vendredi 13 novembre 2009

Conséquences psychotraumatiques des violences conjugales

Article du Dr Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie.
site internet : http://memoiretraumatique.org
page facebook : http://www.facebook.com/pages/Association-Memoire-Traumatique-et-Victimologie/179148186174


Les violences dans le couple peuvent avoir de graves conséquences sur la santé mentale et physique des femmes qui les subissent si elles ne sont pas prises en charge (protection, aide, information, soins).

Les violences conjugales peuvent être à l'origine non seulement de blessures physiques mis également de blessures psychiques qui sont le plus souvent méconnues et non diagnostiquées, les victimes restent seules, abandonnées sans soins alors avec des troubles psychotraumatiques qui se chronicisent, elles doivent alors se "réparer" courageusement comme elles peuvent et survivre ainsi, et souvent, injustice supplémentaire être obligée de continuellement se justifier par rapport à des symptômes et des séquelles qui sont en fait des conséquences psychotraumatiques normales des violences qu"elles ont subies. Or ces troubles psychotraumatiques peuvent être évités et/ou traités efficacement.


Mis à part les conséquences traumatologiques directes des violences physiques (avec 1 femme tuée tous les 2 jours 1/2), les conséquences sur la santé mentale et physiques sur les femmes victimes de violences dans le couple sont directement liées à l'installation de troubles psychotraumatiques sévères.

Les femmes victimes de violences dans le couple du fait du caractère particulièrement grave du traumatisme subi (du à l'intentionnalité, les liens avec l'agresseur, l'impuissance et l'incompréhension, l'injustice, l'atteinte à la dignité et à l'intimité, la répétition et la durée) sont particulièrement exposées à des conséquences psychotraumatiques avec de lourdes répercussions sur leur santé pouvant représenter un risque vital (état de stress psychotraumatique, dissociation traumatique, dépression, risque suicidaires, troubles anxieux généralisés, troubles de la personnalité, addictions, troubles des conduites et du comportement avec mise en danger, accidents, maladies liées au stress).


Ces troubles psychotraumatiques sont dans le cadre des violences dans le couple particulièrement graves, durables et fréquents ( 58 % d'état de stress-post-traumatique/ 24% chez l'ensemble des victimes de traumatismes – Astin, 1995) avec des chiffres encore plus importants quand des violences sexuelles sont présentes ( 80 %/ 24% - Breslau et al., 1991) et sont responsables de nombreuses conduites paradoxales des victimes (confusion, banalisation, tolérance, dépendance à l'agresseur, conduites à risques) qui rendent la prise en charge difficile.


Ces troubles psychotraumatiques chez les femmes victimes de violences dans le couple sont méconnus des professionnels, sous-estimés, très peu diagnostiqués et donc rarement pris en charge, au mieux tardivement (faute de formation initiale des professionnels de la santé et du nombre très faible de consultations spécialisées en psychotraumatologie). Or une prise en charge précoce est essentielle, le traitement permettant une amélioration importante (cf étude 92).


Toutes les conséquences médicales sont liées à des mécanismes psychotraumatiques générés par les situations de peur et de stress extrêmes provoquées par les violences et le risque vital cardiologique et neurologique qu'elles entraînent (survoltage) qui imposent la mise en place de mécanismes neuro-biologiques exceptionnels de sauvegarde (disjonction pour échapper au survoltage) et qui sont à l'origine d'une mémoire traumatique et d'une dissociation avec anesthésie émotionnelle.

Les violences particulièrement quand elles sont répétées, incompréhensibles, injustes, monstrueuses comme les violences intra-familiales de l'enfance ou les violences conjugales sont à l'origine de la mise en place de mécanismes psychologiques et neuro-biologiques de sauvegarde (le caractère insensé des violences entraîne une sidération psychique, le psychisme est en panne, la victime est paralysée, cette sidération ne permet pas au psychisme de contrôler la réponse émotionnelle que la violence crée, le stress devient extrême, il se crée un survoltage émotionnel avec une hyperproduction d’hormones de stress : adrénaline, cortisol qui entraîne un risque vital cardio-vasculaire et neurologique) pour échapper à ce survoltage, comme dans un circuit électrique, le cerveau va faire disjoncter le circuit émotionnel (système limbique) avec la sécrétion de drogues endogènes dures (morphine-like et kétamine-like), la réponse physiologique au stress s'éteint et une anesthésie émotionnelle et physique s'installe avec un état dissociatif (de conscience altérée, qui donne une impression d’irréalité, d’être spectateur des faits) et des troubles de la mémoire : amnésie (de tout ou partie de l'événement à partir de la déconnexion) et mémoire traumatique (mémoire émotionnelle piégée, isolée, non intégrée) véritable bombe à retardement, hypersensible, incompréhensible (car non verbalisée), qui peut s'allumer à l'occasion de toute situation rappelant inconsciemment tout ou partie de l'événement jusqu'à des dizaines d'années après l'événement en redéclenchant la détresse, la terreur, la souffrance initiale, à l'identique. (cf travaux du Dr Muriel Salmona)

La vie devient alors un terrain miné, de très nombreuses situations, le moindre lien avec les violences subies sont susceptibles de faire "exploser" cette mémoire traumatique sans possibilité de comprendre l'origine de cette détresse, ni de la calmer, rendant nécessaire la mise en place de conduites d'évitement handicapantes. Quand ces dernières sont mises en échec, seules des conduites dissociantes souvent paradoxales peuvent calmer cet état, il s'agit de refaire disjoncter le circuit émotionnel en augmentant le stress ( conduites auto-agressives, conduites à risques, conduites addictives, conduites de dépendance à un agresseur qui par le risque, la terreur qu'elles produisent sont à même de faire disjoncter ).

Ces conduites dissociantes qui s'imposent aux victimes et dont elles ne veulent surtout pas, sont pour elles incompréhensibles, très douloureuses, stigmatisantes et déroutantes pour leur entourage et les professionnels qui les aident, elles sont responsables d'un important sentiment de culpabilité et de la très grande difficulté qu'ont les victimes de violences de se séparer de leur agresseur.

Les agresseurs connaissent bien, par expérience, ces phénomènes dont ils profitent pour assurer leur emprise et disposer "d'esclaves" instrumentalisables à merci pour être dévoués à leur confort matériel, mental et physique. Étant eux-mêmes le plus souvent aux prises avec une mémoire traumatique, ils les utilisent à la fois pour gérer à leur place les conduites d'évitement et pour se dissocier grâce aux explosions de violence qu'ils font subir aux victimes, ce qui leur permet de s'anesthésier (les victimes sont leur drogue avec les mêmes phénomènes de dépendance, de tolérance et d'accoutumance qui font s'aggraver de plus en plus les violences : cycle de la violence).


La mémoire traumatique et la dissociation sont responsables de toutes les conséquences médicales (somatiques et psychologiques) les plus sévères les plus chroniques et les plus handicapantes.

Elles entraînent une très grande souffrance psychologique (9,1 sur une échelle de 1 à 10 cf étude 92 de 2008) et physique, un sentiment de danger permanent, d'insécurité et de perte de confiance, une hypervigilance, une insomnie, une tension psychique et physique, responsable de douleurs et de fatigue chroniques, une sensation d'être étranger au monde, d'être différent, de déréalisation, de dépersonnalisation, de confusion, de désorientation, d'isolement, un état destress post-traumatique chronique avec des troubles anxieux généralisés angoisses, attaques de panique, phobies, des troubles dépressifs (50 %) avec des idées suicidaires et des tentatives de suicide (x25), des troubles cognitifs importants avec des troubles de la concentration, de l'attention, une diminution des performances, des absences, des conduites à risques avec mises en danger, conduites addictives (alcool, drogues, médicaments, jeux), troubles de l'alimentation, conduites paradoxales de dépendance à l'agresseur, reproduction de violences, des maladies liées au stress.

Rapidement, les conséquences psychotraumatiques des violences font que la victime quelque soit son courage, ses capacités peut :

Se sentir seule, abandonnée, incomprise, désespérée, ne croyant plus à l'avenir, ayant l'impression d'être un boulet, ne s'intéressant plus à rien - Stressée, tendue, angoissée voire paniquée à certains moments, très émotive, agitée, sur ses gardes, se sentant continuellement en danger, irritable voire agressive, méfiante - Fatiguée, épuisée même, insomniaque, tout le temps malade, fumant trop, buvant trop, mangeant trop (ou pas assez), consommant trop de médicaments, se plaignant sans cesse de douleurs chroniques, consultant souvent les médecins, souvent accidentée, souvent hospitalisée, souvent en arrêt - Perdue, doutant de tout, confuse, se sentant étrangère au monde et à soi-même, se plaignant d'oublier tout, de rien comprendre, de ne pas être capable de se concentrer, de tout rater, d'être incapable de faire ce qu'il faut, dépassée par les évènements, ayant peur de tout ce qu'elle ne connaît pas, anesthésiée émotionnellement dans de nombreuses situations - Ayant des difficultés à faire face à ses obligations, son travail, ses démarches administratives, gérer ses dépenses, s'occuper des enfants, s'occuper de la maison, s'occuper d'elle, se soigner, ayant l'impression de ne faire que des choix catastrophiques - Avec une estime de soi catastrophique, se trouvant nulle, moche, bête, invivable, ayant honte, se sentant coupable de tout, pensant que tout irait mieux sans elle.

Ce sont des conséquences normales et habituelles des situations de violences, elles ne sont pas dues à des caractéristiques intrinsèques de la victime, toutes les victimes de violences peuvent développer ces troubles :

Tous ces symptômes servent l'agresseur, et desservent la victime, rendent la victime encore plus vulnérable et manipulable, l'isolent, la décridibilisent à ses propres yeux et aux yeux de tous ses proches et de tous ceux qui la côtoient. Ils justifient à postériori les violences faites (« elle est invivable, insupportable, incapable, folle .. », « le pauvre comment arrive-t-il à la supporter ?») et inverse la culpabilité. Rendent souvent les secours et les aides moins efficaces (découragement), voire génèrent de nouvelles violences de la part de ceux qui devraient l'aider (famille, professionnels qui lui font la morale, la juge, la rejette, ne la croit pas, l'abandonne...). Ils représentent un risque vital, un risque pour l'intégrité physique, psychologique, sociale, affective et personnelle, un risque de subir à nouveau des violences, d'avoir des conduites violentes. Seuls des secours, un soutien efficace et une prise en charge la plus précoce possible peuvent éviter ou atténuer ces conséquences.


Ces mécanismes neuro-biologiques de disjonction et leurs conséquences expliquent les symptômes psychotraumatiques et les troubles du comportement et des conduites des victimes qui paraissent souvent paradoxaux et totalement incompréhensibles à l'entourage, aux professionnels qui les prennent en charge et aux victimes elles-mêmes :

Comme la confusion, la désorientation, les troubles de la mémoire, les mises en danger, la tolérance, la minimisation et la banalisation de certaines violences (du fait de la dissociation et de l'anesthésie émotionnelle liée à la disjonction), la dépendance au conjoint violent, les multiples échecs lors de la séparation avec des retours avec le conjoint violent, des retraits de plaintes, le fait que les victimes n'arrivent pas à dénoncer dans la durée leur conjoint vis à vis desquels elles développent une dépendance (syndrome de Stockholm) : paradoxalement elles peuvent se sentir "mieux" (en fait plus dissociées et anesthésiée) avec leur agresseur que mises à l'abri dans un premier temps (du fait de la mémoire traumatique et des réminiscences qui génèrent une grande détresse), elles peuvent alors renoncer à les quitter en pensant que leur compulsion à se remettre en danger (conduite dissociante pour échapper à la mémoire traumatique) veut dire qu'elle l'ont dans la peau, bien qu'elles soient conscientes qu'il s'agit de la dernière chose à faire.

Il est indispensable de rassurer les victimes, de leur redonner une dignité en leur expliquant que les mécanismes des psychotraumatismes sont des réactions normales aux situations anormales que sont les violences, d'aider la victime à comprendre ce qui lui arrive, à se reconnaître comme victime, à comprendre qu'il est normal d'avoir des symptômes, à comprendre les mécanismes psychotraumatiques, à se déculpabiliser, à ne plus avoir honte et à pouvoir mieux lutter contre des conduites et des comportements dangereux. Démonter le système agresseur pour aider la victime à mieux se défendre, à dénoncer les violences, à ne plus être manipulée, à être lucide, à pouvoir anticiper les agressions et à ne plus être sous emprise.


Ces mécanismes neuro-biologiques de disjonction et leurs conséquences expliquent aussi certains comportements violents des conjoints. Ces violences sont des conduites dissociantes addictives, anesthésiantes, d'auto-traitement pour échapper à leur mémoire traumatique (souvent liées à des violences subies dans l'enfance, ou l'exposition enfant à des violences conjugales) les femmes sont grâce à un rapport de domination instrumentalisées comme des drogues pour soulager un mal être, une souffrance qui n'a aucun rapport avec leur réalité, qui n'est en aucun cas lié à elles, elles se retrouvent sommées de jouer un rôle dans une histoire qui ne les concerne pas:

Le rapport de force offert par une une société inégalitaire permet à l'homme d'instrumentaliser sa femme (et souvent ses enfants) pour son confort personnel en l'obligeant à développer pour lui des conduites d'évitement pour éviter l'allumage de sa mémoire traumatique et quand celle-ci explose malgré tout à l'utiliser comme une drogue lui permettant de se dissocier grâce aux violences qu'il exerce sur elle, et de s'anesthésier. Les hommes violents peuvent s'autoriser à exercer des violences sur leur femme, les enfants, le plus souvent en toute impunité, sans se poser de question sur leur comportement incohérent et totalement injuste. Comme toute conduite addictive un phénomène de dépendance et de tolérance va s'installer qui va entraîner une augmentation inexorable des violences.

Les femmes décrivent souvent leur conjoint comme n'étant plus lui-même au moment des violences, comme devenant un monstre. Celui-ci est envahi par sa mémoire traumatique, il rejoue une scène traumatique de son passé et entraîne de force sa femme sur cette scène en exerçant des violences sur elle. Ce déchaînement de violence est totalement incompréhensible et terrifiant pour les femmes qui vont chercher désespéremment à comprendre ce qu'elles ont bien pu faire et s'épuiser à trouver sans succès un sens à ce qui s'est passé. Il est essentiel qu'elles puissent se désolidariser d'une histoire qui n'est pas la leur et refuser d'y jouer un rôle en renvoyant leur conjoint à leur histoire et leurs symptômes dont ils doivent être responsables.

Au total

Il faut identifier et dénoncer les violences, dépister et diagnostiquer et traiter leurs conséquences : les troubles psychotraumatiques, faire sortir les victimes de violences de leur isolement, ne plus les abandonner sans soins et sans aide, rompre la loi du silence, leur permettre un accès facilité à des prises en charges spécialisées (beaucoup trop rares encore) qui leur donneront des outils efficaces pour se comprendre, pour se protéger, pour sortir de la mémoire traumatique, pour lutter contre les conduites dissociantes qui sont à l'origine des plus grandes souffrance et des violences faites à soi-même.

La violence n'est pas une fatalité. Il faut se battre pour une société plus égalitaire, contre toutes les formes de domination masculine et patriarcale, tous les stéréotypes sexistes, contre toutes les discriminations, contre la loi du plus fort qui permettent que les conduites dissociantes violentes soient utilisées en toute impunité contre ceux désignés comme "inférieurs", essentiellement les femmes, les enfants, les adolescents, mais aussi toutes les personnes en situation de vulnérabilité. Les conjoints violents enfin peuvent et doivent se faire traiter, il s’agit de les “désintoxiquer" de leur recours à la violence comme conduite dissociante et de les sortir d’une anesthésie affective qui les rend particulièrement dangereux. La violence produit de la violence de façon transgénérationnelle par l'intermédiaire de la mémoire traumatique et des conduites dissociantes, les enfants exposés à la violence conjugales sont à risque d'être violent envers eux-mêmes ou devenir des adultes et des conjoints violents.

Dr Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie

drmsalmona@gmail.com


4 commentaires:

isa.cheron a dit…

Bonjour,


Peut être serez vous intéressé pour les activités de formation, prévention et d'information que vous organisez par le film que nous avons réalisé .

Ouvrez la Cage, comédie éducative pour adultes et adolescents est maintenant disponible, un film pas comme les autres, *conçu pour permettre la mise en mots...

Victimes, ex-victimes, proches, adolescents et ex-enfants témoins de violences conjugales ou amoureuse, travailleurs sociaux en formation, ce film est un moyen de pouvoir en parler.

Des images sur le lien http://www.youtube.com/watch?v=5nR7RKJa1jE&feature=player_embedded

ou sur http://www.ouvrezlacage.com

* Alternance de différents mode d'expression et de registres pour toucher émotionnellement un large public (poêsie, humour, danse, chant...).

Merci de faire suivre ce mail aux personnes qui pourraient être intéressées.

Pour tous renseignements complémentaires.
Isabelle Chéron
06 22 41 02 38

Complément

"Ouvrez la Cage" se démarque de ce qui est régulièrement diffusé en étant centré sur "une victime qui s'en sort" et en ne mettant pas en scène la violence et ses auteurs. Nous avons aussi pu constater que le choix du burlesque (Pétronille en clown) et les différents modes d'expressions artistiques utilisés (danse, conte, chant) facilitent l'interpellation émotionnelle des spectateurs et spectatrices.

Si ce court métrage de 26 min est un bon média pour introduire des formations afin de faire exprimer et faciliter le repérage de tous les préjugés encore vivaces concernant ce sujet, il a été avant tout conçu pour permettre la mise en mots et en actions des victimes ou ex-victime et de leur entourage. Le parcours de ce drôle de personnage attachant, à la fois proche et lointain, déclenche émotions et réactions.

Nous sommes toutes et tous concernés (1 femme sur 10 en France et dans tous les milieux), famille, voisins, amis, ouvrons les yeux et découvrons comment aider ces femmes qui "camouflent" le plus souvent leurs souffrances.

Vous pouvez peut être nous aider à projeter ce film que ce soit dans des lieux non dédiés habituellement à la prévention (exemples : projection entre midi et deux en entreprises, campings, marchés, hall d'attente.... ) ou autres. Toutes les idées sont les bienvenues pour permettre à des femmes et à leur entourage de mieux comprendre ce qu'est la spirale de la violence et de découvrir des moyens pour en sortir.

Caroline Fauchon a dit…

Dommage que le site soit fermé.
J'aurais aimé regardé ce documentaire.
je suis victime qui vient de s'en sortir il y a qu'une semaine à peine...

Marcelle a dit…

Bonjour
j habite à Melun et je recherche un psychiatre qui pourrait m'aider à sortir de tout ça de cette dépendance de cette violence pouvez vous me conseiller quelqu un
merci de votre aide

PENARANDA PEREZ Emma a dit…

Bonjour,
Celà fait 6 ans que j'ai réussi à quitter mon mari qui exerçait une violence psychologique depuis près de 10 ans.Encore aujourd'hui j'ai du mal à réaliser cette situation car je lui donnais "raison"ou en effet, je lui pardonnais car il n'était plus lui-même dans ces moments où il me piétinait.

J'ai bien été suivie par des professionnels du monde psychiatrique mais en étant victime j'ai tout perdu : logement, enfants, boulot, et presque la vie.

Donc, je ne me sens toujours pas reconnue et soutenue par la justice morale et judiciaire. C'est moi qui passe pour la "mauvaise".

Aujourd'hui je vis seule et libre. Parfois c'est super mais mes enfants me manquent et continuent à vivre avec leur père.

Je reste dans le circuit, le cycle de la paralysie et des angoisses.

C'est injuste et alarmant car la responsabilité du "mari" n'a jamais été mis en lumière.

Je vous souhaite beaucoup de courage et de persévérance. Ça vaut vraiment la peine.

Cordialement. Emma