la victime en interprétant son attitude, son discernement, sa maturité sexuelle, pour rechercher si elle était ou non consentante. Quand il s'agit d’enfants, c’est inadmissible et particulièrement choquant. Cette part de subjectivité des magistrat·e·s comporte un énorme risque d’interprétations erronées par préjugés sexistes, méconnaissance du développement de l’enfant, de son immaturité intellectuelle, émotionnelle et affective, de sa dépendance face à l’adulte et de la gravité de l’impact traumatique de la pénétration sexuelle sur l’enfant victime. Et, depuis cette loi, nous avons recensé grâce à Mie Kohiyama présidente de l’association Moi Aussi Amnésie et Marie Rabatel présidente de l’Association Francophone des Femmes Autistes (AFFA) Ces décisions judiciaires ont été relevées dans la presse par les soins de Mie Kohiyama, présidente de l’association Moi Aussi Amnésie dans un journal dont elle fait un bilan  et dans les décisions judiciaires récentes recensées depuis la loi dite Schiappa, les correctionnalisations des viols sur mineurs sont légion, ainsi que des condamnations avec sursis, nous y trouvons également des comparutions immédiates et ce qui est particulièrement choquants des comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) pour viols alors qu’ils sont exclus de ce dispositif.

Du fait de l’absence de seuil d’âge de non-consentement de très nombreuses plaintes pour viols ou pour agressions sexuelles concernant des enfants de moins de 15 ans et de moins de 18 ans quand il s’agit d’enfants vulnérables et en cas d’inceste ou d’auteurs ayant autorité, sont classées sans suite ou déqualifiées en atteintes sexuelles faute d’avoir pu prouver la contrainte, la violence, menace ou la surprise, avec des peines légères prononcées pour les auteurs avec un message catastrophique envoyé par la justice de notre pays : il n’est pas si grave de sexualiser une relation avec un enfant, de le réifier en le réduisant à un objet sexuel et l’exploiter sexuellement, de le choquer et de le traumatiser à long terme, de le torturer en le pénétrant sexuellement, de porter gravement atteinte à sa dignité, à son intégrité physique et mental, et à son développement, de détruire tous ses repères, son estime de soi, son sentiment de sécurité et sa relation au monde.

Il est cruel et absurde que la loi sur les viols et les agressions sexuelles utilise la même définition pour les majeurs et pour les mineurs quel que soit leur âge, en étant centrée sur les moyens utilisés par l’agresseur pour imposer ses actes de nature sexuelle à la victime par la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. On peut concevoir qu’une telle définition soit adaptée à une personne suffisamment mature, ayant le discernement nécessaire et la capacité d’avoir un consentement libre et éclairé pour des actes sexuel dans un contexte approprié pour qualifier une agression sexuelle ou un viol lorsqu’il y a pénétration sexuelle. En revanche pour un jeune enfant cette définition qui repose sur la recherche du défaut de consentement de la victime et des moyens que l’agresseur a dû mettre en œuvre pour imposer ses actes, est inappropriée. L’enfant, en dessous d’un certain âge (seuil d’âge du consentement), pour son intérêt supérieur et la préservation de son intégrité mentale et physique, n’a pas à être sexualisé par les adultes ni à être un partenaire sexuel, son consentement n’a pas à être recherché, il est par définition invalide. Aucun consentement libre et éclairé n’est possible avant 15 ans, ni avant 18 ans dans le cadre d’une situation de handicap ou d’inceste, avec un adulte ayant autorité.

Il faut réformer cette loi inique en urgence, il n’est plus possible de faire l’économie de ce seuil d’âge du non-consentement que la plupart des pays ont adopté, et de lois spécifiques concernant la pédocriminalité qui reconnaissent le statut particulier de l’enfant, sa vulnérabilité et la protection qu’il est impératif de lui apporter, pour édicter un interdit clair, incontournable et une reconnaissance de la gravité de ces actes. Nous attendons donc du gouvernement et des parlementaires qu’ils votent enfin une loi qui instaure un seuil d’âge du non-consentement, ainsi qu’ un crime de viol et un délit d’agression sexuelle spécifiques et autonomes pour les mineurs de 15 ans.


  • 81%, des Français.es est favorable à l’instauration d’un âge minimum dessous duquel un enfant ne peut pas être considéré comme consentant à un acte de pénétration sexuelle par un adulte qui est automatiquement un viol ; 

  • 56% des Français.es est favorable à ce que le seuil d’âge minimum soit fixé entre 15 ans et 18 ans en dessous duquel un acte de pénétration sexuelle par une personne majeure sur une personne mineure soit automatiquement considérée comme un viol ;

  • Plus de 90% des Français.es sont favorables en cas d’inceste, de handicap de la victime, de relation d’autorité sur la victime, à ce que les actes de pénétrations sexuelles par un adulte sur un mineur de moins de 18 ans soit automatiquement considérés comme des viols ;

  • 70% des Français.es sont favorables à l’imprescriptibilité des crimes sexuels.

La possibilité que donne la loi actuelle de qualifier des actes sexuels commis contre des enfants non comme des violences sexuelles mais comme des atteintes sexuelles commises sans violence, contrainte, menace ou surprise, contrevient à la reconnaissance de la gravité et de l’extrême violence de ces actes, niant qu’il puisse s’agir de traitements cruels, dégradants et inhumains, et induit que l’enfant puisse être consentant à ces actes, ce qui porte une atteinte majeure à la dignité des enfants en les réduisant à des objets sexuels et en niant leur spécificité.

Avant 15 ans (et avant 18 ans en cas d’inceste, de handicap et quand il y a une situation d’autorité), un enfant ne peut en aucun cas consentir à des actes sexuels qui portent gravement atteinte à sa dignité et à son intégrité physique et mentale

Avant 15 ans non seulement tout consentement libre et éclairé est impossible en raison de l’immaturité de l’enfant, de sa vulnérabilité et de sa situation de dépendance, mais un enfant ne peut pas consentir à des actes sexuels avec un adulte qui vont le détruire en portant gravement atteinte à sa dignité, à ses droits, à son intégrité mentale et physique, à son développement et donc à son intérêt supérieur.


Ce déni de la spécificité des crimes sexuels sur les enfants avec l’absence d’un seuil d’âge du consentement fait que pour les enfants, le viol ou les agressions sexuelles sur mineurs ne sauraient se déduire du seul âge de la victime aussi jeune soit-elle (comme l’a confirmé en 2015 le Conseil constitutionnel, l’âge n’est qu’une circonstance aggravante) ni d’une situation d’inceste ou de handicap, et aboutit à nier la spécificité des crimes sexuels sur les enfants et la violence intrinsèque, la torture, la cruauté et le caractère inhumain et dégradant en soi que représentent une pénétration sexuelle ou d’autres actes sexuels commis sur des enfants.

L’absence de seuil d’âge rend la loi complice du système agresseur pédocriminel qui se défausse sur l’enfant en le sexualisant et en lui renvoyant qu’il pourrait avoir voulu être un objet sexuel et un esclave sexuel, qu’il pourrait souhaiter être dégradé, en lui attribuant une responsabilité dans les interactions sexuelles avec l’adulte, voire même en le culpabilisant et en le considérant comme ayant provoqué et manipulé l’adulte dans une inversion totale de la réalité comme dans le mythe des « Lolitas ».

Et de façon particulièrement cruelle les traumas de l’enfant, son état de choc et les mécanismes de survie que son cerveau va être obligé de mettre en place vont être interprétés comme autant de preuves du pseudo consentement de l’enfant, de sa perversion sexuelle, et de l’absence de conséquences négatives « qui montre bien que ce n’est pas si grave » : sidération qui le paralyse l’enfant et dissociation traumatique qui l’anesthésie émotionnellement et physiquement de telle sorte qu’il semble supporter la situation et ne pas en être affecté alors qu’il est extrêmement traumatisé, et qui le rend incapable de s’opposer et de réagir, totalement sous emprise, et le transforme en automate, mémoire traumatique avec des comportements des propos sexuels inappropriés qui sont des réminiscences envahissantes des violences subies, l’enfant est alors envahi par des images, des phrases, des scènes qu’il peut rejouer malgré lui dans un état dissocié, conduites dissociantes avec des mises en danger qu’il est facile ensuite de lui reprocher.

Manifeste contre l’impunité des crimes sexuels

Nous demandons également dans le cadre d’un Manifeste contre l’impunité des rimes sexuels depuis octobre 2017, 8 mesures pour lutter contre l’impunité avec 29 associations et soutenues par plus de 103 500 signatures entre autres, en plus de l’amélioration de la formation des professionnels, l’amélioration de l’offre de soins pour la prise en charge en urgence 24/24h des victimes de viols, et la prise en charge spécialisée sans frais des psychotraumatismes par des professionnels formés, et des moyens alloués à la justice :

  • l’imprescriptibilité des crimes sexuels, 

  • la reconnaissance de l’amnésie traumatique comme obstacle insurmontable levant la prescription, 

  • la levée de la prescription quand il y a plusieurs victimes d’un même agresseur sexuel dont certaines ont été victimes de faits prescrits et d’autres non, 

  • la révision de la définition du viol et des agressions sexuelles autour du consentement comme le demande la convention européenne d’Istanbul,

  • l’interdiction de déqualifier les faits, des juridictions spécialisées, 

  • Une meilleure réparation de toutes les souffrances endurées, de toutes les conséquences et de tous les préjudices subis par les victimes,

  • et la mise en place et la mise en place d’une commission justice pluridisciplinaire et indépendante pour ré-évaluer les dossiers de plaintes classées sans suite, faisant l’objet de déqualification ou de non-lieux.

La lutte contre la pédocriminalité sur le net qui est exponentielle (le nombre d’images et de vidéos est évalué à 70 millions, il double chaque année, et 5 pays hébergent à eux seuls 92% des sites « pédopornographiques » identifiés par l’IWF, la France en fait partie, (elle est le 2ème pays en Europe pour le nombre de sites et de téléchargements, et le 3ème ou 4ème dans le Monde suivant les estimations) nécessite également des mesures urgentes et des moyens importants dans le cadre d’un plan national dédié.


Pour en savoir plus

Sur la loi Schiappa, le seuil d’âge du non-consentement, l’imprescriptibilité, l’amnésie traumatique

Protéger les enfants des violences sexuelles est un impératif : avant 15 ans un enfant n’est jamais consentant à des actes sexuels avec un adulte ; article écrit par Muriel Salmona 2018 téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien :

Le fiasco d’une loi censée renforcer la protection des mineurs contre les violences sexuelles, article écrit par Muriel Salmona 2018 téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien :

Un an après la loi dite Schiappa, l’article 2 de cette loi est bel et bien un échec… article écrit par Muriel Salmona 2019 téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien 




Sur le psychotraumatisme, les arguments médico-légaux concernant les traumas et l’amnésie traumatique

Le psychotraumatisme du viol : des conséquences majeures à long terme sur la vie et la santé des enfants victimes
Conférence introductive de Muriel Salmona pour la 2ème journée du 1er Congrès de la chaire internationale Mukwege, Le 14 novembre 2019 téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2020-psychotraumatisme-du-viol-chaire-Mukwege.pdf

L’analyse de la mémoire traumatique et des autres symptômes psychotraumatiques : une technique thérapeutique et médico-légale au secours des droits des victimes de viol pour obtenir soins, justice et réparations
Article de Muriel Salmona (2019) écrit dans le cadre du travail de la chaire internationale Mukwege sur la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien :

L’amnésie traumatique : un mécanisme dissociatif pour survivre ; Article de Muriel Salmona (2018) téléchargeable sur le site memoiretraumatique.org sur ce lien :


Manifestes de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie





Enquêtes et rapports :


  • Enquête AMTV/Ipsos : « Violences sexuelles dans l’enfance » Association Mémoire Traumatique et Victimologie/Ipsos, 2019, Rapports téléchargeables sur les sites http:// www.memoiretraumatique.org ;
  • Enquête AMTV/Ipsos : Les Français.es et le projet de loi sur les violences sexuelles concernant les muneur.e.s Association Mémoire Traumatique et Victimologie/Ipsos, 2018, Rapports téléchargeables sur les sites http:// www.memoiretraumatique.org ;
  • Enquête AMTV/Ipsos : Les représentations des français.es sur le viol 1 et 2  Association Mémoire Traumatique et Victimologie/Ipsos, 2016 et 2019, Rapports téléchargeables sur les sites http:// www.memoiretraumatique.org ;

  • Enquête CSF, « Contexte de la sexualité en France de 2006 », Bajos N., Bozon M. et l’é- quipe CSF., Les violences sexuelles en France : quand la parole se libère, Population & Sociétés, 445, mai 2008.
  • Enquête CVS Insee-ONDRP, Cadre de vie et sécurité de l’Observatoire national de la dé- linquance et des réponses pénales ONDRP– Rapport annuel sur la criminalité en France 2012 – 2017.
  • Enquête IVSEA, « Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte », conduite par Association Mémoire Traumatique et Victimologie avec le soutien de l’UNICEF France: Salmona Laure auteure, Salmona Muriel coordinatrice, 2015, Rapport et synthèse téléchargeables sur les sites http://www.memoiretraumatique.org.
  • Enquête VIRAGE INED « Premiers résultats sur les violences sexuelles » : Alice Debauche, Amandine Lebugle, Elizabeth Brown, et al., Documents de travail n° 229, 2017, 67 pages.
  • Infostats Justice, « Violences sexuelles et atteintes aux mœurs : les décisions du parquet et de l’instruction », Bulletin d’information statistique du ministère de la Justice, n° 160, 2018.
  • Infostats Justice, « Les condamnations pour violences sexuelles », Bulletin d’information statistique du ministère de la Justice, n°164, 2018.
  • REDRESS, « Réparation pour viol, Utiliser la jurisprudence internationale relative au viol comme une forme de torture ou d'autres mauvais traitements », 2013., disponible à l’adresse suivante : www.redress.org
  • World Health Organization, « Global Status Report on Violence Prevention », Genève, WHO, 2014, 2016. OMS. INSPIRE : Sept stratégies pour mettre fin à la violence à l’encontre des enfants : résumé d’orientation. Genève, Suisse : OMS 2016.


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