jeudi 20 janvier 2011

Témoignage édifiant sur les violences que peuvent représenter une mauvaise prise en charge et des soins inappropriés chez une jeune victime de viol



Il s'agit du témoignage émouvant de la mère de cette jeune victime de viol qui a soutenue et entourée sa fille et qui s'est battue pour faire entendre la souffrance de sa fille auprès des médecins et pour la protéger de soins totalement inadaptés, qui a compris bien mieux que les médecins ce qu'était une mémoire traumatique et qui a permis à sa fille d'aller mieux.

Ce témoignage fait partie de plusieurs témoignages postés sur le site memoiretraumatique.org, vous pouvez aussi y trouver les témoignages lus pendant le colloque de l'association du 10 novembre 2010 sur les violences sexuelles :

cliquez sur le lien



Madame,


Je viens de lire vos propositions pour la prise en charge des victimes d’agression sexuelle. Pour la première fois depuis trois ans, j’ai le sentiment que les multiples interrogations que j’ai eu, les certitudes, les choix difficiles apparaissent entre les lignes de vos propositions. Je vais vous apporter mon témoignage de simple maman, puisse-t-il vous aider, être une petite goutte d’eau dans votre action.


Voici trois ans, ma fille cadette alors âgée de 17 ans, a été emmené par sa meilleure amie chez un monsieur de 40 ans qui l’a agressée sexuellement et chez qui elle a été séquestrée, insultée, menacée de mort, une nuit entière. Je vais vous résumer son parcours au niveau de la justice qui, bien que navrant, est malheureusement banal, mais je crois que celui de sa prise en charge médicale vous étonnera peut-être. Quelques mois plus tard, elle s’est confiée à sa sœur puis à moi et elle a porté plainte.


L’enquête a été particulièrement longue, elle a « subi » une première « expertise » par un psychologue qui mit en cause la parole de ma fille, lors d’un entretien qui se déroula porte ouverte. Il a fallu attendre deux ans pour que l’agresseur soit entendu puis relâché.


Durant la première année, ma fille a été déscolarisée et a passé son bac sans avoir été en cours. Elle a ensuite voulu entamer une année de droit puis une année de lettres mais son état de santé l’a contrainte à abandonner. Les événements liés à l’enquête, confrontations, convocations… la rattrapaient toujours. L’an passé elle a reçu l’avis de classement sans suite, puis le dossier de l’enquête avant de décider de faire appel.


Cela fait maintenant un an et elle vient d’être convoquée chez le juge d’instruction et elle ne pense plus être en mesure de poursuivre plus loin l’action judiciaire pour des raisons de santé.


Durant la première année ma fille a commencé à développer tous les symptômes qui sont décrits sur votre site : stress, insomnie, cauchemars, souvenirs intempestifs, elle entendait ou revivait son agression et toutes les agressions de l’enquête, confrontations etc.. Pendant longtemps elle m’a dissimulé ces troubles qui l’effrayaient. Elle a rencontré psychologue, psychiatre sans avoir l’écoute qui lui convenait pendant deux ans. Les traitements à base d’antidépresseurs ne semblaient pas l’aider ou du moins pas suffisamment. Au bout de deux ans, dans le cadre d’une association d’aide aux victimes, elle a enfin rencontré la psychologue qui la suit depuis plus d’un an.


Après avoir eu l’avis de
classement sans suite et après avoir demandé la réouverture du dossier, l’anxiété de ma fille s’est accrue considérablement et elle a fait une tentative de suicide en prenant des médicaments quelques jours avant l’anniversaire de ses 20 ans. Je l’ai emmenée aux urgences, on me dit très vite qu’elle était hors de danger mais sa sœur et moi n’avons pas eu le droit de la voir. Le psychiatre responsable du service psychiatrie nous a rencontrées pour nous expliquer le « protocole » : « En cas de tentative de suicide le patient est isolé de sa famille ». Nous avons tenté de lui expliquer les circonstances de son geste et nous lui avons dit également qu’elle devait sans doute demander à nous voir et que cela la rassurerait. Ce monsieur nous a affirmé que ma fille avait accepté de se faire hospitaliser et qu’elle ne demandait pas à nous voir. Sa sœur et moi-même avions conscience de la nécessité d’une prise en charge mais il nous semblait inconcevable de la priver de sa famille en des moments si difficiles. Sa sœur aînée a dit au psychiatre : « Mais c’est le classement sans suite, les témoignages qui ont déclenché cela, ma sœur allait mieux, elle avait même des amis à la faculté. » Il lui fut répondu : « Si elle était morte, elle n’aurait plus d’amis, plus de famille, et puis cela n’a pas empêché qu’elle fasse une tentative de suicide. »


Nous avons pendant la nuit cherché une solution et le lendemain nous avons présenté une lettre de ma fille hospitalisée précisant que j’étais son référent. Devant le refus des infirmières, j’ai rencontré une personne de la direction qui m’a reçue et a convoqué le psychiatre. Celui-ci a alors dit que si je rencontrai ma fille, il ne l’accepterait pas dans son service et qu’elle devait accepter de sortir contre avis médical. Lorsque sa sœur et moi avons enfin pu la rencontrer, nous avons appris que depuis la veille, elle demandait à nous voir et qu’elle avait accepté de faire hospitaliser sans savoir qu’elle ne pourrait pas nous rencontrer. Nous sommes sorties au plus vite de cet hôpital.


L’état de ma fille demeurait très inquiétant.
Sa souffrance était très importante et omniprésente, elle éprouvait le besoin d’une prise en charge hospitalière. Nous avons donc rencontré son médecin traitant qui lui a conseillé une clinique privée. L’hospitalisation de ma fille a eu lieu deux semaines plus tard. J’ai accompagné ma fille et, avec son accord, j’ai rencontré le psychiatre pour lui expliquer ce que ma fille avait subi. A ce moment là, elle avait des difficultés d’élocution proche du bégaiement et s’exprimait très difficilement devant d’autres personnes que sa famille. Néanmoins, je peux dire que ce monsieur était au courant de son vécu.


Ma fille était en attente de prise en charge psychologique et dés les premiers jours, elle me disait vouloir rencontrer la psychologue et participer à des groupes de paroles. Au bout de quelques jours je la vis de plus en plus diminuée. Elle ne pouvait plus parler. Elle n’avait plus le contrôle de la mâchoire inférieure et était visiblement la personne la plus médicamentée de la clinique. M’inquiétant, je réussis à avoir le psychiatre au téléphone qui me dit : « avant de rencontrer la psychologue il faut calmer l’anxiété de votre fille et nous soupçonnons une autre maladie car votre fille a des hallucinations.»


Le lendemain, je rencontre ma fille et lui pose quelques questions et là, elle me dit tristement : « on m’a dit que j’avais une autre maladie et que je devrais prendre des médicaments toute ma vie. Je n’ai pas osé te le dire mais j’ai des hallucinations ». Je continue à lui poser des questions sur ce qui s’est passé dans le service et sur le contenu de ses hallucinations. Je réalise alors trois choses : premièrement la fatigue de ma fille est telle qu’elle a de grandes difficultés pour s’exprimer et que ses crises de dissociation s’expriment de façon pauvre : « j’entends des voix, on crie sur moi, on va me tuer, les gens veulent m’agresser » puis les injections pour la calmer, l’endorment profondément. En second lieu, ma fille se croit folle, et n’est pas étonnée par le diagnostic à peine dissimulé, de schizophrénie, il fait écho à tous les étranges symptômes qu’elle dissimule depuis plusieurs années. Enfin en continuant à l’interroger, elle me décrit plus en détail le contenu de ces états et je réalise qu’ils correspondent tous à une réalité de son passé : la lecture de témoignages qui l’agressent, l’agression proprement dite, elle entend des phrases que j’ai lu dans le dossier, elle décrit des endroits précis (l’appartement, la gendarmerie) j’apprends aussi que personne dans la clinique ne lui a posé les questions que je lui pose. Je lui dis alors que ce qu’elle vit correspond à des souvenirs bien réels et que ce ne sont pas des hallucinations. Je lui conseille d’en parler à la psychologue ou au psychiatre.

Durant les jours qui suivent ma fille essaiera en vain de rencontrer la psychologue. Elle tombera à plusieurs reprises avec une tension qui chute à 7. Elle garde encore aujourd’hui les cicatrices de ses chutes. En colère, elle se heurte à un des psychiatres et trouve l’énergie de sortir de la clinique une semaine plus tard après quinze jours d’hospitalisation. C’est la deuxième sortie contre avis médical.


Nous rencontrons son médecin traitant qui découvre que ma fille a un traitement extrêmement lourd : Risperdal à haute dose, Tercian, injections de calmant dont j’ai oublié le nom et arrêt des antidépresseurs. En une semaine, malgré le contexte psycho-traumatique, ma fille a été traitée pour schizophrénie. Son médecin traitant diminue les doses de Risperdal et la place sous antidépresseur avec des anxiolytiques. Nous trouvons un hôpital de jour à 50 km qui pratique des activités basées sur la voix et le chant. Cela aide beaucoup ma fille qui s’y rend une fois par semaine.


Le médecin traitant de ma fille lui fait lire le compte rendu fait par le psychiatre de la clinique : il évoque un contexte traumatique sans le lier réellement aux symptômes. Durant les mois qui ont suivi, ma fille a eu plusieurs épisodes dissociatifs devant moi. J’ai remarqué qu’ils étaient toujours déclenchés par une lumière particulière, une fenêtre. Je l’ai rassurée, je lui disais qu’il s’agissait de souvenirs, je lui ai demandé de dire ce qu’elle voyait et j’ai constaté à chaque fois qu’il s’agissait de souvenirs précis. Je l’ai aidée comme je pouvais à sortir de ces souvenirs, en se rappelant qu’elle était sortie de l’appartement où elle a été agressée, qu’elle était sortie de la gendarmerie où elle avait revu son agresseur. Je la guidai parfois pour trouver la porte. A chaque fois que je pouvais faire cela, elle se calmait progressivement et se sentait beaucoup mieux en revenant à elle.


Ma fille avait des épisodes où sa souffrance était insupportable et j’ai parfois tenté de lui obtenir de l’aide en allant aux urgences. Je croyais naïvement qu’on pourrait lui administrer un calmant pour atténuer momentanément sa souffrance. En rencontrant une infirmière, je posais simplement la question et elle me répondit : cela dépend de l’interne. Puis au fur et à mesure des questions qu’elle posait, je réalisais que l’on soupçonnait ma fille d’être en manque de drogue. Ce jour là ma fille sortit sans aucune aide. J’ai d’ailleurs pensé que si sa prise en charge n’était pas satisfaisante, celle des jeunes en état de manque ne devait pas l’être non plus et qu’il fallait être inhumain pour ne pas soulager de telles souffrances qu’elles soient dû à un état de manque ou à un traumatisme.


J’ai remarqué qu’il y avait un décalage important entre les émotions que ma fille ressentait et les manifestations anxieuses et j’ai tenté au quotidien de réduire ce décalage et de l’encourager à s’exprimer soit directement soit en écrivant pour ses rendez-vous avec sa psychologue.


Dans le même temps la juge d’instruction qui avait accepté immédiatement de rouvrir le dossier a demandé une nouvelle expertise psychologique. Cette dame a fait l’effort de chercher quelqu’un de compétent et nous avons dû faire 150 km pour nous rendre au rendez-vous…


Ma fille a ensuite tenté d’arrêter elle-même ses anti-dépresseurs et a fait une rechute au mois de juin, un peu avant la date anniversaire de son agression. Les anxiolytiques qui lui furent prescrit (Lysanxia puis Xanax) semblaient augmenter ses crises d’anxiété, qui étaient telles qu’elle perdait conscience durant plus d’une demi-heure. Elle a dû être mise sous oxygène par les pompiers à plusieurs reprises. Elle a été hospitalisée deux jours en psychiatrie. Là, elle a précisé qu’elle ne voulait pas de neuroleptiques et malgré cela, dés le premier jour elle en a eu associés à de l’Effexor et du Temesta. En sortant deux jours plus tard, son médecin traitant a commencé à être ébranlé par tant d’avis médicaux convergents (mais sans doute motivé par un seul dossier médical ) et a évoqué la nécessité de poursuivre le médicament prescrit. Ma fille avait eu des difficultés à arrêter le Risperdal quelques mois auparavant. Ses troubles par contre étaient apparus après l’arrêt des antidépresseurs et avec la prise de Lysanxia et de Xanax. Nous avons donc décidé de poursuivre uniquement le traitement par Effexor et Temesta. Celui-ci a beaucoup aidé ma fille. Elle a pu reprendre la lecture. Les crises d’angoisses sont gérables et baissent considérablement sous Témesta à dose correcte. En août ma fille a fait une cure à Néris-les-Bains. Les massages lui furent très bénéfiques.


Depuis le mois de septembre, elle est partie vivre la semaine chez son frère dans une ville à plus de 100 km pour reprendre une vie sociale avec des jeunes de son âge. Elle a entamé une formation pour s’orienter vers un BTS en alternance. Elle continue à voir très régulièrement sa psychologue. Elle avait décidé d’arrêter la procédure mais a été convoquée par la juge d’instruction. Elle vient d’apprendre qu’il n’est pas possible d’arrêter la procédure. Bien sûr elle n’a pas été bien. Elle a eu de nouveau des épisodes de souvenirs non maîtrisés mais elle a lu votre phrase : « des manifestations normales à une situation anormale »…elle a lu vos articles et elle est maintenant persuadée de ne pas être ni psychotique ni schizophrène.


Cela lui a permis de continuer son stage, de retourner chez son frère, d’être moins exigeante envers elle-même et en étant moins anxieuse devant les symptômes de son traumatisme, l’anxiété est globalement moins importante même si les circonstances restent difficiles.


Pour accompagner ma fille ces dernières années, j’ai été contrainte de me mettre en arrêt maladie. J’ai été plus d’un an avec la moitié d’un salaire, je suis en surendettement, j’ai fait le choix sans hésiter de sacrifier ma vie professionnelle. Pour garder les idées claires, je n’ai jamais pris de médicaments, j’ai pratiqué la brain-gym pour gérer la fatigue et le stress, j’ai dévoré des milliers de pages médicales en Français et en Anglais sur Internet. Le vide existant au niveau d’une bonne prise en charge médicale ne m’a pas laissé le choix, mais j’ai eu conscience que cette absence de prise en charge correcte constituait pour ma fille un traumatisme supplémentaire avec une nouvelle mise en danger, une perte de confiance en son environnement médical.


Souvent ma fille évoque les personnes agressées qui n’ont pas le soutien de leur famille ou pis encore, celles dont on met la parole en doute au sein même de la famille. Comment survivre ?


Bien sûr, j’ai eu le sentiment de prendre des risques en faisant confiance en mon intuition. Je suis certaine d’avoir fait des erreurs dans ce parcours pour lequel je ne m’étais pas préparée. Néanmoins le fait de voir ma fille s’exprimer, pleurer, rire, prendre de l’autonomie, choisir une direction est une joie pour moi. Les feux orange clignotant de l’inquiétude d’une maman sont toujours prêt à s’activer et, actuellement mon travail consiste à les entretenir à bon escient, c'est-à-dire être là quand il faut, seulement quand il faut.


Je me pose cependant une question, au niveau médical, quand je vois les études et les enquêtes sur les schizophrènes et les terrains à risque de cette maladie. Les études se situent toujours sur un diagnostic établi et que l’on ne remet pas en cause. Or le diagnostic ne s’appuie que sur une série de symptômes qui se répètent dans le temps. Si on prend pour exemple des personnes ayant subi un traumatisme, les symptômes de stress post-traumatique alliés à la mauvaise prise en charge de ces malades, et donc à la répétition de ceux-ci dans le temps, peuvent permettre de faire un diagnostic de schizophrénie erroné pour peu que l’on ne fasse pas de lien entre les états dissociatifs et les traumatismes antérieurs. Dans les mêmes enquêtes sur la schizophrénie on voit que les traumatismes durant l’enfance font partie d’un terrain favorable, ainsi que les facteurs environnementaux. Or en changeant de point de vue, il semble légitime de se demander si tous les schizophrènes diagnostiqués dans ce cas ne sont pas des personnes souffrant de SPT.


De même on parle des effets du cannabis à forte dose, je suis bien sûr persuadée que cette substance est nocive, néanmoins on peut remarquer également que la souffrance due au stress post-traumatique favorise la prise de drogue ou d’alcool pour soulager cette souffrance. Il n’est donc pas inopportun de penser qu’un certain nombre de ces schizophrènes diagnostiqués sont des personnes victimes de traumatismes non pris en charge, et dont l’état s’est détérioré avec la prise de ces substances. Ce qui me semble dramatique c’est la difficulté pour remettre en question des diagnostics établis. Il semble difficile de faire part de mon sentiment voire de l’expérience de ma fille sur le net sans risquer de donner de faux espoirs à de vrais malades, ce qui serait désastreux voire dangereux. J’ai essayé d’en parler avec le psychiatre qui avait suivi ma fille à la clinique mais il était tellement difficile pour lui de remettre en cause son diagnostic et tellement facile pour lui de penser qu’une mère qui refuse le diagnostic est une chose tellement courante, normale, compréhensible, que j’ai bien vu qu’il ne m’écoutait pas.


Alors la seule solution que je vois, est de vous écrire mon simple avis, peut-être pourrez vous grâce à vos formations permettre à vos confrères d’éviter des épidémies de schizophrénie, de psychotiques hypermédicamentés (je me demande d’ailleurs si certains laboratoires n’ont pas un intérêt financier à favoriser cette épidémie, à financer des enquêtes). Vous pouvez utiliser mon témoignage comme vous le désirez pour favoriser la création de centre d’accueil pour les victimes ce qui me semble la solution la plus satisfaisante pour elles.


Avec tous mes remerciements pour votre action.


À voir un spectacle de la Compagnie Dé(s)amorce(s) "Avez-vous eu le temps de vous organiser depuis la dernière fois"

Ou "Comment résister à la tentation de reproduire des rapports de domination qu’on combat par ailleurs ?"

Je m'associe à l'AVFT pour vous présenter cette pièce, en reprenant leur présentation :

"La Compagnie Dé(s)amorce(s) nous propose à partir de vendredi 21 janvier un spectacle intitulé "Avez-vous eu le temps de vous organiser depuis la dernière fois qu'on vous a vus ?", d'après Anarchie en Bavière de Fassbinder.

Loin de s'éloigner du théâtre militant et des droits des femmes,
"Avez-vous eu le temps de vous organiser depuis la dernière fois qu'on vous a vus ?" questionne notamment les rapports de domination au sein des groupes et la place des femmes dans ces derniers.

Nous vous invitons à prendre connaissance de l'interview de Thissa d'Avila Bensalah réalisée par Clara Domingues pour Clara Magazine au sujet de la pièce, à visiter le blog du spectacle. Mais surtout, à aller le découvrir par vous-même !

"Avez-vous eu le temps de vous organiser depuis la dernière fois qu'on vous a vus ?"
Une création collective mise en scène par
Thissa d'Avila Bensalah,
Avec
Adélaïde Bon, Adrien Cauchetier, Gilles Geenen, Marion Harlez-Citti, Stanislas Siwiorek, Isabelle Woussen

Assistanat à la mise en scène : Eva Peysson, Dramaturgie : Sarah Cillaire, Musique : Mathieu Boccaren, El Pueblo (Sergio Ortega / Mathieu Boccaren), Le pôle Sud (Louise Michel / Mathieu Boccaren), Lumière : Manuel Desfeux, Scénographie : Julia Kravtsova, Assistanat à la scénographie et régie plateau : Benjamin Gatti, Vidéo : Julie Simonney, Collaboration chorégraphique : Anna Rodriguez, Costumes : Maria-Adélia et Alice Duval, Régie lumière : Leslie Sevennier

Maison de l'Arbre, 9 rue François Debergue - 93100 Montreuil - Métro Croix de Chavaux (sortie n°4) à deux pas du métro
Plein tarif : 12 euros - Tarif réduit : 9 euros (Demandeurs d'emploi, étudiants, retraités, habitant de Montreuil) - Tarif scolaire : 5 euros

Pour réserver vos places, écrivez à desamorces@yahoo.fr ou téléphonez au 06 66 32 12 67. Les représentations des 21 et 27 janvier sont déjà complètes. "

Invitation pour présenter les actes du colloques "violences envers les femmes, le NON des femmes handicapées" par la FDFA et les éditions l'Harmattant


INVITATION

L’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir – FDFA et les éditions de l’Harmattan ont le plaisir de vous convier à la présentation de l’ouvrage

Violences envers les femmes :

le NON des femmes handicapées

Actes du colloque du 19 juin 2010

Suivie d’une séance de signature et d’un apéritif amical

le 4 février 2011 à 18 heures

Maison des Associations du 15ème arrondissement

22, rue de la Saïda – 75015 PARIS

Programme de la soirée :

18h00 : accueil des participants

18h30 : discours de Maudy Piot, Présidente de FDFA, d’Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris (sous réserve), de Fatima Lalem, adjointe au Maire de Paris en charge de l’égalité femmes/hommes (sous réserve), de Nadine Cottet, directrice de la Maison des associations du 15ème arrondissement

19h00 : Présentation de l’ouvrage par Michelle Perrot, historienne, par le Dr Muriel Salmona, psychiatre psychothérapeute, responsable de l’antenne 92 de l’institut de victimologie, par Alain Piot, sociologue et/ou autres intervenant-es du colloque

19h45 : questions avec la salle

20h00 : séance de signature

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Merci de vous inscrire par mail : fdfa.asso@free.fr

ou par téléphone au 01 45 66 63 97

Salle accessible aux personnes à mobilité réduite


mardi 18 janvier 2011

L'AVFT lance un appel à soutien pour une victime de viols

Les 21, 22 et 23 mars 2011, la Cour d’Assises de la Moselle jugera M. P. pour des viols commis par l’utilisation de la contrainte psychologique et économique sur une jeune femme dont il était l’employeur. L’absence de consentement de la victime sera au cœur du débat juridique.

L’AVFT lance un appel à soutien

le 16 janvier 2011

Anne a été victime, entre 17 et 19 ans, d’agressions sexuelles et de viols commis par le directeur d’une maison de quartier, M. P., retraité de la SNCF de 60 ans, alors qu’elle était animatrice.

Après une plainte et une instruction qui aboutit à une ordonnance de non-lieu, la chambre de l’instruction de Metz prend le contre-pied de cette première décision et ordonne, contre les réquisitions du procureur général, la mise en accusation de M. P devant la Cour d’Assises de la Moselle. Cette ordonnance d’une rare qualité fait une part importante à la question du consentement de la victime. Elle emprunte largement les analyses de l’AVFT qui s’était constituée partie civile devant la chambre de l’instruction, sur les stratégies de M. P pour agresser et violer Anne.

Les magistrat-e-s ont en effet considéré que "la grande différence d’âge existant entre eux, leur différence de personnalité et d’expérience de vie, une situation pouvant faire apparaître Mme C sous la dépendance économique et professionnelle de M. P, le tout pouvant générer une totale emprise psychologique exercée sur Mme C, qui serait alors soumise à une contrainte morale très forte, puisque étant placée dans une situation de fragilité et de faiblesse face à M. P., il apparaît que suffisamment de charges peuvent être réunies qui priveraient les relations sexuelles matériellement établies, ayant existé entre Mme C et M. P, du réel et libre consentement de la jeune femme, et qui permettent donc de recevoir la qualification criminelle de viols ".

La chambre de l’instruction va même jusqu’à faire siennes les analyses féministes défendues par l’AVFT dans ses conclusions :

" L’absence d’opposition, de résistance ou de rébellion face à des manoeuvres entreprenantes ne signifie pas nécessairement une adhésion librement consentie à des rapports sexuels : accepter librement, ce n’est pas céder et se soumettre ".

Cette ordonnance tranche avec l’interprétation très restrictive de la contrainte généralement faite par les magistrats, qui ne permet que trop rarement une prise en compte de la contrainte morale et économique et aboutit trop souvent à l’impunité de ceux qui arrivent à leurs fins en usant leurs victimes à petit feu et en faisant usage de leur pouvoir.

C’est de ces analyses que les parties civiles (Anne, son avocat et l’AVFT) devront convaincre les juges et le jury populaire de la Cour d’Assises de la Moselle. Ce procès est donc d’une importance capitale pour Anne et pour toutes les femmes victimes de violences sexuelles commises par une personne qu’elles connaissaient, que ce soit au travail, dans la famille ou dans le cercle social.

Comment soutenir Anne pour ce procès ?

Compte tenu de la longueur des procédures et des obstacles(1) qu’Anne a déjà rencontrés, elle ne peut affronter seule les frais afférents à ce nouveau procès en raison de ses faibles revenus.

En outre, une procédure en dénonciation calomnieuse et diffamation contre elle, suite à la plainte de M. P. et renvoi par le parquet, est également en cours.

Le budget prévisionnel pour ces deux procédures s’élève à près de 9000€, dont une partie a déjà été avancée à Anne par l’AVFT, qui ne pourra pas s’engager plus avant financièrement.

Cette somme comprend :

Les sommes déjà avancées :
- Les frais afférents aux multiples audiences devant la chambre de l’instruction de Metz : environ 5500 euros, frais de déplacements de Me Ovadia, avocat au barreau de Paris, compris.
- Les honoraires de Me Colin, avocat à la Cour de Cassation, qui a répondu au pourvoi de M. P. : 500 euros

Les frais à venir :

- Procédure pour diffamation et dénonciation calomnieuse : environ 2000 euros
- Frais divers - transport, hébergement, restauration - pour la Cour d’Assises : environ 800 euros.

Ces frais sont très raisonnables pour des procédures de ce type grâce à l’engagement de Me Ovadia qui défendra Anne devant la Cour d’Assises au titre de l’aide juridictionnelle et de Me Colin qui a pratiqué des honoraires modérés.

Vous pouvez soutenir Anne et participer à l’action de l’AVFT (Formulaire à télécharger) :
- en faisant un don au fonds de solidarité au nom d’Anne. Ce don, pour lequel vous recevrez un reçu fiscal, vous donne droit à une réduction d’impôts de 66%. Si vous êtes imposable, un don de 100€ ne vous coûtera en fait que 34€. Chèque à libeller au nom de « AVFT - solidarité Anne », à adresser à l’AVFT, 51 bd Auguste Blanqui - 75013 Paris, ou par virement sur le compte bancaire de l’AVFT (RIB à télécharger).
- en assistant à la session de la Cour d’Assises
- en envoyant vos messages de soutien

La procédure pour viols : en résumé

Anne dépose plainte pour viols le 16 juillet 2004.

Suite à une enquête de gendarmerie exceptionnelle, des dizaines de témoignages d’adolescentes et de jeunes femmes sont recueillis. Ils attestent a minima d’attitudes malsaines, au pire d’attouchements sexuels ou de viols sous contrainte, dans des circonstances similaires à celles dans lesquelles Anne a été violée par M. P.

Après une instruction critiquable à bien des égards, à commencer par la quasi-absence de la parole de la victime en raison du désinvestissement total de l’avocate qui la représentait à l’époque, une ordonnance de non-lieu pour insuffisance de charges est rendue le 20 février 2007.
Cette ordonnance est principalement fondée sur l’existence de messages que M. P. avait demandé à Anne de laisser sur son répondeur, dans lesquels elle lui dit qu’elle a besoin de lui, qu’elle est d’accord pour accéder à ses demandes, et qu’il avait pris soin de conserver en vue de se prémunir d’une éventuelle plainte.

Anne rencontre alors un avocat du barreau de Metz, qui pense pouvoir faire infirmer l’ordonnance de non-lieu et qui accepte de la défendre à l’aide juridictionnelle.
Il fait donc appel de l’ordonnance de non-lieu pour Anne tandis que l’AVFT se constitue partie civile à ses côtés.
Le 2 octobre 2007, soit une semaine avant l’audience de la chambre de l’instruction, son avocat lui adresse une facture de 418€ et la menace de ne pas se présenter à l’audience si elle ne le règle pas, en violation de la règle selon laquelle un avocat n’a pas le droit de facturer d’honoraires à une cliente qu’il a accepté de défendre au titre de l’aide juridictionnelle totale. Acculée, elle lui adresse un chèque de 50€. Suite à la constitution de partie civile de l’AVFT, l’audience est finalement renvoyée à une date ultérieure.

Anne révoque alors son avocat et lui enjoint d’annuler sa facture. Avec l’AVFT, elle tente de trouver sur place (Metz) un-e avocat-e compétent-e qui accepte de la représenter à l’aide juridictionnelle. Deux avocat-e-s refusent au motif qu’il existe un risque de conflit d’intérêt du fait de leurs liens avec la commune dont dépend la Maison de quartier qui employait Anne.

Finalement, Anne décide, sur les conseils de l’AVFT, de s’adresser à Me Ovadia, avocat au barreau de Paris expérimenté en matière de défense de femmes victimes de violences sexuelles, et avec lequel l’AVFT travaille depuis de très nombreuses années. Comme l’aide juridictionnelle est soumise à une règle de territorialité(2), Anne perd ce bénéfice pendant l’instruction, alors qu’elle est en période de formation et ne perçoit par conséquent que de très faibles revenus. L’AVFT propose de lui avancer, par l’intermédiaire de son fonds de solidarité, les honoraires et les frais de déplacement de Me Ovadia.

Anne, Me Ovadia et Gwendoline Fizaine qui représente l’AVFT dans cette procédure, se déplacent plusieurs fois devant la Cour d’appel de Metz pour s’entendre dire que l’audience de la chambre de l’instruction est reportée.

Après dix renvois et reports, la chambre de l’instruction rend sa décision le 9 juin 2009, soit deux ans et demi après l’appel de l’ordonnance de non-lieu : M. P est mis en accusation devant la Cour d’assises de la Moselle pour viols. Il se pourvoit en cassation contre cette décision. Son pourvoi est rejeté le 30 septembre 2010.

Pour toute information sur les procédures et l’appel à soutien, contactez : Gwendoline Fizaine, 01 45 84 24 24, contact@avft.org

1. Voir résumé de la procédure en fin de page

2. La règle de territorialité prévoit que l’aide juridictionnelle n’est accordée qu’à la condition que l’avocat choisi soit un avocat du barreau local

Téléchargements

  • http://www.avft.org/IMG/pdf/RIB_AVFT.pdf (PDF | 57.3 ko)
  • http://www.avft.org/IMG/pdf/Formulaire_soutien_Anne.pdf (PDF | 351.5 ko)

AVFT - Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail

51 bld Auguste Blanqui
75013 PARIS
Tél : 01 45 84 24 24

dimanche 16 janvier 2011

Évènement le 22 février 2011, journée européenne des victimes sur le parvis du Trocadéro

L'association nationale pour la reconnaissance des victimes
organise le Mardi 22 fevrier 2011 de 10h à 17h
sur le Parvis du TROCADERO à Paris la " journée européenne des victimes",
avec la présence de nombreuses associations, services de l Etat, et des ateliers dédiés aux enfants.
VENEZ NOMBREUX !
À l'initiative de Marie-Ange Le Boulaire


L'association Mémoire Traumatique et Victimologie participera à cet évènement

Pour plus d'information
cliquez sur le lien suivant :

Interventions des mois de janvier et février 2011 de l'association

INTERVENTIONS DE L'ASSOCIATION PRÉVUES
EN JANVIER ET FÉVRIER 2011

1- 15 janvier 2011 à Pantin (93) formation du Dr Muriel Salmona à l'association Famille et Cité sur impact psychotraumatique des violences conjugales

2- 17 janvier 2011 à Bourg la Reine (92) GAPP (groupe d'analyse des pratiques professionnels) organisé par l'association sur le thème : Violences et Soins

3- 01 février 2011 à Paris (75) à l'AVFT (association européenne contre les violences faites aux femmes au travail) intervention dans le cadre d'un groupe de parole de victimes sur les conséquences psychotraumatiques des violences sexuelles et sexistes

4- 04 février 2011 à Paris (75) présentation de l'ouvrage : actes du colloque violences envers les femmes : le non des femmes handicapées et séance de signature organisée par L’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir – FDFA et les éditions de l’Harmattan

5- 10 février 2011 à Paris (75) demi-journée de formation au MFPF (Mouvement Français du Planning Familial) par le Dr Muriel Salmona sur le thème : genre et violences

6- 22 février 2011 à Paris (75) manifestation au Trocadéro à l'occasion de la journée européenne des victimes sur le parvis des Droits de l'Homme avec une participation de l'association avec un stand et des interventions

7- 24 février 2011 au Vésinet (78) demi-journée de formation dans le service de soins en périnatalité sur grossesse et impact psychotraumatique des violences

De plus le Dr Salmona Muriel en tant que responsable de l'Institut de victimologie du 92 et présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie participera aux sous-commissions suivantes :

-la sous commission "Accueil des femmes victimes de violences sexuelles et procédures policières" aura lieu le 25 janvier 2011 à Paris 04

-la sous-commission

"Accueil des femmes victimes de violences et procédures policières" aura lieu le 27 janvier 2011 à Nanterre 92


En mars 2011 de nombreuses interventions sont prévues autour de la journée de la femme du 8 mars à Clamart 92 (le 5 mars), à Bobigny 93 (le 7mars), à Paris (le 7 mars au soir), à Acher 78 (le 8 mars), et à Vesoul (date pas encore fixée),
le 6 et le 7 avril à Troyes, le 4 mai à Charleroi en Belgique, les 23-24 mai à Marseille dans le cadre de la société de Neuro Sciences et du club stress

et aussi des interventions sont prévues au printemps dont les dates ne sont pas fixées en Haute-Loire, à Bourg en Bresse, à Chartres et une autre en Eure et Loire

et déjà à l'automne le 23-24 septembre en Alsace (formation médicale continue), le 25 novembre à Chartres

Dr Muriel Salmona

Psychiatre - Psychotraumatologue

Responsable de l'Antenne 92 de l'Institut de Victimologie

Présidente de l'Association

Mémoire Traumatique et Victimologie


118 avenue du Général-Leclerc

92340 BOURG LA REINE


06 32 39 99 34


drmsalmona@gmail.com

www.memoiretraumatique.org


Compte rendu de l'intervention du du Dr Muriel Salmona à la journée européenne de l'Amicale du Nid du 15 novembre 2010



le compte rendu intégral des journées du 15 et16 novembre 2010 est disponible en PDF téléchargeables sur le site memoiretraumatique.org
avec les présentation de Henri Broché (président de AdN) et Geneviève Duché (vice-présidente de AdN) et les interventions de Malka Markovich (historienne représentante du CATW), Muriel Salmona (présidente de Memoire Traumatique et Victimologie), Ernestine Ronai (observatoire des violences envers les femmes du 93), Amélie Maugère (Docteure en Sciences Politiques), Dominik Golema (directeur des affaires sociale de la ville de Wroclaw en Pologne), Sandra Ayad (fondation Scelles), Philippe Avez (C2DI93), Christian Hermelin (Collège coopératif de Paris), Pascal Hureau (directeur de l'Autre Cercle de Formation), Danièle Premel (directrice du PLIE), Camille Bernard, Elsa Pastor et Anne-Gaëlle Duvochel (GEsT), Jérome Chatel et Chantal Larrieux (AdN)

les deux PDF des compte-rendu des journées sont téléchargeables sur le site memoiretraumatique.org, cliquez sur le lien ci-dessous :



INTERVENTION DU DR MURIEL SALMONA
Quelles prises en compte des violences sexuelles dans la prostitution

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