dimanche 11 avril 2021

#metooinceste : « A ceux qui n’ont pas besoin de sauver leur vie…" de Muriel Salmona

 

#metooinceste : «  A ceux qui n’ont pas besoin de sauver leur vie…"


Dre Muriel Salmona, le 11 avril 2021

Il est singulier que je sois personnellement la cible de tant d’attaques groupées (dans Causeur, dans une tribune du Monde, sur twitter depuis près d’un mois) au nom de la protection des Victimes, au moment même où le mouvement historique #metooinceste fait voler en éclat déni, loi du silence et culture du viol, provoque une prise de conscience inédite de l’ampleur de la pédocriminalité, de la gravité de ses conséquences et de sa scandaleuse impunité, et fait espérer une transformation radicale de la société, tout ce pourquoi je me bats avec acharnement depuis tant d’années. 


Pourquoi alors que nous étions si peu nombreux à nous battre, la plupart des signataires de ces attaques n’ont-ils pas défendu haut et fort les droits des victimes avec nous, dénoncé les injustices qu'elles subissaient, l’absence de protection, l’insuffisance de prise en charge et de soins, l’impunité des agresseurs ? Pourquoi n’ont-ils pas été plus choqués par les chiffres effarants des violences sexuelles faites aux enfants, pourquoi n’ont-ils pas relayé les connaissances scientifiques sur la gravité des conséquences sur la santé des violences (bien connues et étudiées depuis les années 80-90, (cf les travaux Putnam et Trickett, 1986 puis de Felitti et Anda 1998, 2010, Hillis, 2016), pourquoi n’ont-ils pas pris en compte bien plus tôt les psychotraumatismes, pourquoi ne se sont-ils pas insurgés contre l’absence de formation des professionnels et la rareté de l’offre de soins ? Pourquoi ont-ils toléré que tant de stéréotypes sexistes, de fausses représentation et de discriminations nuisent aux victimes, pourquoi sont-ils restés aveugles devant tant de préjudices en terme de santé, de vie personnelle, d’insertion sociale et professionnelle ?


Paradoxalement, alors que l'exécutif commence à reconnaître l’échec de l’État et de ses institutions dans la protection des victimes et la lutte contre la pédocriminalité, que nous obtenons la promesse d’avancées législatives (sur lesquelles il faut se concentrer pour qu’elles soient réellement protectrices pour les enfants) et de réformes ainsi que la création d’une commission inceste et violences sexuelles dans l’enfance dont je suis membre, que les droits des victimes commencent un peu plus à être à l’ordre du jour, il leur semble urgent d'écrire que ce sont mes travaux, ma lutte contre l’impunité, mon combat pour la reconnaissance des psychotraumatismes, mes plaidoyers et leur médiatisation qui sont dangereux. Plus que les procédures judiciaires maltraitantes, les discours mensongers des agresseurs, ce sont mes interventions et mes brochures qui seraient traumatisantes pour les victimes, risquant de leur faire perdre espoir ou de les inciter à relier des symptômes à des violences, le plus important pour certains semblant être le risque de fausses allégations, de syndrome d’aliénation parentale ou de faux-souvenirs (théories utilisées contre les victimes et les mères protectrices).


La réalité des violences sexuelles et de leurs conséquences psychotraumatiques, bien étudiée par toutes les enquêtes de victimologie et les recherches internationales depuis plus de 20 ans, ne peut être niée. Je n’ai rien inventé, il ne s’agit pas de concepts nés de mon imagination fertile. Il s’agit pour la médecine d’une réalité clinique et neuro-biologique malheureusement trop longtemps ignorée. Je suis loin d'être la seule à étudier avec mes patients les réminiscences visuelles, auditives, sensorielles de violences après une période d’amnésie (décrites depuis plus d’un siècle par Pierre Janet et d'autres), pour les relier éventuellement à des violences subies dans le passé. Le travail d'un soignant n'est pas de qualifier ces symptômes de faux-souvenirs, de ne pas croire les mères et les enfants qui dénoncent des violences sexuelles ; les faux-souvenirs et le syndrome d'aliénation parentale sont des théories anti-victimaires nées aux Etats Unis dans les années 90, dénoncées depuis longtemps là-bas, théories dont la démonstration n’est pas applicable au psychotraumatisme, qui ont été écartées par l'Association américaine de psychiatrie, mais qui persistent encore en Europe, (cf les travaux de Michael Salter). Je trouve étonnant que les psychiatres universitaires qui m'attaquent recommandent la lecture du livre de Bessel van der Kolk, Le corps n'oublie rien. Le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme, alors qu’il parle de « l’épidémie cachée » des traumatismes infantiles, et comme moi, avec de nombreux autres auteurs (on peut citer aussi le dernier ouvrage de la pédopsychiatre Marie-Rose Moro en France, La parole est aux enfants), étudie et décrit la mémoire et l’amnésie traumatique en vulgarisant intentionnellement ces notions pour qu’elles soient accessibles à tous !…


Pour le bien des victimes, il faut donc que je me taise, que je leur fasse croire que tout n’est pas si catastrophique, qu’elles seront protégées, choyées par la justice, bien accompagnées et prises en charge, qu’elles n’iront pas si mal, que le traumatisme ne sera pas si lourd même si elles n'obtiennent pas de prise en charge médicale, qu’elles doivent faire preuve de résilience. Je ne devrais pas leur dire que leurs symptômes et leurs souffrances sont liées aux violences qu’elles ont subies, je devrais leur dire que leurs flashbacks, leurs réminiscences sensorielles de violences ne sont peut-être que des faux-souvenirs puisque l’amnésie traumatique et la mémoire traumatique ne font parait-il pas consensus dans le monde scientifique, pourtant il suffit d’ouvrir les manuels de diagnostic les plus reconnus et utilisés au niveau international et en France pour voir qu’elles font partie des définitions cliniques de l’état de stress post-traumatique, notamment le DSM de l’Association de psychiatrie américaine depuis sa troisième édition (1980) jusqu’à la cinquième actuellement en ours, et celui de l’Organisation mondiale de la santé, la CIM 10 et bientôt 11.



Tout cela serait donc très grave de ma part… alors que de façon sourcée par des enquêtes de victimologie 70% au moins des victimes de viol disent en avoir d'importantes séquelles sur leur santé mentale (CVS Insee ONDRP, 2017, IVSEA, 2015, MTV/Ipsos, 2019), que 40% au moins décrivent des périodes d’amnésie traumatique (Williams, 1994, IVSEA, 2015, MTS/Ipsos, 2019), que les victimes de violences sexuelles dans l’enfance rapportent que près de 80% des professionnels de la santé n’ont pas fait de lien entre leurs symptômes et les violences qu’elles avaient subies (MTV/Ipsos, 2019).


Ces attaques multiples surviennent à un moment où toute notre énergie doit être au service de la cause des victimes. D’autres avant moi en ont subi de violentes, comme Catherine Bonnet, Pierre Sabourin, Bernard Lempert. Je ne suis pas une fondamentaliste scientifique, je suis une clinicienne qui a commencé par s'apercevoir dans les années 1980 qu'un grand nombre des patients vus à l'hôpital pendant mon internat puis dans mon cabinet de psychiatrie générale avaient subi de graves violences. Ce constat m'a conduit à m'intéresser à cette partie de la pathologie psychiatrique, à étudier la vaste littérature scientifique sur le sujet pour essayer d'en faire une synthèse destinée à expliciter des liens entre la neurobiologie et la clinique, et à m’engager pour que les traumatismes des victimes soient reconnus et pris en charge, ce qui à mon avis n'empêche personne de travailler dans la direction qu'il souhaite.


Dre Muriel Salmona

psychiatre, présidente de l'Association Mémoire Traumatique et Victimologie

membre de la CIIVISE et de la commission scientifique de la chaire internationale #Mukwege


Pour rappel : 


Alors que le fléau de la pédocriminalité, avec ses chiffres qui augmentent d’année en année, et de son impunité en France apparait enfin au grand jour avec 6,7 millions de victimes d’inceste (chiffre de l’enquête Ipsos pour AIVI de 2020 qu’il faut multiplier par 2 pour avoir l’ensemble des victimes de violences sexuelles dans l’enfance), 1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 sont victimes de violenes sexuelles que le nombre effarant de vidéos et de photos pédocriminelles sur le net double chaque année avec plus de 70 millions qui ont été signalées en 2019 et que la France est le est le troisième pays hébergeur de contenus à caractère pédopornographique dans le monde, le risque le plus important serait donc toujours d’exagérer, de trop dénoncer, de voir des victimes et le mal partout, de créer une panique ?


Alors que ces violences s’exercent dans 90% par des personnes connues par les victimes, dans un cadre d’inégalité et de domination sur les personnes les plus vulnérables et les plus discriminées (filles et femmes, enfants, personnes handicapées (qui subissent trois à quatre fois plus de violences), placées dans des institutions, marginalisées, racisées...) et ont pour conséquences une aggravation des inégalités, des handicaps et une précarisation des victimes. (CSF, 2008, VIRAGE, 2017 ; ONDRP, 2017 ; MTV/ Ipsos, 2019).


Alors que  de façon sourcée par des enquêtes de victimologie, 83% des victimes disent n’avoir jamais été protégées ni reconnues (IVSEA, 2015), tout au plus 10% des victimes de viols portent plainte, 74% de ces plaintes sont classées sans suite et seules 10% sont jugées en cour d’assises, alors que depuis 10 ans les condamnations pour viols ont diminué de 40% (infostatJustice, 2018), alors qu’il y a de plus en plus de viols, que 70% au moins des victimes de viol disent en avoir d'importantes séquelles sur leur santé mentale (CVS Insee ONDRP, 2017, IVSEA, 2015, MTV/Ipsos, 2019), que 40% au moins décrivent des périodes d’amnésie traumatique et bien plus en cas d'inceste, de jeune âge de la victime et quand les violences sexuelles sont répétées et durent plusieurs années (Williams, 1994, IVSEA, 2015, MTS/Ipsos, 2019), que les victimes de violences sexuelles dans l’enfance rapportent que près de 80% des professionnels de la santé n’ont pas fait de lien entre leurs symptômes et les violences qu’elles avaient subies (MTV/Ipsos, 2019).


À lire : LES VIOLENCES SEXUELLES :un psychotraumatisme majeur qu’il est essentiel de prendre en compte pour rendre justice aux victimes, les secourir, les protéger et les soigner Dre Muriel Salmona, psychiatre, présidente et fondatrice de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie : article publié dans Violences sexuelles : en finir avec l'impunité E. Ronai et E. Durand, Dunod, mars 2021 

téléchargeable sur le site : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2021_violences_sexuelles_un_psychotraumatisme_majeur.pdf


10 commentaires:

Unknown a dit…

Merci pour tout votre travail, et je vous apporte tout mon modeste soutien et vous souhaite beaucoup de courage pour continuer votre lutte qui nous fait tant de bien à nous victimes (vous ne me connaissez pas, mais je vous connais, ou plutôt je connais votre combat). Tout ce que vous racontez et étudiez, je le sais d'une autre manière que vous, je l'ai vécu. Victime d'un proche. L'amnésie traumatique jusqu'à l'âge de 32 ans. Les maux du corps (tumeur -non cancéreuse - du testicule; hernie discale L5-S1 - shakra de l'énergie sexuelle m'ont dit certaines personnes; les pépins physiques qui ont commencé dès l'époque des agressions; les angines à répétition tant que je n'avais pas recouvré une partie de la mémoire et parlé; etc ...), les conséquences sur la vie sociale, affective et sexuelle.
Que c'est dur d'être dans la vérité quand autour tout un tas de gens refusent (ou sont incapables ?) de voir l'évidence ! Encore merci pour votre immense travail qui apporte du crédit et de la légitimité à tous les témoignages que nous faisons, car tout le monde n'est pas aussi obtu que les gens qui vous attaquent aujourd'hui. Jean-Luc

Unknown a dit…

Bonjour,
J'ai entendu parler de vous et de vos travaux assez récemment.J'ai toujours su qu'il existait une mémoire traumatique.Que les conséquences de toute violence quelle qu'elle soit,sont épouvantable et nuisent à la vie sociale et professionnelle.
Malheureusement,la plupart de vos confrères et consoeurs sont très souvent sans réaction quand on leur parle de violences.C'est terrible car c'est une double peine pour les victimes dont on ne reconnaît pas les souffrances.
C'est un vrai parcours du combattant et c'est loin d'être terminé.
Il faut se battre pour se faire entendre.On a l'impression que les professionnels n'y connaissent rien en victimologie,voire ne s'y intéressent pas.
Merci à vous.

Unknown a dit…

Merci pour vos engagements essentiels contre ces horreurs perpétrées depuis si longtemps en toute impunité pour les violeurs et les abuseurs. Il y en a de sombres histoires dans les familles qui perturbent durablement les enfants directement concernés mais également les constructions familiales impliquées. Que de secrets marquent la généalogie et les répétitions mortifères. Il faut 2 générations pour "faire" un psychotique ai-je appris lors de mes études de psychologie. Soixante huitarde j'ai vécu cette pseudo libération sexuelle au service des hommes et de leurs pulsions. Ne sont-ce pas les mêmes qui vous critiquent indûment aujourd'hui ? Vous vous attaquez avec raison à un pilier de pouvoir d'une puissance inouïe. J'ai eu l'occasion de voir combien un conseil de l'ordre avait caché et soutenu des actes pédophiles avérés au nom d'une confraternité plus forte que la défense des victimes. Et il y en a tant de ces confraternités corporatistes et sexistes. Hier je réecoutais des chansons de Marie Laforêt en découvrant ses viols à 3 ans ayant ressurgir dans sa mémoire 42 ans après. Et que dire de l'histoire de Barbara et de tant d'autres artistes meurtris à jamais. Le silence autour des abus étaient entendus comme un fatalisme, une sorte de loterie de la malchance.Comment ne pas se rendre compte de l'énergie décuplée nécessaire à la vraie prise en charge des victimes et à la condamnation des bourreaux à l'abri depuis trop longtemps. Il y a urgence en effet pour ne plus être le pot de terre contre le pot de fer des pouvoirs, de l'ignorance cultivée. Et des défenses en vous prenant comme bouc émissaire. Mais vous savez combien votre combat est juste. Vous êtes majoritairement soutenue. J'y ajoute ma petite contribution par un Merci pour tout ce que vous faites et pour votre engagement si courageux.

Catherine Maupetit a dit…

Merci Murielle pour votre engagement,votre inlassable combativité au service des victimes de violences. Même si certaines victimes ne souffrent pas d'amnésie traumatique, elles restent néanmoins gravement impactées dans l'appréhension du réel, dans leurs interactions...Et le concept de résilience, aussi intéressant qu'il soit, peut être culpabilisant pour celles qui justement n'ont pas pu résister mentalement à ces violences et ont sombré dans toutes formes d'addictions, ou ont choisi des conduites d'évitement plus ou moins consciemment. Ces violences ébranlent gravement les bases de chaque individualité, et peuvent conduire au suicide des victimes . Continuez à vous battre pour elle, nous serons derrière vous.

Unknown a dit…

Un immense merci pour votre engagement, votre résistance dans ce combat juste ( et comment!) qui rend aux victimes dont j'ai été, une légitimité de paroles et de colère où puiser l'énergie pour denoncer. Oui il faut dénoncer, oui il faut parler des traumatismes, oui il faut poursuivre les criminels, oui oui oui, c'est la parole qui contribue à libérer et non la parole qui emprisonne! Mais de quoi donc ont peur les détracteurs ????..... d'être dénoncés peut-être? Merci encore

Marie-Noël Letellier a dit…

Tenez bon. il est presque normal que les agresseurs se défendent à ce moment clé de l'histoire des violences sexuelles et familiales. Quand on en a subi une même minime, mais incompréhensible pour l'enfant qu'on était, on range cela dans un coin de sa mémoire. On oublie parce que sinon , on en pourrait plus continuer à vivre en face de celui qui a commis un tel acte et en qui on avait une confiance totale. C'est toute la construction de la personnalité qui est ébranlée.
Et puis, un jour lors d'un autre événement, tout revient !!!
Je le sais, je l'ai vécu.
Si je vous avais connu à ce moment-là, j'aurais été capable de protéger mes soeurs... Hélas...
Ce qu'ils doivent savoir c'est que lorsqu'il y a inceste, c'est toute la famille qui devient victime et que cela engendre d'énorme désordres.
Ceux qui vous accusent ont quelque choses à se reprocher. Pas vous ! Marie-Noël Letellier

Marie-Noël Letellier a dit…

Tenez bon. il est presque normal que les agresseurs se défendent à ce moment clé de l'histoire des violences sexuelles et familiales. Quand on en a subi une même minime, mais incompréhensible pour l'enfant qu'on était, on range cela dans un coin de sa mémoire. On oublie parce que sinon , on en pourrait plus continuer à vivre en face de celui qui a commis un tel acte et en qui on avait une confiance totale. C'est toute la construction de la personnalité qui est ébranlée.
Et puis, un jour lors d'un autre événement, tout revient !!!
Je le sais, je l'ai vécu.
Si je vous avais connu à ce moment-là, j'aurais été capable de protéger mes soeurs... Hélas...
Ce qu'ils doivent savoir c'est que lorsqu'il y a inceste, c'est toute la famille qui devient victime et que cela engendre d'énorme désordres.
Ceux qui vous accusent ont quelque choses à se reprocher. Pas vous ! Marie-Noël Letellier

Mel a dit…

Merci d exister, sachez que vous aidez, par la justesse de votre propos énormément de gens. Ces réalités sont complexes à appréhender, pour ceux qui les vivent, ceux qui les soutiennent et tous ceux qui ne parviennent pas à intégrer la done sur les formes et l ampleur des dommages... Sans oublier qu on ne sait (moi en ts cas) pas complètement comment vivre avec au final, même avec une belle compréhension en face... Je trouve que dans le cheminement il peut en effet être essentiel à certains moment de ne pas lire tout ce qu on est à travers ce vécu là...On aimerait juste que les autres 'ceux qui nous viennent les mains nues' (pour reprendre B.) saches qu on le peut (lire tout ce qu on est à travers le prisme de ce vécu) qu on a pas le choix d ailleurs et qu il faut en passer en re et re passer par là, parceque c est aussi vrai et qu on nous a ôté l option de savoir qui on est 'sans ca'.. Chaque histoire reste singulière et peut être que certains ont pu mieux vivre leur vie en ne plongeant pas dans cette deconstruction... Je m exprimé moyennement clair, je veux dire que si les choses bougent et elles bougent, il faudra aussi qu on soit prêts à aborder la complexité de ces vécues, la multiplicité des niveaux de lectures, la part d inconnu... c est une société entière qui doit se repositionner, même quand une majorité de pro et de gens auront intégré vos données- encore merci pour ce travail vital que vous menez- le sujet ne sera pas épuisé...Bref on a du pain sur la planche et vous nous êtes indispensable. Restez forte, on est derrière vous et on ne flanchera pas. Bien à vous.

Mel a dit…

Merci d exister, sachez que vous aidez, par la justesse de votre propos énormément de gens. Ces réalités sont complexes à appréhender, pour ceux qui les vivent, ceux qui les soutiennent et tous ceux qui ne parviennent pas à intégrer la done sur les formes et l ampleur des dommages... Sans oublier qu on ne sait (moi en ts cas) pas complètement comment vivre avec au final, même avec une belle compréhension en face... Je trouve que dans le cheminement il peut en effet être essentiel à certains moment de ne pas lire tout ce qu on est à travers ce vécu là...On aimerait juste que les autres 'ceux qui nous viennent les mains nues' (pour reprendre B.) saches qu on le peut (lire tout ce qu on est à travers le prisme de ce vécu) qu on a pas le choix d ailleurs et qu il faut en passer en re et re passer par là, parceque c est aussi vrai et qu on nous a ôté l option de savoir qui on est 'sans ca'.. Chaque histoire reste singulière et peut être que certains ont pu mieux vivre leur vie en ne plongeant pas dans cette deconstruction... Je m exprimé moyennement clair, je veux dire que si les choses bougent et elles bougent, il faudra aussi qu on soit prêts à aborder la complexité de ces vécues, la multiplicité des niveaux de lectures, la part d inconnu... c est une société entière qui doit se repositionner, même quand une majorité de pro et de gens auront intégré vos données- encore merci pour ce travail vital que vous menez- le sujet ne sera pas épuisé...Bref on a du pain sur la planche et vous nous êtes indispensable. Restez forte, on est derrière vous et on ne flanchera pas. Bien à vous.

Mel a dit…

Merci d exister, sachez que vous aidez, par la justesse de votre propos énormément de gens. Ces réalités sont complexes à appréhender, pour ceux qui les vivent, ceux qui les soutiennent et tous ceux qui ne parviennent pas à intégrer la done sur les formes et l ampleur des dommages... Sans oublier qu on ne sait (moi en ts cas) pas complètement comment vivre avec au final, même avec une belle compréhension en face... Je trouve que dans le cheminement il peut en effet être essentiel à certains moment de ne pas lire tout ce qu on est à travers ce vécu là...On aimerait juste que les autres 'ceux qui nous viennent les mains nues' (pour reprendre B.) saches qu on le peut (lire tout ce qu on est à travers le prisme de ce vécu) qu on a pas le choix d ailleurs et qu il faut en passer en re et re passer par là, parceque c est aussi vrai et qu on nous a ôté l option de savoir qui on est 'sans ca'.. Chaque histoire reste singulière et peut être que certains ont pu mieux vivre leur vie en ne plongeant pas dans cette deconstruction... Je m exprimé moyennement clair, je veux dire que si les choses bougent et elles bougent, il faudra aussi qu on soit prêts à aborder la complexité de ces vécues, la multiplicité des niveaux de lectures, la part d inconnu... c est une société entière qui doit se repositionner, même quand une majorité de pro et de gens auront intégré vos données- encore merci pour ce travail vital que vous menez- le sujet ne sera pas épuisé...Bref on a du pain sur la planche et vous nous êtes indispensable. Restez forte, on est derrière vous et on ne flanchera pas. Bien à vous.