jeudi 30 avril 2015

Pétition STOP aux châtiments corporels : pour qu’une loi interdise explicitement toutes les violences éducatives envers les enfants !



à l'occasion de la journée de la non- violence éducative lAssociation Mémoire Traumatique et Victimologie lance une pétition à signer et à partager


Stop aux châtiments corporels ! 
Pour qu’une loi interdise explicitement toutes les violences éducatives envers les enfants !

cliquez sur le lien:



À l’attention de Mr le Président de la République Française, de Mme la Ministre de la Famille et de tous les parlementaires


Alors que nous avons fêté le 20 novembre 2014, le 25e anniversaire de l’adoption par les Nations-unies de la Convention internationale des droits de l’enfant, et que la France vient d’être condamnée le 4 mars 2015 par le Conseil de l’Europe pour ne pas interdire explicitement l’usage des châtiments corporels envers les enfants dans sa législation. Comment la France – pays des droits de l’homme – peut-elle encore transgresser les droits fondamentaux des enfants, en n’interdisant toujours pas au sein de la famille le recours à des méthodes éducatives violentes physiquement et psychologiquement, basées sur les châtiments corporels, la peur, l’humiliation et la privation ?

Des recommandations répétées

Pourquoi ne tient-elle pas compte des recommandations du rapport 2013 du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, de celles du Comité des droits de l'enfant qui à deux reprises du (2004, 2009) lui a demandé d'interdire expressément les châtiments corporels dans tous les contextes, y compris la maison, ni des conclusions du Comité des droits européens des droits sociaux qui pour les mêmes raisons a déclaré à plusieurs reprises que sa situation n'est pas conforme à la Charte sociale européenne ?

Comment tolère-t-on que les enfants, qui sont des personnes vulnérables, fragiles et dépendantes, soient les seuls en France dont on n’ait pas à respecter totalement l’intégrité physique et psychique, et qu’on puisse taper, gifler, pincer, fesser, humilier sous couvert d’éducation et de droit de correction ?

Un "droit de correction" qui n'a pas de sens

Comment ce droit coutumier de correction toujours en usage, reconnu par la Cour suprême en 1819 et s’exerçant dans le cadre de l’autorité parentale, peut-il être conciliable avec le devoir de "protéger l’enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement dans le respect de sa personne" (article 371-1 du code civil) ?  Pourquoi n’est-il pas abrogé ?

En toute incohérence frapper un adulte – même beaucoup plus fort que soi –, l’humilier verbalement est considéré comme une atteinte à ses droits et à sa dignité, alors que frapper un enfant – même tout petit – et l’humilier, peut être considéré comme normal pour un parent, si c’est pour le corriger et l’éduquer. Aimer et élever son enfant serait donc conciliable avec le fait de lui faire mal physiquement et psychologiquement. Ce sont les "Qui aime bien, châtie bien" et "C’est pour ton bien" qu’Alice Miller a si bien dénoncés (1).

Des conséquences traumatiques

Alors que toutes les violences qui s’exerçaient au sein du couple sous couvert d’amour et d’un "droit patriarcal" de domination et de possession : "C’est MA femme, j’en fais ce que je veux !", ne sont plus acceptables et sont considérées comme des délits ou des crimes avec circonstances aggravantes, certaines de ces violences restent étrangement valables dans la famille quand elles s’exercent sur les enfants par des adultes ayant autorité.

La famille est une véritable zone de non-droit où il est toujours possible d’exercer des violences physiques et psychologiques : "C’est MON enfant, je l’élève comme je veux !"

La méconnaissance des conséquences traumatiques des violences éducatives sur le développement, l’estime de soi et la santé des enfants favorise la tolérance, la banalisation, voire la valorisation des violences éducatives en France. Cela donne aux parents un permis en toute "innocence" de taper, menacer et humilier leurs enfants, aussi petits soient-ils puisqu’un pourcentage important des violences éducatives commencent avant 2 ans, et plus de la majorité avant 7 ans.

La punition physique génère de la maltraitance

Elles sont considérées comme une norme sociale qu’il ne faut pas remettre en question puisqu’elles seraient indispensables pour assurer une discipline efficace et une éducation digne de ce nom. Et c’est une très grande majorité des parents en France (40%, selon une étude publiée en octobre dernier par l'observatoire "Approuvé par les familles" – 80% pour d'autres) qui reconnait avoir recours aux punitions corporelles quels que soient leur niveau socio-culturel et leurs origines.

Les facteurs les plus prédictifs pour les parents de recourir à ces violences étant le fait d’en avoir eux-mêmes subi dans leur enfance, leurs niveaux de stress, et leurs croyances dans les effets bénéfiques des punitions corporelles et la mauvaise nature des enfants.

Et comment définir ce qui relève du droit de correction quand la limite entre des punitions corporelles plus ou moins sévères, qui seraient des violences "mineures" mais tolérées, et des maltraitances punies par la loi, est mouvante et forcément très subjective ? Comment les distinguer ?

Faut-il seulement que les parents n’exagèrent pas, que les punitions soient "raisonnables" et qu’elles ne laissent pas de traces trop voyantes… ? C’est oublier que la grande majorité des maltraitances (75%) sont commises dans un contexte de punitions.

10 raisons d'interdire les châtiments corporels et toutes les violences éducatives

Pourtant, si en France, en 2014, on ne renonce pas au "droit de correction" parental sur les enfants, ce n’est pas faute d’avoir à notre disposition, depuis plus de 20 ans, tous les outils juridiques internationaux et européens, et toutes les connaissances scientifiques incontestées pour le faire.

Droits et recherches universitaires en psychologie, en médecine et en sciences de l’éducation sont sans appel et nous donnent 10 raisons pour interdire explicitement les punitions corporelles en tous lieux y compris la famille :

1. Rien ne peut justifier ces pratiques qui portent atteinte aux droits, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique des enfants, à leur santé, leur bien-être, leur développement et leurs apprentissages, droits garantis par la Convention Internationale des droits de l’enfant que la France a ratifié le 7 août 1990.

2. 42 pays ont déjà interdit explicitement les punitions corporelles en tous lieux y compris la famille, dont 23 en Europe.

3. Aucune étude scientifique n’a pu démontrer un effet positif des punitions corporelles sur le comportement et le développement de l’enfant.

4. Bien au contraire, elles sont corrélées fortement à une augmentation de l’agressivité et des comportements anti-sociaux chez les enfants mais également à l’adolescence et à l’âge adulte avec un risque de violences intra-familiales et conjugales.

5. Elles représentent un facteur de risque de maltraitances puisque 75% de celles-ci sont commises dans un cadre de punitions corporelles.

6. Il a été prouvé par de nombreuses recherches internationales qu’elles ont des conséquences traumatiques à long terme sur la santé mentale et physique des enfants. Elles montrent le même risque que pour les autres violences, de présenter dans l’enfance et à l’âge adulte des troubles mentaux post-traumatiques et cognitifs et une hyperactivité chez l’enfant.

Deux grandes études publiées dans les revues internationales Pediatrics en 2013 et CMJA en 2014  ont permis d’attribuer aux punitions corporelles 2 à 5% des troubles psychiatriques de l’axe I dans la population générale (troubles de l’humeur, troubles anxieux, conduites addictives, risque suicidaire), et 4 à 7% des troubles psychiatriques de l’axe II (troubles de la personnalité comme les personnalités borderline, schizotypiques, a-sociales), et un risque plus grand de troubles cardio-vasculaires, pulmonaires, de l’immunité, d’arthrites, de douleurs chroniques et d’obésité. Interdire les violences éducatives est non seulement une affaire de respect de droits fondamentaux, mais également de santé publique.

7. Elles sont également à l’origine d’atteintes neuro-biologiques et corticales du cerveau, et de modifications épigénétiques, ces atteintes étant liées au stress, au dysfonctionnement des systèmes de régulation de la réponse émotionnelle et à l’excès de production de cortisol qui est neurotoxique. Le cerveau des enfants est particulièrement vulnérable à la violence (cf l’article complet).

8. En revanche, des méthodes éducatives dites positives ont fait leurs preuves pour bien éduquer un enfant sans violence.

9. Il a été démontré que la réduction des punitions corporelles par les parents est suivi rapidement d’une diminution de l’agressivité, de l’anxiété et des comportements anti-sociaux chez leurs enfants.

10. Et qu’une interdiction par la loi des violences éducatives ainsi que des campagnes d’information et de soutien à la parentalité, permettent de diminuer leur nombre de façon très significative.

Nous avons donc à notre disposition tous les arguments pour interdire explicitement les punitions corporelles en tous lieux y compris la famille, et considérer que le droit de correction ne peut jamais s’appliquer puisque la santé, le bien-être et le développement de l’enfant sont mis en danger et il est démontré que l’abandon par les parents de ces violences éducatives permet aux enfants de ne plus être impactés par la plupart, voire la totalité de ces conséquences.

En toute logique, légiférer sur leur interdiction ne devrait susciter aucun retard, de même il serait urgent que les pouvoirs publics diffusent des campagnes de communication pour informer la population de la nocivité des violences éducatives, et promouvoir une éducation non-violente.

En vous remerciant de votre attention et en espérant que vous prendrez en compte l’urgence de légiférerez pour protéger l’intégralité des droits des enfants, recevez l'expression de notre plus haute considération

 Dre Muriel Salmona présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

(1) Alice Miller "C'est pour ton bien, racines de la violence dans l’éducation de l’enfant", Paris, Aubier, 1985

Pour en savoir plus voir l’article de la Dre Muriel Salmona de novembre 2014 complet et référencé posté sur son blog mediapart : Pourquoi interdire les punitions corporelles au sein de la famille est une priorité humaine et de santé publique :

et la page du site memoiretraumatique.org sur les violences éducatives

samedi 11 avril 2015

Journée régionale de professionnalisation à Saintes avec la Dre Muriel Salmona le 16 avril 2015 : Violences faites aux femmes, causes et conséquences des psychotraumatismes organisée par la DRDFE



VIOLENCES FAITES AUX FEMMES :
CAUSES ET CONSEQUENCES DES PSYCHOTRAUMATISMES



3ème JOURNEE REGIONALE DE PROFESSIONNALISATION
organisée par la Délégation régionale et les chargées de mission départementales aux
droits des femmes et à l’égalité



Animée par Madame la Docteure Muriel SALMONA
Psychiatre – psychotraumatologue, 
Présidente de l'association 
Mémoire Traumatique et Victimologie

Le jeudi 16 avril 2015, de 9h à 12h et de 14h à 16h15
A l’auditorium de l’Abbaye aux Dames de Saintes.





2ème conférence d'Excision parlons-en sur la thématique de l'asile le 13 avril 2015 ; "Excision et crédibilité de la demande d'asile" à Paris



EXCISION ET CRÉDIBILITÉ DE LA DEMANDE D'ASILE


Lundi 13 avril, de 9h à 13h 

Institut de Droit Comparé
Université Panthéon-Assas Paris II
28, rue Saint-Guillaume - 75007 Paris 


PROGRAMME

Intervention des Docteures Muriel Salmona et Judith Trinquart, présidente et secrétaire générale de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie :

Le rôle des éléments médicaux dans l'appréciation du risque de persécution



À lire un nouveau témoignage de la campagne STOP AU DENI émoignage : Viol à l'école…


Violences sexuelles dans le cadre scolaire :

une contributrice témoigne pour notre campagne STOP AU DENI et dénonce les incohérences du discours éducatif : comment les enfants pourraient-ils considérer que leur corps leur appartient alors que de nombreux adultes persistent à vouloir conserver le “droit” de leur infliger des violences physiques dites “éducatives” ?!



Crédit photo : Shho 


Viol à l'école…

Je me souviens de mon enfance. Je me souviens bien quand je suis entrée à la grande école. J’avais déjà passé trois années heureuses en maternelle où j’avais appris, entre autre, à écrire avec ma main gauche. Je me souviens très bien quand subitement, au CP, tous les adultes me sont tombés dessus. Je devais, tout à coup, à la demande de mes parents, écrire de la main droite. Et aucun de mes deux parents ne s’est préoccupé de savoir comment j’allais apprendre à écrire de cette main maudite. 

Presque tous les jours, j’ai reçu des coups sur ma main, sur mon bras, mon épaule, mes cheveux, mon oreille, ma joue… gauches. Cette enseignante était très méchante. Elle collait souvent mes lèvres avec du scotch pour me fermer ma bouche parce que je parlais trop. Je savais déjà lire et j’écrivais très bien de ma main gauche. Je ne savais pas écrire de la main droite, je n’y arrivais pas et je voulais gagner des bons points pour bon travail en écriture, pour ma collection d’images. 

Et puis, il y a eu ce jour. La maitresse excédée, et moi, rangée, avec les autres dans le couloir. Je ne sais pas pourquoi tout à coup une main et des cris ont poussé mon corps dans cette pièce. Et la porte s’est refermée, sans claquer. Je suis là, debout, petite et perdue, seule, figée face à un homme assis derrière un bureau. Avance !! J’avance. Assied-toi!! Je m’assois, apeurée, sur une des deux chaises. Je ne sais pas qui il est. J’entends sa bouche parler de ma main gauche, écrire avec main droite, je dois, écrire avec l'autre main, ne comprends pas, gauche, droite, ne sais plus. Silence. Il se lève, contourne le bureau et s’approche. Lève-toi!! Il s’accroupit. Ecarte tes jambes!! Comme maman. Elle me fait mal quand elle me lave à cet endroit, mais qu’est-ce qu'il fait avec ses doigts, maman elle ne fait pas ça. Sa bouche souffle sur mon visage, souffle, mal, souffle, souffle, a griffé dedans, souffle, brûle en bas, souffle, transpercée, souffle. Tais-toi! Tu te tais !! Pas tomber, pas crier, pas pleurer. Se lève, s'essuie son doigt, regarde moi. Il sourit. Tu écris avec ta main droite!! Tu as compris?!! Larmes yeux, boule gorge, plus respirer. Tu retournes dans ta classe et tu te tais compris!! Ouvre porte, grand sourire. Sors, brouillard dans yeux, comprends pas. Sais plus, sais plus où est ma classe. Perdue dans un couloir, une dame m'a trouvée, m’a questionnée avec sa voix et sa main douces. Mal en bas, il m’a fait mal. M’a emmenée dans ma classe, répété à la maîtresse, est partie. Menteuse, tu mens, sale menteuse!! Me suis tue. Pendant des décennies.  

J’ai passé mon année de CP tel un fantôme dans la brume, souvent malade de la gorge, taisant les faits traumatisants, opérée des amygdales. En décembre, mon calvaire s’est terminé, les adultes ont abdiqués. Je suis toujours gauchère. A l’été mes parents ont déménagé.

Je me souviens de mon enfance avec mes deux parents. Gifles, fessées, cheveux et oreilles tirés, peau pincée ou mordue, tapes, enfermement dans la cave éteinte, dévalorisations, humiliations, manipulations, privations diverses, froideur et indifférence parfois, menaces, coups de poing, coups de pieds, coups avec objets. Et derrière chacune de ces violences physiques et psychiques, toujours l’intention de faire mal sur et dans mon corps de nourrisson, de petite enfant, d’adolescente future adulte.   

Vous souvenez-vous, il y a quelques semaines, des adultes hurlaient à nouveau, à cor et à grands cris, qu’ils voulaient conserver LEUR Droit de corriger les enfants, sur et dans leur corps. Ces adultes refusent d’accorder aux enfants le Droit à leur intégrité physique et psychique, à leur intégrité corporelle et morale. 
Et depuis quelques jours, depuis ces crimes effroyables dans ces quelques écoles de France, des adultes répètent: il faut dire aux enfants que leur corps est à eux, que leur corps leur appartient. 

Il m’a fallu plus de 35 années pour lever le brouillard qui s’est abattu sur mes yeux ce jour là,  pour savoir, pour intégrer dans ma mémoire, en quelle année et dans quelle région j’étais au CP. Et deux années de plus pour sortir de cette amnésie traumatique, pour trier, démonter, et comprendre la stratégie punition-viol utilisée. Aujourd’hui, je me perds encore dans les couloirs lorsque j’entre dans une école, je sens encore la tête de cet homme, là tout près, j’entends et je sens encore son souffle sur mon visage, je me sens encore transpercée, griffée dedans, j’ai mal. Je voudrais enfin pouvoir laisser sortir les larmes ravalées dans ma gorge ce jour-là, et je n’y arrive pas. Pas encore.

Dans ce pays, les enfants sont la seule catégorie d’êtres humains à ne pas avoir obtenu le Droit à leur intégrité physique et psychique. Les adultes veulent dire aux enfants que leur corps est à eux, qu’il leur appartient. Alors même que nombreux d’entre eux continuent à  lutter pour conserver leur Droit de correction. Comme si, corriger un enfant sur et dans son corps ce n’était pas, le déposséder de tout ou partie de son corps! 
Et les adultes voudraient aussi que les enfants parlent, qu’ils disent les violences qu’ils subissent. Alors même que les enfants ne sont pas informés sur ce que sont les violences. Et puis vous accorderiez votre confiance, vous, à des personnes qui vous font subir toutes ou partie des violences citées ci-dessus et qui veulent avoir le Droit de vous taper?

Les agresseurs-violeurs maintiennent souvent les enfants-victimes dans des confusions jeu-punition-menace-normalité avec des stratégies machiavéliques très difficiles, voire impossibles à démonter et à comprendre pour un enfant. Alors si leur corps est vraiment à eux, dans quelle logique les adultes continuent-ils à défendre leur Droit de taper les enfants, sur et dans leur corps? 
La cohérence entre les dires et les actes est un besoin fondamental pour les enfants, pour  comprendre les situations. 

lundi 6 avril 2015

Colloque REPPEA le 10 avril 2015 au CESE : Maltraitances sexuelles physiques et psychologiques sur les enfants : mécanismes de défense et effet de la perversion chez les professionnels



COLLOQUE REPPEA
Réseau de Professionnels Pour la Protection de l'Enfance et de l'Adolescence

Le 10 avril au CESE 
Conseil Economique, social et environnemental


MALTRAITANCES SEXUELLES, PHYSIQUES ET PSYCHOLOGIQUES SUR LES ENFANTS :
Mécanismes de défense et effet de la perversion chez les professionnels


Programme

Avec  

Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil Economique
Social et Environnemental

Edouard Durand, Magistrat, Coordonnateur de Formation continue- Ecole Nationale de la Magistrature

Marie-Christine Gryson-Dejehansart, psychologue,
Expert près les Tribunaux, Douai

Eugénie Izard, Pédopsychiatre, Présidente du REPPEA,
Toulouse

Illel Kieser, psychologue, anthropologue, Toulouse

Gérard Lopez, Psychiatre, président de l'institut de
victimologie, Expert près les Tribunaux, Paris

Jean-Paul Mugnier, Thérapeute familial et de couple,
Formateur

Brigitte Robilliard, Avocat, Psychologue, Médiateur
familial, Paris

Hélène Romano, Docteur en psychopathologie clinique-HDR, Consultation spécialisée de psychotraumatisme du 94,Expert près les Tribunaux

Muriel Salmona, Psychiatre- Psychotraumatologue,
Présidente de l'association mémoire traumatique et viceprésidente du REPPEA, Paris 

Muriel Salmona ntervient sur : 
le Retournement pervers des conséquences psychotraumatiques sur la victime à l'épreuve des connaissances scientifiques



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Comprendre et orienter les femmes victimes de violences conjugales : SAINT- LOUIS / LARIBOISIERE – FERNAND WIDAL Formation continue le 3 avril 2015


Comprendre et orienter les femmes victimes de violences
conjugales


Formation continue 
auprès des professionnel-le-s du secteur médico-social

Hopital Saint Louis
le 3 avril 2015 

Comprendre les mécanismes de la mémoire traumatique des femmes victimes de violence.
Dre Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie

Connaître les modes d’action des associations d'aide aux femmes victimes de violence






LETTRE OUVERTE AUX SENATEURS ET AUX DEPUTES De Nathalie, ex prostituée en bar à hôtesses


LETTRE OUVERTE AUX SENATEURS ET AUX DEPUTES
De Nathalie, ex prostituée en bar à hôtesses
#abolition2012

Crédit photo : Amir Darafsheh 


Pour moi qui ai été prostituée à 19 ans et pendant cinq ans, pénaliser les clients n’est que justice. Il s’agit tout simplement de remettre le monde à l’endroit. 

Alors que nos sénateurs ont choisir de revenir dix ans en arrière en rétablissant la pénalisation des victimes et en protégeant ceux qui leur font subir des violences, je veux dire ma colère.

Ne pas pénaliser les clients, rétablir le délit de racolage, c’est nous condamner encore une fois. C’est nous renvoyer à la culpabilité, nous accuser devant la société tout entière, nous interdire de prendre le chemin de la reconstruction. 

Laisser aux clients le droit de nous acheter, c’est leur permettre de nous détruire un peu plus à chaque fois, de faire de nous des marchandises. Notre identité disparaît et notre vie s’envole et se brise. Je le sais, je l’ai vécu, jusque dans ma peau. 

Non seulement il faut pénaliser les clients mais il faut le faire vraiment. On n’a pas parlé de la prostitution cachée, des bars à hôtesses que j’ai bien connus, un monde où règnent les contrats bidon, la violence et la dictature des tôlières. 

Où qu’il aille, au trottoir ou dans un bar à hôtesses, un client reste un client. Il fait ce qu’il veut, il frappe, il menace, il viole. Nous, nous subissons. Et c’est nous que la société condamne !

C’est un viol qui m’a permis de sortir de la prostitution : le viol de trop, par un « client » qui s’est payé le luxe de me dire, « si j’ai le sida, tu viens de l’attraper ». Tout ce que la patronne du bar a trouvé à faire, c’est de me forcer le lendemain à faire les quatre volontés de mon violeur. C’est ce moment de calvaire qui m’a donné la force de réagir et de m’enfuir. Finalement, c’est ce qui m’a sauvé la vie. Car cette patronne comptait m’envoyer au Maroc. J’étais une proie facile, seule et mal dans ma peau. Qui sait ce que je serais devenue…

La prostitution, c’est une partie de moi, un pan douloureux de mon histoire. Il est plus douloureux encore si rien n’est fait pour éviter à d’autres ce que j’ai vécu. Il faut tout faire pour permettre aux prostituées de sortir de cette impasse. Et il faut pénaliser les clients, et pas seulement dans la rue.