lundi 16 septembre 2013

Présentation, programme et argumentaire du COLLOQUE VIOLENCES ET SOINS : SOINS DES VICTIMES/VICTIMES DES SOINS du 5/11/2013 de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie à Bourg la Reine 92340


 l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie avec le soutien de la mairie de Bourg la Reine a le plaisir de vous inviter à son deuxième colloque :

 VIOLENCES ET SOINS : 
SOINS DES VICTIMES/VICTIMES DES SOINS

le 5 novembre 2013 de 9h à 18h
à l’Agoreine : 63 boulevard du Marechal Joffre, 92340 Bourg la Reine,
Colloque ouvert à toutes et tous, participation libre et réservation obligatoire par mail : colloque.violencesetsoins@gmail.com





PROGRAMME

Téléchargeable en PDF sur le site  ICI








Ce colloque est organisé dans le cadre de la campagne et du Manifeste Violences et Soins de l’association, il a pour but :

  • de faire un état des lieux sur la réalité des violences et de leurs conséquences sur la santé, et sur l’abandon où sont laissées la grande majorité des victimes, particulièrement les femmes victimes de violences sexuelles et de violences domestiques, les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées, et toutes les personnes en situation de vulnérabilité et de discrimination…

  • de dénoncer le manque d’offre de soins spécialisés par des professionnels formés, ce qui représente un scandale de santé publique et une atteinte aux droits des victimes, 

  • de donner la parole aux victimes pour témoigner de leurs difficultés et des violences qu’elles ont subies tout au long de leur parcours de soin,

  • de proposer des pistes pour améliorer la qualité des soins et la formation des professionnels de la santé, pour "faire en sorte qu’une victime de violences puisse s’inscrire, rapidement et sans frais, dans un protocole de soins établi selon les règles de l’art." (comme Mme Najat Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes vient de l'annoncer le 3 septembre 2013 lors du colloque violences faites aux femmes : soins aux victimes, prise en charge des auteurs), 

  • de mieux informer le grand public sur les mécanismes et les conséquences psychotraumatiques des violences

  • et enfin de faire des propositions afin d’élaborer une véritable éthique des soins à apporter aux victimes.


Avec cette rencontre publique ouverte à tous et ayant reçu le soutien de la mairie de Bourg la Reine, l’association Mémoire traumatique et victimologie souhaite favoriser une prise de conscience plus large parmi les politiques, les professionnels et tous les citoyens, pour une meilleure implication de chacun dans ce véritable problème de santé publique. 

La journée sera présidée par le prof Louis Crocq, médecin général des armées, créateur des cellules d’urgence médoco-psychologiques qui fera en ouverture l’historique de la prise en charge des victimes, et elle sera animée par Sandrine Goldschmidt de Femmes en Résistance. 

Et les personnes sourdes ou malentendantes pourront bénéficier d’une traductrice en langue des signes.

Le spectacle «Pour le dire» de Camille Guillon Courtin par la compagnie Théâtre en action introduira l’après-midi. (Pour en savoir plus sur le spectacle cliquez ICI )

Tout au long du colloque seront diffusés des témoignages et des poèmes de victimes (sur leur parcours de soins et/ou les violences subies lors de soins), et seront exposées des photographies de la campagne Pas de Justice Pas de Paix d’Hélène Epaud, des dessins de Laure Salmona sur l’hystérie (premier prix de dessin David-Weill), des panneaux sur les trois BD «En chemin elle rencontre…» co-éditées par Amnesty International et Des ronds dans l’O ; des documents, des plaquettes, des affiches seront à disposition ainsi qu’une librairie.

avec la participation : de Madame la ministre des Droits des Femmes  Najat Vallaud Belkacem (en fonction des possibilités de son agenda), de Mme Ernestine Ronai de la Miprof, coordinatrice nationale violences faites aux femmes et responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes du 93, des associations : AVFT (Marilyn Baldeck), FDFA (Maudy Piot), du collectif abolition 2012, des adoptés en colère (Lorenzzo)

de médecins et de thérapeutes impliqués dans le soins aux victimes de violences : Sokhna Fall, Solange Harleaux, Gilles Lazimi, Jean-Claude Monfort, Hélène Romano, Muriel Salmona, Judith Trinquart, et des avocates Dominique Attias, Isabelle Steyer et  et Isabelle Thieuleux.

À l’occasion de ce colloque l’association présentera :
  • la campagne et le manifeste Violences et Soins (pour que les victimes de violences reçoivent des soins appropriés et que leurs droits soient respectés).
  • les incontournables de la prise en charge des victimes de violences
Et lancera un cahier de doléances sur la protection de l’enfance.

L'inscription est gratuite. Elle se fait par un mail adressé à  colloque.violencesetsoins@gmail.com (éviter les mails envoyés à d'autres adresses ou à Muriel Salmona, ils risquent de ne pas être pris en compte) contenant en clair le nom et le prénom de la personne qui désire s'inscrire. Merci de renvoyer ces renseignements indispensables si votre adresse mail ne contient pas clairement votre identité. Nous souhaitons recevoir une seule inscription par adresse mail (nous ne pouvons inscrire les amis, collègues ou parents d'un participant sans leur identité et un mail de contact).

À l’occasion de votre inscription vous pouvez nous poser les questions que vous voudriez voir abordées lors du colloque (en n’excédant pas 10 lignes, à envoyer par mail : colloque.violencesetsoins@gmail.com)

Chaque participant devra organiser son repas de midi, le déjeuner ne faisant pas partie de l'organisation du colloque.

Lors du colloque, une attestation de présence sera remise aux participants qui le souhaitent.


PRÉ-PROGRAMME DU COLLOQUE 

VIOLENCES ET SOINS : 
SOINS DES VICTIMES/VICTIMES DES SOINS



MATINÉE

ACCUEIL de 8H30 à 9h avec collation, diaporama, exposition

OUVERTURE DU COLLOQUE de 9h à 9h30
avec M. le prof. Louis Crocq, médecin général des Armées  qui présidera le colloque et fera l’historique de la prise en charge des victimes

ÉTAT DES LIEUX de 9h30 à 10 h
Actualités des connaissances sur les conséquences psychotraumatiques des violences sur la santé, et de leur prise en charge avec la Dre Muriel Salmona

LES ÉTERNELLES OUBLIÉES : comment les soigner ? de 10h à 12h30

  • Les femmes victimes de violences domestiques et/ou de violences sexuelles (dont les femmes enceintes, femmes âgées, femmes prostituées, femmes SDF,…) avec les Dr-e-s Jean-Claude Monfort (psycho-gériatre), Muriel Salmona (psychiatre) et Judith Trinquart (psychiatre), et maître Isabelle Thieuleux.

  • Les enfants et les adolescents victimes de maltraitance, de violence intra-familiales et/ou de violences sexuelle (dont les nourrissons, les enfants placés, adoptés, les enfants  exposés aux violences conjugales) avec Mesdames Hélène Romano, Sokhna Fall, Lorrenzo et maître Dominique Attias

  • Les personnes handicapées, les réfugiés et demandeurs d’asile, les personnes en situation de marginalisation victimes de maltraitances et/ou de violences sexuelles avec la Dre Solange Harleaux, Mme Maudy Piot (FDFA), M. Gandaga Haidetou 

TÉMOIGNAGES ET RÉPONSES AUX QUESTIONS de 12h30 à 12h45




DÉJEUNER LIBRE de 12h 45 à 14h15,



APRÈS-MIDI


ACCUEIL de 14h15 à 14h30 diaporama, exposition

SPECTACLE de 14h30 à 15h40
«Pour le dire» de Camille Guillon Courtin par la Compagnie Théâtre en action

VIOLENCES DANS LE CADRE DES SOINS de 15h45 à 17h
avec Mme Marilyn Baldeck (AVFT), Dre Muriel Salmona, Mesdames Sokhna Fall, Isabelle Steyer

PRÉSENTATION DES DIX INCONTOURNABLES DE LA PRISE EN CHARGE DES VICTIMES ET RÉPONSES AUX QUESTIONS

PERSPECTIVES, PISTES POUR L’AMÉLIORATION DES SOINS de 17h à 17h45
avec M. Gilles Lazimi et Mme Ernestine Ronai

DISCOURS DE CLÔTURE de Mme la ministre des Droits des femmes  Najat Vallaud Belkacem (sous réserve)


……


ARGUMENTAIRE ET MANIFESTE DU COLLOQUE
DE L’ASSOCIATION MÉMOIRE TRAUMATIQUE ET VICTIMOLOGIE
du 5 novembre 2013 à Bourg la Reine

VIOLENCES ET SOINS : 
SOINS DES VICTIMES/VICTIMES DE SOINS 



L’association Mémoire traumatique et victimologie (memoiretraumatique.org) constate depuis sa création l’insuffisante prise en compte de la réalité des violences et de leurs conséquences sur la santé des victimes. Lors de ce deuxième colloque « Soins des Victimes/Victimes des Soins» nous ferons le point sur une situation toujours alarmante, et proposerons des pistes pour améliorer l’offre et la qualité des soins sur tout le territoire.

Alors que l’impact des violences sur la santé des victimes et de ceux qui en sont témoins (comme les enfants dès leur plus jeune âge) est de mieux en mieux connu (les études internationales et l'Organisation Mondiale de la Santé en 2010 ont démontré et reconnu qu’avoir subi des violences est un des déterminants principaux de la santé), que l’on sait que les violences entraînent des atteintes cérébrales corticales et des circuits émotionnels et de la mémoire visibles sur les IRM (cf dernier article) avec la mise en place d’une mémoire traumatique, que l’efficacité des soins est démontrée, la formation initiale des professionnels de santé fait l’impasse sur la réalité, les mécanismes et les conséquences psychotraumatiques des violences.

Cette absence d’offre de soins aux victimes par des professionnels formés et compétents est une perte de chance pour elles, une atteinte à leurs droits et un scandale de santé publique comme je le dénonce dans Le livre noir des violences sexuelles (Dunod, 2013). Actuellement les victimes de violences ont une consommation de soins bien plus importante que le reste de la population en raison des conséquences des violences sur leur santé : soins en psychiatrie (troubles anxieux, dépressions, tentatives de suicide, insomnies, phobies, troubles de la mémoire, troubles alimentaires, addictions, etc.), en médecine générale (stress, douleurs et fatigue chroniques, etc.), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, en gastroentérologie, en endocrinologie, etc., hospitalisations répétées, multiplication des arrêts de travail, mise en invalidité… Mais la cause de tous ces symptômes - les violences et leurs conséquences psychotraumatiques - n’est jamais prise en compte, ni recherchée et encore moins prise en charge. Les victimes ne reçoivent que des traitements symptomatiques ou anesthésiants (camisole chimique) et font l’objet souvent de diagnostics psychiatriques ou organiques erronés et préjudiciables. Elles ressentent qu’on les considère comme folles et pénibles. Elles peuvent parfois subir de graves maltraitances de la part de soignants. On leur renvoie que leurs plaintes somatiques et psychiques sont exagérées ou imaginaires, qu’elles en sont responsables, qu’elles sont hypochondriaques, hystériques… ou bien, à l’inverse on peut dramatiser leurs symptômes, faire des examens inutiles, les opérer à tort, les traiter pour des pathologies psychotiques, ou pour des démences si elles sont âgées. Elles se retrouvent seules, sans protection à devoir mettre en place des stratégies coûteuses et handicapantes pour gérer leur souffrance, et à subir incompréhension, jugements négatifs, marginalisation et exclusion. 

Dre Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, drmsalmona@gmail.com, 0632399934






MANIFESTE ET CAMPAGNE
VIOLENCES ET SOINS



PÉTITION
 à signer : ici

contre l'impunité des violences

et l'abandon que subissent les victimes : 


lance la campagne



MANIFESTE

VIOLENCES ET SOINS

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Association Mémoire Traumatique et Victimologie



En France, en 2013, l'absence de dépistage des violences, de protection des victimes et de soins spécialisés sont à l'origine d'un coût humain énorme et d'un coût très important en dépenses de santé et en aides sociales qui auraient pu être évités. Or Il est possible de combattre la violence, non par un tout-sécuritaire qui ne cible que certaines violences, mais par une prévention ciblée, une protection sans failles et une prise en charge spécialisée des victimes. Toute victime doit être protégée et soignée, ses droits doivent être respectés.

C'est un scandale sanitaire, social et humain : où comment toute une société abandonne les victimes de violence, sans protection ni soin, et fabrique sans fin des souffrances, des maladies, de l'exclusion, de l'inégalité, de l'injustice et de nouvelles violences.


C'EST POURQUOI EN TANT QU'ASSOCIATIONS, EN TANT QUE PROFESSIONNEL-LE-S DU SOINS ET DE LA PRISE EN CHARGE DES VICTIMES, EN TANT QUE VICTIMES ET PROCHES DE VICTIMES, EN TANT QUE CITOYEN-NE-S NOUS AVONS LANÇÉ UN MANIFESTE ET UNE PÉTITION QUE VOUS POUVEZ SIGNER 
ICI  https://11136.lapetition.be

MANIFESTE
VIOLENCES ET SOINS

POUR QUE LES VICTIMES DE VIOLENCES
 REÇOIVENT ENFIN DES SOINS APPROPRIÉS
ET POUR QUE LEURS DROITS SOIENT RESPECTÉS

Droit à être entendues, crues et reconnues
Droit à être secourues et protégées
Droit à être traitées avec dignité, bienveillance et attention, en respectant leurs demandes et avec leur consentement
Droit à recevoir des soins de qualité, sans frais par des professionnels compétents et formés, dans des lieux adaptés et accessibles à tous sur tout le territoire


EN 2013 CES DROITS FONDAMENTAUX NE SONT TOUJOURS PAS RESPECTÉS

AUSSI NOUS ACCUSONS

Les Politiques, les Pouvoirs Publiques, les professionnels censés prendre en charge ces victimes de violence et la société, dans leur  ensemble

D'ABANDONNER LES VICTIMES :

De ne pas les voir, de les ignorer, de ne pas les entendre, d'être dans le déni de la réalité des violences et de leurs conséquences sur la santé, de ne pas les secourir, de ne pas les protéger, de ne pas les soigner et souvent de les maltraiter.

Abandonner les victimes, être indifférent à leur sort c'est leur donner peu de valeurs 
et c'est conforter les agresseurs dans un sentiment de supériorité qui leur permet de s'octroyer le privilège d'instrumentaliser des victimes pour les soumettre et s'en servir comme esclave à leur service ou comme fusible pour s'anesthésier


DE NON ASSISTANCE À PERSONNE EN DANGER

Les violences menacent l'intégrité physique et psychique des victimes, elles peuvent représenter un risque vital (tentative d'homicide, stress extrême). Les violences sont à l'origine de graves troubles psychotraumatiques (dans 60% des cas pour les violences intra-familiales et jusqu'à plus de 80% des cas pour les violences sexuelles ) qui sont dus à des blessures neuro-psychiques que l'on peut voir sur des IRM. 

Ces blessures nécessitent des secours et des soins immédiats. Sans soins dans les 12 h qui suivent les violences, les mécanismes neuro-biologiques de sauvegarde dissociant mis en place au moment des violences pour échapper au risque vital du stress extrême (par disjonction du circuit émotionnel) vont être à l'origine d'une mémoire traumatique qui va avoir un impact très lourd sur leur santé. 

Les victimes sont alors aux prises avec une souffrance mentale maximale (en moyenne 9 sur 10 sur une échelle d'évaluation) qui s'apparente à une véritable tortue : les victimes traumatisées vont revivre de façon non contrôlée les situations de violences avec la même intensité, la même détresse, la même terreur, le même stress extrême, les mêmes douleurs, les mêmes sensations et émotions, ces réminiscences sont déclenchées par tout ce qui est susceptible de rappeler consciemment ou non les violences. 

Cette mémoire traumatique transforme leur vie en terrain miné, en une guerre permanente avec un sentiment de danger permanent et d'insécurité pendant des années, des dizaines d'années, voire toute leur vie si aucun soins approprié n'est donné. Abandonnées, les victimes de violences vont alors devoir mettre en place des stratégies de survie et d'auto-traitement très coûteuses pour leur santé et leur qualité de vie. 

Ce sont des conduites de contrôle, d'hypervigilance et d'évitement pour éviter toute explosion de leur mémoire traumatique (retrait, isolement, phobies, troubles obsessionnels compulsifs, insomnies) et des conduites dissociantes pour s'anesthésier émotionnellement si la mémoire traumatique a explosé ou si le risque est grand qu'elle explose (consommation de tabac, drogues et alcool, mise en danger et conduites à risques, anorexie-boulimie, auto-mutilations ou violences). Cette mémoire traumatique et ces stratégies de survie et d'auto-traitement sont responsables à la fois d'un état de santé dégradé (troubles mentaux, cardio-vasculaires , endocriniens, digestifs, génito-urinaires, immunologiques, infectieux, pulmonaires, etc.), de fatigue et de douleurs chroniques, de grossesses à risques, de mort précoces (accidents, suicides, maladies), de troubles cognitifs, d'échec scolaires et professionnels, de marginalisation, d'exclusion, de conduites addictives, de délinquance, avec une consommation très supérieure par rapport à la population générale de soins médicaux et d'aides sociales. Or les soins sont efficaces.

Nous rappelons que de nombreuses études scientifiques internationales, publiées depuis plusieurs années dans de grandes revue à comité de lecture, telles que celles de Felitti et Adda en 2010 (relayées par l'Organisation Mondiale de la Santé en 2010) démontrent qu'avoir subi des violences est un des déterminants principaux de l'état de santé d'une personne même 50 ans après si aucun soin n’est mis en place, et représente un des principaux facteurs de risque de présenter de nombreuses pathologies psychiatriques (troubles anxieux, dépressions, suicides, addictions, conduites à risque, troubles du sommeil, troubles alimentaires, troubles cognitifs…), cardio-vasculaires (article dans Circulation, journal de l'American Heart Association !) , pulmonaires, endocriniennes (diabète), neurologiques, maladies auto-immunes ... et de subir à nouveau des violences ou d'en commettre.

L’absence de soin aux victimes de violences est donc un véritable scandale de santé publique et représente pour elles une perte de chance de vivre en bonne santé et en sécurité. Il s'agit donc d'une grave atteinte à leurs droits. 



D'INJUSTICE


Les victimes de violence subissent des injustices en cascade : 

  • injustice d'être des victimes innocentes d'une violence aveugle, piégées dans une histoire qui ne les concerne pas ; 

  • injustice d'être victimes d'une société qui les expose doublement, d'une part en créant un contexte inégalitaire qui permet à des agresseurs d'utiliser leur position dominante pour les instrumentaliser, et d'autre part en ne mettant pas tous les moyens politiques en œuvre pour lutter contre les violences ; 

  • victimes de leur entourage qui ne veut ni voir, ni savoir, ni entendre, ni dénoncer ce qu'elles subissent dans l'intimité d'une famille, d'un couple, d'une relation ou dans l'espace clos d'un travail, d'une institution ; 

  • victimes de toute une mal-traitance commise par des professionnels censés les protéger, leur venir en aide, leur rendre justice et les soigner, qui souvent ne les croient pas, banalisent les violences et sous-estiment le danger qu'elles courent et les conséquences qu'elles subissent, par manque de formation surtout, mais aussi par négligence et manque d'empathie ; 

  • victimes de l'injustice désespérante de voir des agresseurs bénéficier dans l'immense majorité des cas d'une impunité totale, faute d'être dénoncés, d’être mis en examen, d’être déférés devant un tribunal ou d’être condamnés par une justice encore trop parasitée par de nombreuses idées reçues sur les victimes et les violences, et qui méconnaît de nombreux indices et de nombreuses preuves médicales, les agresseurs pouvant alors continuer à exercer des violences en toute tranquillité ; 

  • victimes de l'injustice d'être celles qui en fin de compte se retrouvent condamnées à souffrir, à se battre et à devoir se justifier sans cesse, à supporter mépris, critiques et jugements, à entendre des discours moralisateurs et culpabilisants pour des symptômes que personne ne pense à relier aux violences.


DE DISCRIMINATIONS


En ne luttant pas suffisamment contre toutes les inégalités et les discriminations qui rendent possibles de nombreuses violences discriminations sexistes, racistes, xénophobes, ethniques, liées à l'âge, à la grossesse, aux handicaps, à la maladie, à la pauvreté, aux convictions religieuses. Les femmes handicapées subissent trois fois plus de violences.

En ne protégeant et n'assurant pas des conditions de vie décente aux plus vulnérables et dépendants les enfants, personnes âgées et les personnes handicapées, les malades.

En tolérant des situations qui sont des atteintes graves à la dignité des personnes comme les situations d'esclavage, de grande pauvreté, en laissant des personnes vivre sans chez soi, en ne mettant pas tout en œuvre pour abolir le système prostitueur et protéger efficacement les personnes en situation prostitutionnelle et dans l’industrie pornographique.

En ne luttant pas contre les discriminations exercées sur les victimes qui sont soupçonnées a priori de mentir quand elles dénoncent les violences.



ET D'EXERCER DES VIOLENCES OU D'EN ÊTRE COMPLICE : VIOLENCES DE SOINS INAPPROPRIÉS ET VIOLENCES SOUS COUVERT DE SOINS

Les soins sont saturés de violence, au mieux il s'agit de la part des soignants de méconnaissance, de fausses représentations, au pire d'indifférence, de négligences, d'anesthésie émotionnelle, de discriminations, voire d'intention de nuire : de dominer, de manipuler ou de détruire. Et les soins sont singulièrement absents quand il s'agit de prendre en charge les victimes de violences.

Les soins s'exercent par définition sur des personnes en situation de vulnérabilité qu'elle soit ponctuelle liée à une maladie passagère, un traumatisme ou une grossesse, qu'elle soit durable liée à des maladies chroniques, à des handicaps physiques et mentaux ou à des états de grande dépendance tel que la petite enfance et le grand âge



 NOUS DEMANDONS POURQUOI

Pourquoi il n'existe pas de politique de santé qui prennent en compte l'impact de la violence sur la santé des personnes ? 
Alors qu’il s'avère que c'est un facteur de risque majeur !!!
Pourquoi il n'y a pas de formation des médecins, des psychiatres et des psychologues cliniciens à la psychotraumatologie ?
Pourquoi il n'y a pas de centre de soins spécifiques accessibles à tous sur tout le territoire ?
Pourquoi il n'y a pas de campagne d'information sur cette réalité ?


NOUS VOULONS


Une politique globale de lutte contre les violences et contre l’impunité dont bénéficient les agresseurs, avec une réelle application de la loi (en ne tolérant plus les correctionnalisation de crimes comme le viol)
une vraie politique de santé publique concernant les violences, 
une formation des professionnels de la santé,
des recommandations par l’HAS de prises en charge
 la mise en place par décret de centres de santé dédiés aux victimes de violences accessibles pour toutes les victimes de violences et proposant une prise en charge rapide et sans frais et si nécessaire anonyme par des professionnels compétents et formés dans chaque département, 
des campagnes d'information et de prévention grand public, 
la mise en place d'enquête et de recherches sur le sujet, 
la création d'un observatoire national sur l'impact des violences et la prise en charge des victimes


Personne ne doit plus se sentir coupable, ni honteux d'être victime de violences. Ce sentiment est crée de toute pièce, il s'agit d'une imposture, d'une manipulation pour mettre en place une inversion de responsabilité et un déni de justice. Cette imposture est véhiculée par une société inégalitaire qui diffuse le discours des dominants : à savoir qu'une victime se situe du côté des inférieurs, qu'elle ne vaut pas grand chose, qu'elle est nulle, faible, incapable. Et que tant pis pour elle, elle n'avait qu'à pas se laisser faire ou se laisser avoir… qu'elle y est certainement pour quelque chose !… qu'elle n'a pas fait ce qu'il fallait, ou bien qu'elle est méchante, menteuse, ou encore qu'elle n'a rien compris, que ce n'est pas si grave… Et cette imposture est confortée par le fait que les victimes sont abandonnées et jamais entendues, elles ne méritent donc pas d'être protégées et soignées, leurs paroles n'ont pas de valeur et justice n'a pas à leur être rendue.

IL FAUT ÊTRE SOLIDAIRE DES VICTIMES, ET LES SECOURIR !
LA DIGNITÉ EST DU CÔTÉ DES VICTIMES,


Contact : 

Association Mémoire Traumatique et Victimologie :
Dr Muriel Salmona, présidente de l'Association Mémoire Traumatique et Victimologie,
mail : drmsalmona@gmail.com ; tél : 06 32 39 99 34
site : http://memoiretraumatique.org/

POUR PLUS D'INFORMATIONS LIRE LE PRÉAMBULE : http://stopauxviolences.blogspot.com/2011/02/campagne-2011-de-lassociation-manifeste.html


PLUS DE 1300 SIGNATAIRES DU MANIFESTE EN OCTOBRE 2013






lundi 9 septembre 2013

Compte-rendu du colloque des 2 et 3 septembre 2013 Violences faites aux femmes : soins des victimes et prise en charge des auteurs organisé par le ministère des Droits des femmes


Colloque des 2 et 3 septembre 2013 à l'Académie de Médecine 
organisé par le ministère des Droits des femmes 



VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
SOINS AUX VICTIMES, PRISE EN CHARGE DES AUTEURS





Compte-rendu de la Dre Muriel Salmona, psychiatre-psychotraumatologue, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie :
Je suis intervenue le 2 septembre dans le cadre de la demi-journée consacrée aux soins aux victimes lors de la table ronde : «Quelles réponses, quels soins pour les victimes ? Approche médicales, judiciaires, sociales et associatives. 
Il faut saluer cette grande première que représente la partie soins aux victimes de ce colloque. Enfin, les pouvoirs publiques s’intéressent aux soins des victimes de violences ! Ce n’est qu’un premier pas, mais ce colloque aura le mérite de faire l’état des lieux de la quasi absence d’offres de soins sur le territoire (mis à part quelques rares exceptions), et de faire prendre conscience de la nécessité de donner des soins appropriés aux victimes de violences, et ainsi de respecter leurs droits fondamentaux à recevoir des soins de qualité, gratuits par des professionnels compétents et formés, dans des lieux adaptés et accessibles à tous.
Tous les intervenant-e-s du colloque sur les soins aux victimes ont témoigné de l'importance des soins spécialisés par des professionnels formés et du travail en réseau, et ont partagé leurs expériences qu'elles soient médicales (généralistes, spécialistes, hospitalières), sociales, associatives ou  judiciaires (procureur, avocate). Il est dommage que faute de temps la nécessité de soigner les enfants victimes de violences conjugales n'ait pas été développée. Maudy Piot est intervenue en fin de colloque pour rappeler que les femmes handicapées subissaient 3 fois plus de violences et qu'elles nécessitaient la mise en place de mesures spécifiques pour être efficacement protégées et  soignées, elle a regretté qu'une traduction en langue des signes n'ait pas été prévue. 
Lors de la cloture du colloque Madame la ministre Najat Vallaud Belkacem a fait un discours (cf le résumé de son discours plus bas) où elle s'est clairement engagée pour donner des réponses solides avec la formation initiale et continue des professionnels de la santé (ce dont s'occupe la MIPROF avec un groupe de travail dont je fais partie), et pour améliorer l'accès aux soins des femmes victimes de violences, elle a pris en compte le rôle majeur des recherches sur conséquences psychotraumatiques des violences et leur traitement dont elle veut qu'elles puissent être diffusées "faire en sorte qu’une victime de violences puisse s’inscrire, rapidement et sans frais, dans un protocole de soins établi selon les règles de l’art." Le 16 septembre le gouvernement défendra la loi sur l'égalité et sa partie lutte contre les violences faites aux femmes, et en novembre il fera part du prochain plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes, ce sera l'occasion nous dit-elle de faire des propositions concrètes. 
Ce qui n'a pas été proposée par la ministre et qui me semble essentiel également c'est la diffusion d'informations grand public sur la réalité des violences, leur définitions précises, les droits des victimes, et sur les conséquences psychotraumatiques des violences avec des explications sur les mécanismes neuro-bio qui permettraient aux victimes de mieux se comprendre, de se déculpabiliser et de mieux accéder aux soins. Et cela permettrait également de lutter contre la loi du silence et le déni habituels qui entourent ces violences, contre les stéréotypes catastrophiques sur les violences et sur les victimes, et de bloquer le processus pervers d'abandon et de culpabilisation des victimes. Je vais le lui soumettre.
En ce qui concerne la prise en charge des auteurs de nombreux intervenant-e-s nous ont fait part de leur expérience (dont une étude très intéressante sur une prise en charge intensive de 6 mois d'agresseurs sexuels dans un service de psychiatrie de l'hopital pénitencier de Fresnes). Il a été dit et redit que soigner les auteurs, c'est prendre soin des victimes, certes… Mais il apparaît avec évidence que les agresseurs pris en charge sont presque uniquement (à quelques très rares exceptions près) ceux qui ont fait l'objet de mesures judiciaires (contrôle judiciaire, injonction de soins), donc une très petite minorité d'entre eux. Ce sont donc des hommes appartenant essentiellement à des couches socio-culturelles plutôt défavorisées (cf les études de l'ONED sur les délinquants condamnés) d'ou un biais important dans la prise en compte de la réalité des hommes violents (qui sont souvent présentés d'une façon que je trouve assez discriminatoire comme surtout immatures, égocentriques, impulsifs, il faut leur apprendre à contrôler leurs émotions et à mieux supporter les frustrations…). La stratégie réfléchie de nombreux agresseurs, leur volonté de domination et de mise sous emprise pour soumettre les victimes, leur volonté de détruire ont été très peu évoquées, de même que les facteurs de grande dangerosité et les pistes de prévention des homicides (dont on a pas entendu parler !), ainsi que les facteurs à l'origine de la violence comme la domination masculine du patriarcat et les inégalités hommes-femmes, comme avoir été enfant témoin-victime de violences conjugales ou de violences intra-familiales, avec l'importance d'intervenir précocément pour protéger les enfants avec leur mère et les soigner. Ce qui manque cruellement également ce sont la mise en place de campagnes ciblant les auteurs de violence pour leur donner un signal fort : on ne tolère pas ces violences,  avec des messages rappelant la loi et la définition des crimes et délits, l'interdiction de commettre des violences, la notion de circonstances aggravantes (violences commises par un conjoint, ex-conjoint, par des ascendants, sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants, en réunion, sur des mineurs, sur des personnes vulnérables comme lors d'une grossesse ou handicapées, sous la menace d'une arme, etc.) les droits des victimes, et les conséquences des violences sur la santé des victimes ainsi que les mécanismes psychotraumatiques.
Ce qui reste problématique c'est que les victimes de violences dont on parle et donc celles à qui l'on va proposer des soins rapides et sans frais risquent de n'être que celles qui sont dans un processus judiciaire et qui auront donc porté plainte. Or elles ne sont que 10% pour les violences conjugales, 8% pour les viols (et seulement 2 % pour les viols conjugaux et intra-familiaux !). Quid de toutes les autres ? Tout comme les auteurs de violences pris en charge sont ceux qui sont l'objet de plaintes et de procédures judiciaires dans le cadre d'une injonction de soin, donc d'une très petite minorité.


Raison de plus de "battre le fer pendant qu'il est chaud" et de signer massivement le Manifeste sur VIOLENCES ET SOINS contre l'abandon que subissent les victimes de violences et sa pétition, pour signer cliquez ICI
Et de venir nombreuses et nombreux au colloque de l'asso le 5 novembre à Bourg la Reine à l'Agoreine sur :
SOINS DES VICTIMES/VICTIMES DES SOINS 
pour vous inscrire (inscription et participation gratuites, il y a 400 places et il y aura une pièce de théâtre, des expositions, des témoignages) envoyez un mail à :  colloque.violencesetsoins@ gmail.com

Résumé de  l'intervention de la Dre Muriel Salmona

Les violences faites aux femmes entraînent, en plus des coups et blessures, de lourdes conséquences sur leur santé psychique et physique par l'intermédiaire de conséquences psychotraumatiques, avec des atteintes des circuits neurologiques visibles sur des IRM. Ces conséquences psychotraumatiques sont très fréquentes, présentes dans 60% des cas pour les violences conjugales, et 80% pour les violences sexuelles. Si des soins ne sont pas mis en place elles s'installent pendant des années, voire toute la vie, avec la mise en place d’une mémoire traumatique qui transforme la vie des victimes en une torture permanente en leur faisant revivre sans fin les violences et la mise en scène destructrice des agresseurs. Abandonnées, elles sont condamnées à mettre en place des stratégies de survie et d'auto-traitement très coûteuses pour leur santé et leur qualité de vie. 
Les études internationales et l'Organisation mondiale de la santé en 2010 ont démontré et reconnu qu’avoir subi des violences est un des déterminants principaux de la santé : soins en psychiatrie (troubles anxieux, dépressions, tentatives de suicide, insomnies, phobies, troubles de la mémoire, troubles alimentaires, addictions, etc.), en médecine générale (stress, douleurs et fatigue chroniques, etc.), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, en gastroentérologie, en endocrinologie, etc., hospitalisations répétées, multiplication des arrêts de travail, mise en invalidité…
Actuellement l’immense majorité des femmes victimes de violences n’ont pas accès à des soins spécifiques et ne reçoivent pas d’informations qui leur permettraient de mieux comprendre leurs symptômes et les mécanismes neuro-biologiques qui en sont la cause, et ainsi de se déculpabiliser (elles ne sont pas responsables de leur mal-être). Il s’agit d’une atteinte grave à leurs droits fondamentaux d’être protégées et de recevoir des soins adaptés, et d’un véritable scandale de santé publique.
 La cause de tous les symptômes que présentent les victimes – les violences et leurs conséquences psychotraumatiques – n’est jamais prise en compte, ni recherchée, et encore moins prise en charge par des professionnels de la santé qui en 2013 ne reçoivent pas de formation sur les psychotraumatismes. Les victimes ne reçoivent que des traitements symptomatiques ou anesthésiants (camisole chimique) et font l’objet souvent de diagnostics psychiatriques ou organiques erronés et préjudiciables.
Elles ressentent qu’on les considère comme folles et pénibles. Elles peuvent parfois subir de graves maltraitances de la part de soignants. Elles sont culpabilisées et jugées, on leur renvoie que leurs plaintes somatiques et psychiques sont exagérées ou imaginaires, qu’elles sont hypocondriaques, hystériques… Ou bien, à l’inverse, on peut dramatiser leurs symptômes, faire des examens inutiles, les opérer à tort, les traiter pour des pathologies psychotiques, ou pour des démences si elles sont âgées.
Les conséquences psychotraumatiques sont donc encore trop méconnues et peu enseignées alors que leur prise en charge est efficace. Elle doit être la plus précoce possible. En traitant la mémoire traumatique, c'est à dire en l'intégrant en mémoire autobiographique, elle permet de réparer les atteintes neurologiques, et de rendre inutiles des stratégies de survie handicapantes (conduites d’évitement, conduites à risques dissociantes et anesthésiantes : mises en danger et addictions). De plus, la neuroplasticité du cerveau permet une récupération des atteintes cérébrales.
 Il est donc essentiel de protéger les victimes et d'intervenir le plus tôt possible pour leur donner des soins spécifiques auxquels elles ont droit, il s'agit de situations d'urgence pour éviter la mise en place de traumas sévères et chroniques qui impacteront non seulement leur santé mais leur vie future, affective, professionnelle, sociale, avec un risque de subir à nouveau des violences et de se retrouver en situation d’isolement et de marginalisation. Les victimes qui reçoivent des soins sont plus à même de se libérer des situations d’emprise et de manipulation exercées par les agresseurs et leurs complices, et de porter plainte. La prévention des violences passe avant tout par la protection et le soin des victimes.
La violence aggrave les inégalités et renforce les discriminations et les injustices. Elle augmente la vulnérabilité, la précarité, les situations de marginalisation, le risque prostitutionnel et la pauvreté. Elle met les victimes en danger de subir de nouvelles violences si elles ne sont pas soignées. Elle met en danger la cohésion sociale.
Il est donc urgent de former les professionnels de santé et tous ceux qui accompagnent les victimes, de lancer des campagnes d’information grand public sur la réalité des violences, leurs conséquences sur la santé des victimes et sur leurs traitements, de mettre en place une offre de soins digne de ce nom avec des centres spécialisés pour les victimes de violences qui soient accessibles sur tout le territoire.
Soigner les victimes de violence, c’est non seulement respecter leurs droits à la santé, reconnaître leurs préjudices, les libérer d’une souffrance et d’une culpabilité permanentes délibérément voulues par les agresseurs. Mais c'est également leur rendre une valeur, une dignité, une liberté d’être soi et de s’appartenir que les agresseurs, dans leurs mises en scène, leur avaient déniées.






Violences aux femmes : mobilisation des professionnels pour soigner les victimes et lutter contre la récidive


Le ministère des droits des femmes a organisé les 2 et 3 septembre 2013 à l’Académie nationale de médecine un colloque intitulé « Violences faites aux femmes : soins aux victimes, prise en charge des auteurs », auquel ont participé des praticiens  du droit, de la santé et de l’aide sociale.
Les échanges réunissant psychiatres, travailleurs sociaux et responsables associatifs ont montré que les deux thèmes du colloque « soins aux victimes, prise en charge des auteurs » se rejoignent :  Il s’agit des réponses apportées aux violences après leur signalement. Ce n’est pas parce que la violence s’arrête qu’il n’y plus rien à faire. Ce n’est pas parce que l’agresseur est éloigné, ou même incarcéré, que le travail est fini. Pour qu’elles aient du sens et qu’elles soient utiles, les réponses apportées à la victime et au coupable, dans ces domaines, doivent être articulées. Une articulation soulignée par le leitmotiv des professionnels qui déclaraient nombreux « soigner les auteurs, c’est prendre soin des victimes ».
Le colloque a permis de mettre en lumière de nombreux de dispositifs qui peuvent améliorer la situation des victimes de violences. Le rôle du médecin est déterminant : c’est le premier interlocuteur des victimes qui décident de mettre les mots sur ce qu’elles vivent. Le mieux à même de détecter les violences. Les deux tiers des médecins considèrent qu’ils ne sont ni formés ni même compétents pour traiter de ce sujet. La formation des médecins est un objectif pris très au sérieux : le 20 novembre prochain, la MIPROF réunira les professions médicales. Najat Vallaud-Belkacem a proposé au Parlement de l’inscrire dans la loi, avec le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ces soins sont de plus en plus pertinents, de mieux en mieux adaptés. Il s’agit de les diffuser, pour qu’ils soient de plus en plus connus. La psycho-traumatologie apporte désormais des réponses solides. Il faut veiller à ce que l’offre de soin soit à la hauteur des besoins. L’objectif est simple : faire en sorte qu’une victime de violences puisse s’inscrire, rapidement et sans frais, dans un protocole de soins établi selon les règles de l’art. Toutes les victimes sont différentes. Certaines d’entre elles ne souhaitent pas s’inscrire dans un tel protocole. Certaines d’entre elles n’en ont pas besoin. Mais toutes les victimes qui pourraient voir leur état de santé s’améliorer avec une telle prise en charge doivent pouvoir en bénéficier facilement. Cela a d’autant plus de sens qu’une victime qui bénéficie de soins est plus forte pour affronter les étapes de son parcours judiciaire.
Beaucoup de dispositifs fonctionnent déjà, en ordre dispersé, pour la prise en charge des auteurs de violences faites aux femmes. Il faut les regrouper, les animer, les faire travailler ensemble. Ces programmes s’articulent avec le parcours judiciaire de l’agresseur, en cohérence avec la vérité des faits, telles qu’elle est établie par la justice, et avec les décisions d’évictions que le procureur ou le juge ont pu prendre. Ces dispositifs produisent des résultats. C’est pourquoi Najat Vallaud-Belkacem a proposé au Parlement, dans le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, de faire figurer explicitement ces stages spécifiques dans le code de procédure pénale.
Lutter contre les violences faites aux femmes, cela suppose d’abord de mettre les mots sur les actes et d’appliquer la règle, c’est-à-dire de punir les agresseurs. Mais cela suppose aussi d’apporter des réponses individualisées aux victimes pour leur permettre de se donner un nouveau départ et mettre en place des solutions de prévention efficace de la récidive.

PROGRAMME :



dimanche 8 septembre 2013

Entretien avec Muriel Salmona dans l'Humanité du 6 septembre 2013 par Anna Musso : «La réalité des violences sexuelles est l’objet d’un déni massif»


l'Humanité des débats. L'entretien avec Muriel Salmona présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie par Anna Musso en double page
le 6 septembre 3013





TRIBUNES L'Humanité-  le 6 Septembre 2013

Au moment où la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, s’apprête à présenter un projet de loi-cadre pour l’égalité entre les femmes et les hommes au Parlement, Muriel Salmona, psychiatre-psychothérapeute, publie dans son dernier livre, des chiffres alarmants sur les violences faites aux femmes en France, et dénonce l’absence de prise en charge globale, médicale, sociale et judiciaire des victimes.
Dès l’introduction de votre Livre noir des violences sexuelles (1), vous précisez que les violences sexuelles sont en augmentation, et que les victimes sont à 80 % des femmes. Cette situation paraît aberrante dans notre pays, au XXIe siècle…
Muriel Salmona. Malheureusement, les chiffres sont catastrophiques. Toutes les enquêtes le montrent, les victimes sont issues de tous les milieux sociaux et de toutes les catégories professionnelles, et les violences sexuelles sont commises essentiellement par des hommes, par des proches ou quelqu’un de connu par la victime dans 80 % des cas. Malgré le Mouvement de libération des femmes (MLF) et les progrès en matière d’égalité ces quarante dernières années, nous sommes encore loin du compte concernant les violences, les discriminations et les inégalités subies par les femmes en France. Concernant les violences conjugales, 10 % des femmes en ont subi dans l’année écoulée ; pour les viols, les chiffres sont aussi effrayants : 75 000 femmes sont violées par an, et plus de 150 000 si l’on rajoute les mineures ! Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint en France. Ces chiffres ne se sont pas améliorés, ils ont même augmenté. Nous vivons une réalité absolument impensable dans une société comme la nôtre.

Vous voulez dire que notre société se rend complice de ces violences, en n’écoutant pas assez les victimes et en ne les protégeant pas ?
Muriel Salmona. La réalité des violences sexuelles est l’objet d’un déni massif. Notre société se préoccupe peu des violences subies par les femmes et ne fait rien ou presque pour les dénoncer, poursuivre les agresseurs, ni aider les victimes ! De ce fait, il existe une loi du silence incroyable puisque moins de 8 % des femmes violées osent porter plainte : seuls 2 % des viols conjugaux et des violences sexuelles intrafamiliales font l’objet de plaintes. Et au final, ces plaintes aboutissent à seulement 1,5 à 2 % de condamnations en justice, et la plupart des viols sont transformés en agressions sexuelles ! La gravité de ce crime n’est pas réellement prise en compte dans notre société et l’impunité règne. De plus, les droits essentiels des victimes à la sécurité et aux soins ne sont pas respectés. Les femmes en danger bénéficient rarement d’une protection efficace. Une récente étude montre qu’en Île-de-France 67 % des femmes interrogées ont peur dans les transports en commun, dans leur quartier le soir, ou à leur domicile, contre 34 % des hommes.

Vous montrez aussi que le lieu de travail
est un endroit privilégié des agressions sexuelles en France…(pour lire la suite sur le site de l'Humanite.fr cliquez ICI)



Muriel Salmona
Psychiatre-psychothérapeute, chercheuse et formatrice en psychotraumatologie et en victimologie, Muriel Salmona a fait de son métier une lutte. En 2009, elle fonde l'association Mémoire Traumatique et Victimologie (1), dont elle est la présidente. Une association de formation, d'information et de recherche sur les violences et leurs conséquences qui a pour objectif d'améliorer l'identification, la protection et la prise en charge des victimes. Muriel Salmona travaille en partenariat avec nombreuses associations féministes (AVFT, CFCV, Femmes Solidaires, etc.) et d’aide aux victimes de violences, ainsi qu’avec l’observatoire de lutte contre les violences envers les femmes du 93, les délégations aux droits des femmes et à l’égalité et les CNIDFF. Elle a publié de nombreux articles dans des revues et sur ses blogs (2), et participé à plusieurs ouvrages collectifs. Dans son dernier ouvrage, le « Livre noir des violences sexuelles » (2), elle publie des chiffres alarmants concernant les violences faites aux femmes en France, qu’elles soient exercées à la maison, dans la rue ou au travail. Et l’auteure dénonce l’absence de reconnaissance de l’impact des violences sur la santé des victimes et de prise en charge globale médicale, sociale et judiciaire, qu’elle qualifie de scandale de santé publique. 
Anna Musso
  1. http://memoiretraumatique.org/
  2. http://www.stopauxviolences.blogspot.fr, http://lelivrenoirdesviolencessexuelles.wordpress.com
(3) «Le livre noir des violences sexuelles», Editions Dunod, 2013.





jeudi 5 septembre 2013

Appel citoyen contre l’incitation au viol sur Internet


Appel citoyen contre l’incitation au viol sur Internet



Incitation au viol sur un site de coaching en séduction
Nous, militantes féministes et citoyennes, avons récemment dénoncé un site de coaching en « séduction » appelé Seduction By Kamal (1) comme incitant au viol.
Seduction By Kamal est un site d’apprentissage des techniques de « pick up artist », à savoir « artiste de la drague ». Il s’agit de techniques de « drague » et de conseils en matière de sexualité. Le site est gérée par la société SBK Coaching, et génère du profit grâce à la vente de livres numériques (« e-books »).
L’indignation s’est focalisée sur un article violent en accès libre et gratuit. Intitulé « Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE » (2), il nous apparait en réalité comme une incitation au viol, particulièrement toxique en raison de l’aspect éducatif du site.
Nous estimons que les propos sont explicites : pour bien « baiser », l’important est de ne pas tenir compte du consentement de sa « partenaire ». Une capture d’écran est conservée ici. Les extraits les plus choquants sont cités ci-dessous, dans la lettre au Procureur, ainsi que chez la blogueuse Diké (3).
Cet article a été écrit par Jean-Baptiste Marsille, rédacteur web, auto-entrepreneur et écrivain (4). Le directeur de publication du site se fait appeler Kamal (5).
Il ne s’agit pas d’un petit blog isolé. D’après son créateur, ce site reçoit 20 000 visiteurs par jours, le chiffre d’affaire de la société « SBK Coaching» est de l’ordre de 10 000 euros par mois (6). Sa page Facebook est suivie (« likée ») par près de 17 000 personnes. Nous notons aussi que les frais de fonctionnement du site semblent peu élevés, compte-tenu des avantages fiscaux de la Pologne par rapport à la France (7), et du caractère dématérialisé des publications électroniques vendues.
Malgré de multiples sollicitations depuis octobre 2012, Kamal n’a jamais réagi. L’article était toujours en ligne à l’heure où nous écrivons cette lettre.
Depuis 2012, cet article a également été signalé en vain au Ministère de l’Intérieur (www.internet-signalement.gouv.fr). Pourquoi la loi n’est-elle pas appliquée ? Est-ce un problème managérial (manque de moyens pour traiter tous les signalements) ou un problème culturel (mauvaise formation et sensibilisation des agents du Ministère à la misogynie en ligne et à la culture du viol) ?
Nous joignons donc à cette tribune une plainte au Procureur de la République concernant le délit d’incitation au viol en ligne sur la page signalée.
Appel aux autorités et aux acteurs du web : stopper la misogynie en ligne
Ceci dit, notre objectif n’est pas de nous focaliser sur ce seul type de site Internet à la marge, mais sur l’ensemble de la misogynie globalement répandue sur l’espace Internet, et trop tolérée.
De nombreux agresseurs et leurs complices se sentent autorisés, en toute impunité, à exhiber sur Internet leurs infractions misogynes (viol, agression, non-assistance à personne en danger, recel de médias à caractère pédo-criminel…). Leurs victimes sont réduites au silence ou humiliées à l’échelle planétaire, subissant la reproduction perpétuelle de leurs agressions sur les réseaux sociaux.
Comment les Internautes peuvent-ils encourager un tel laxisme envers des criminels, et une telle sévérité envers les victimes ? Certainement à cause d’un amalgame toxique entre sexualité et violence érotisée (culture du viol) combinée à une mauvaise appréciation du sexisme sur Internet, perçu à tort comme “virtuel”. 
Or le sexisme en ligne n’a rien de virtuel : le harcèlement subi par des personnalités connues comme par des adolescentes anonymes (ou qui auraient voulu le rester), le racolage des mineures par les pédo-criminels ou les proxénètes, l’omniprésence des images de femmes hypersexualisées et objectivées, dans les contenus personnels, journalistiques, culturels et commerciaux – clichés parfois pris à l’insu du sujet, l’humour sexiste qui alimente la tolérance envers le sexisme, les discours vindicatifs, stéréotypés et dégradants à l’égard des femmes, tout ceci est bien réel.
Ailleurs, sur le web anglophone notamment, des voix se sont élevées pour exposer l’ampleur de la misogynie sur Internet, et exiger des actions concrètes pour y mettre fin. Ainsi la campagne #FBRape a permis un début de dialogue avec Facebook, dans le but d’améliorer les systèmes d’identification et de modération des discours de haine misogyne (8).
Côté français, l’incitation à haine, à la discrimination ou à la violence est interdite par la Loi sur la liberté de la presse, article 24 (9). Nous exigeons que l’alinéa 7 soit appliqué, à savoir que l’incitation à la violence en raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou du handicap soit réellement pénalisée.
Nous demandons également une modification de l’alinéa 6 de cette même loi (concernant l’incitation à la discrimination et à la haine) pour qu’il soit étendu au sexisme. Actuellement seules sont concernées les discriminations et la haine motivées par des raisons ethniques, raciales ou religieuses.
Enfin, nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place une plateforme dédiée au signalement de sites misogynes, à la sensibilisation des acteurs du web sur le sujet, et à l’accompagnement des victimes de discrimination, de haine ou de violences misogynes sur Internet.
Nous appelons également les entreprises du web ou présentes sur Internet à mettre en place des pratiques éthiques pour lutter contre le sexisme sur Internet, en coopération avec la société civile.
Collectif féministe et citoyen
SIGNALEMENT au Procureur
Paris, le 05/09/2013
Lettre R.A.R.
Monsieur le Procureur de la République,
Nous, citoyennes, tenons par la présente à vous signaler les faits délictueux visés par l’article 24 de la Loi sur la Liberté de la Presse qui punit de "cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui (…) auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n’aurait pas été suivie d’effet, à commettre l’une des infractions suivantes : les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne et les agressions sexuelles définies par le livre II du code pénal".
Sur le site Seduction By Kamal, cette page (URL : http://www.seductionbykamal.com/comment-bien-baiser – captures d’écran ci-joint) intitulée "Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE" constitue une apologie du viol et une incitation à la violence contre les femmes. Quelques extraits explicites :
  • "Montrez-lui qu’elle n’a pas vraiment le choix"
  • "Attaquez sa poitrine"
  • "créer rapidement une image du mec qui sait ce qu’il veut et qui l’obtient quand il veut".
  • "vous décidez [...] tout est entre vos mains (ou vos cuisses devrais-je dire)"
  • "perdre tout contrôle de la situation est un "turn on" majeur pour les femmes".
  • "appliquez-vous à aller en profondeur et à ne stopper la cadence que quand VOUS le décidez ! Elle se plaint ? Pas pour longtemps ! C’est un phénomène naturel de rejet de l’autorité, mais une fois cette barrière franchie, elle s’abandonnera à vous et vous demandera de la défoncer [...] c’est ça en fait la véritable notion du fameux "BIEN BAISER".
  • "Imposez votre puissance".
  • "Donnez des ordres et soyez inflexible. Ne lui demandez pas gentiment si, éventuellement, vous pourriez avoir une fellation et éjaculer dans sa bouche… La décision est prise, retirez-vous et faites la descendre vers votre sexe afin d’affirmer votre posture."
  • "Si seulement vous saviez combien de femmes rêvent de se faire démonter par un inconnu au chibre géant".
  • "Cette méthode est relativement efficace quand on rencontre une inconnue qui nous ramène chez elle. Si elle en arrive là, c’est sans doute parce qu’au fond, ce qu’elle veut, c’est tirer un coup."
  • "Ne lui demandez pas si vous pouvez la pénétrer comme un animal sauvage, faites-le !"
  • "il vous suffit [...] de laisser parler vos envies, sans vous restreindre. Prenez le contrôle du rapport sexuel et pensez que votre masculinité passe par des coups de boutoir infligés."
  • "ne vous refusez rien".
Nous avons signalé ce lien à internet.signalement.gouv.fr sans aucune conséquence concrète.
La présente faisant valoir ce que de droit.
Copie à
- Monsieur Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur
- Madame Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes,
- Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
- Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes
- Observatoire des Inégalités
- Le Monde
- Le Figaro
- Médiapart
- Rue 89
- Libération
- Les Nouvelles News
- Slate
- Fédération Nationale Solidarité Femmes
- Signalement publié sur internet par une dizaine de blogs
le 05/09/2013

Sources et liens cités dans l’appel :
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dimanche 1 septembre 2013

Colloques organisés les 2 et 3 septembre 2013 par le ministère des Droits des femmes Violences faites aux femmes : Soins des victimes, prise en charge des auteurs

Colloques organisés les 2 et 3 septembre 2013 par le ministère des Droits des femmes 

Violences faites aux femmes : 
Soins des victimes, prise en charge des auteurs 



à l’Académie de médecine, 16 rue Bonaparte, Paris 6ème.


Ce colloque sera l’occasion de valoriser des expériences locales et de confronter les approches médicales, juridiques, sociales et associatives dans ces domaines. Le lundi sera consacré à la question des soins aux victimes, tandis que le mardi concernera la prise en charge des auteurs de violences faites aux femmes.
Avec l’intervention de la Dre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie (qui a participé au comité scientifique de ce colloque et aux réunions préparatoires) dans le cadre de la table ronde consacrée à : Quelles réponses, quels soins pour les victimes ? Approches médicales, judiciaires, sociales et associatives avec Françoise Guyot, Marie-France Casalis, Amel Arvin Berod, Dre Cécile Morvan, Isabelle Steyer et Pr Louis Jehel
Interviendront également pour le colloque Soins des victimes du 2 septembre animé par Annie Guilberteau, Mme la ministre Najat Vallaud Belkacem, la Pre Marleen Temmerman (de l'OMS), le Pr Roger Henrion, et lors de la partie : expériences les Dr-e-s Gilles Lazimi, Gérard Lopez et Annie Soussy.

Et lors du colloque prise en charge des auteurs animé par la Dre Sophie Baron-La Foret, le Pr Christian Hervé, les Dr-e-s Roland Coutanceau et Magali Bodon-Bruzel, Mmes Virginie Kleis, Nathalie Boivent, Patricia Carette, Joanna Gourlan, Nadine Barthélémy, Géraldine Duchemin et Mrs Jean-Yves Jalain, Alain Legrand

Pour lire le programme cliquez sur les images